Festival Offscreen

OFFSCREEN 2019 - Luz

Au poste

Déboussolée et blessée, la jeune Luz, chauffeuse de taxi, débarque dans un commissariat dans lequel elle sera interrogée et placée sous hypnose afin de déterminer les événements qui ont conduit à la disparition de l’une de ses passagères. Et ça cause de possession démoniaque. Et de gens tout nus dans des cercles de sel. Et de transmission d’âme par roulage de galoche. Enfin je crois...

Inutile de se creuser la tête pour comprendre les tenants et aboutissements de l’œuvre de Tilman Singer, cela serait peine perdue. On doute que le jeune homme, dont il s’agit du film de fin d’études, sache réellement expliquer ce qu’il filme ici. Volontairement confus, Luz est à la fois détestable et admirable : admirable tout d’abord, car pour un premier long-métrage, Singer fait preuve d’un sacré coup d’œil et instaure une ambiance étrange et anxiogène, par le biais d’artifices masquant adroitement le manque de budget et appuyée par une belle bande son tout de synthés vêtue. Il tire également le meilleur de ses acteurs, que l’on sent sacrément investis malgré l’absurdité des dialogues et des situations imposés par le réalisateur.

Détestable également, car tout cela est finalement vain, inutilement alambiqué et très mou : le réalisateur enchaîne les plans fixes très, trop longs et cache le fait qu’il n’ait rien à montrer par des idées de mise en scène audacieuses mais provoquant l’ennui. Pour preuve, cette interminable séquence dans laquelle Luz, hypnotisée, revit les événements vécus à bord de son taxi, assise sur une chaise et mimant chaque geste effectué alors, le tout étant appuyé par les effets sonores des événements en question (portière qui claque, bruits du trafic,...).

Certes, l’idée est louable et la performance de Luana Velis est habitée, mais dans les faits, le public a plutôt l’impression de se retrouver face à un exercice d’improvisation théâtrale, là où il était venu chercher du cinéma. Mais que l’on ne s’y méprenne pas : Tilman Singer a voulu faire SON film et y est visiblement parvenu malgré des moyens financiers limités, quitte à laisser les spectateurs sur le bas-côté au lieu de les embarquer dans son taxi pour toute la durée du trajet. Et vu son audace, ses talents visuels et l’accueil chaleureux lui étant réservé dans une foule de festivals, on ne doute pas un seul instant qu’une carrière lumineuse attend le papa de Luz.

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