Festival Offscreen

OFFSCREEN 2019 - High Life

Dans l’espace, personne ne vous entendra ronfler

Avertissement préalable : le cinéma de Claire Denis, je n’y connais strictement rien. Je n’ai vu aucune de ses œuvres précédentes et c’est donc sans aucun préjugé que je me suis lancé dans la vision de ce High Life, sa première réalisation en anglais. Est-ce que des connaissances préalables quant au passif de la cinéaste auraient changé quoi que ce soit à mon ressenti face à cette chose ? Nul ne le saura jamais. En tout cas, ça m’aura coupé toute envie de découvrir le restant de sa filmo.

Mais commençons par le commencement : High Life débute en nous présentant Monte (Robert Pattinson), partageant un vaisseau spatial avec Willow, sa bambine dont il s’occupe tant bien que mal, entre deux séances de réparation extérieure de sa navette et de jardinage au sein de l’énorme potager installé à bord. Et là, on se dit que ça ne démarre pas trop mal : on imagine alors se retrouver face à une espèce de Moon, où le robot doublé par Kevin Spacey aurait laissé sa place à un bébé sacrément bon acteur (sans aucun doute le seul élément fascinant du métrage). Pour ne rien gâcher, Pattinson confirme tout le bien que l’on pense de lui et sa capacité à porter un projet depuis qu’il s’est émancipé de son foutu rôle de vampire à paillettes.

Et la suite ? Bon sang, la suite... Se composant majoritairement d’un gigantesque flashback présentant la vie des habitants avant que le brave Robert se retrouve seul avec sa môme, le reste est affligeant de prétention et de ridicule, quitte à flirter avec le nanar. On apprend alors que ce vaisseau abritait des détenus ayant accepté de servir de cobayes spatiaux pour échapper à la prison, encadrés par une scientifique jouée par la pauvre Juliette Binoche.

C’est qu’on a de la peine pour l’actrice : les cheveux fous façon sorcière discount, elle incarne un personnage obsédé par la reproduction de ses sujets (régulièrement, ceux-ci sont amenés à faire don de leur semence), quitte à carrément prendre les choses en main dans un dernier acte ahurissant de ridicule... On n’en dira pas plus. Enfin si, allez : vous aviez toujours rêvé d’assister à une longue scène de masturbation de la part d’une Juliette Binoche qui cabotine au possible ? Moi non, vous non plus, mais Claire Denis, oui. L’érotisme au cinéma, c’est bien, mais quand c’est filmé de manière encore moins sexy qu’un épisode de Plus belle la vie, c’est forcément pas très excitant.

Durant presque deux heures, on s’ennuiera ferme devant cet objet pas trop mal réalisé mais ne racontant absolument rien, ou alors très mal. A en croire une certaine frange de la critique (88% sur Rotten Tomatoes, tout de même), est une réussite incontestée, réalisée avec maestria et possédant une réelle profondeur. Nanar bouffi d’orgueil ou chef-d’œuvre incompris par votre serviteur ? Choisissez votre camp...ou évitez High Life. Oui, faites plutôt ça.

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