Festival Offscreen

OFFSCREEN 2019 - Prospect

Puissance-fiction

Pour le grand public, la science-fiction se limite bien souvent à Star Wars ou Star Trek, comprenez des productions friquées à base de vaisseaux qui se torpillent à coups de gros lasers et de combats épiques entre différentes races d’aliens armés jusqu’aux dents. Ce serait oublier que la S-F, ce sont aussi des productions plus modestes plaçant l’emphase sur l’ambiance et les personnages, quitte à jouer la carte de la lenteur et de la quasi-absence de scènes d’action (dans les exemples plus ou moins récents, citons Moon et Ex Machina). Prospect, le premier long-métrage de Christopher Caldwell et Zeek Earl, au budget très réduit, s’engouffre dans cette deuxième catégorie. Et on les en remercie.

Le pitch est simple : Damon et sa fille Cee se rendent sur une planète sauvage en quête d’un minerai qui leur permettrait de rembourser leurs dettes et bien plus encore. Sur leur chemin, ils vont rencontrer un autre duo, autant attiré par l’appât du gain mais bien moins pacifiste...

Inutile d’en dire davantage : pas vraiment surprenante (il est par exemple plus qu’évident de deviner qui va y passer ou s’en tirer), la trame en tant que telle ne se vante d’aucune profondeur superflue. Ce qui importe pour les cinéastes, c’est la relation qui s’établit entre ces personnages, notamment du duo père-fille, à la relation loin d’être idyllique (le paternel se shoote à la spacio-drogue).

Les échanges sont vifs, parfois drôles (Pedro Pascal en jette au niveau punchlines bien placées) et la réussite du film doit beaucoup à l’interprétation de la débutante Sophie Thatcher, qui rend le personnage de Cee terriblement attachant et le fait évoluer tout au long du métrage.

Peut-être même plus que par ses dialogues, c’est par son sens de la débrouille et du bricolage que Prospect captive : oubliez les CGI, à de très rares exceptions. Ici, tout est tourné en décors réels, une forêt tropicale américaine de la banlieue de Seattle faisant parfaitement l’affaire pour simuler cette planète hostile. Les armes, les gadgets et les costumes arborent un côté "fait main" rafraîchissant qui leur donne un réel cachet ; bref, on y croit, à ce monde futuriste un peu crado, loin du glamour hollywoodien habituel.

Le tout n’est évident pas exempt de défauts : un peu trop long pour son propre bien, le film débouche sur un final légèrement en-dessous du reste. Pour autant, Prospect s’impose tout de même comme une sacrée carte de visite pour ses réalisateurs, qui livrent un film de science-fiction teinté de western certes modeste mais dotée d’une âme grosse comme ça. Prends-en de la graine, Mickey.

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