Interviews

PORTRAIT - Patrick Tatopoulos

14 juin 2009 | Par : Damien Taymans

Le beau gosse des fx

Patrick Tatopoulos, créateur d’effets spéciaux franco-grec qui a émigré aux States depuis quelques années, a marqué l’année 2009 grâce à la sortie en salles de son premier film en tant que réalisateur, à savoir le troisième opus d’Underworld, franchise qui met aux prises des vampires et des loups-garous. Nous sommes revenus avec lui sur ses débuts et avons tenté d’en savoir un peu plus sur ses projets futurs... Beau gosse attitude (cheveux presque au vent et bronzage nickel) et posture décontractée, Patrick s’est prêté au jeu du voyage temporel...

Vous avez commencé à Paris dans l’animation et dessiné notamment des couvertures de comic book or vous n’avez jamais fait de films de super-héros…

J’aimerais en faire certains. Mais aux Etats-Unis, le monde dans lequel je vis actuellement, c’est beaucoup du super-héros américain. C’est pas forcément mes préférés, moi j’ai été très intéressé plutôt par l’industrie européenne : c’était un peu mon monde. J’aime bien Spider-man dans le panorama américain mais j’imagine mal faire le quatrième (rires). Dans le monde de la bande dessinée, il y a des choses plus intéressantes à faire actuellement. Mais c’est pas forcément mon truc préféré : j’aime beaucoup les nouvelles idées, les projets qui n’ont pas encore été réalisés.

Et votre projet de I Frankenstein ?

C’est vrai que depuis que des informations circulent là-dessus sur Internet, tout le monde m’appelle de Los Angeles. J’ai signé ça juste avant de partir, c’est un projet qui peut être super cool. L’esprit sera celui des années 40, genre film noir newyorkais, avec un côté très dark, très Sin City. Et réinventer ces créatures dans un contexte totalement différent, c’est vraiment excitant. Le script va commencer très bientôt, ce n’est qu’un concept pour l’instant qui se développe parallèlement avec mon travail pour Dreamworks, Non Stop, qui, plus probablement sera mon prochain film. On a déjà avancé très sérieusement : on a le script, on est en train de le raffiner et, si le studio apprécie, on risque d’être sur les rails.

Après un séjour en Grèce et en Italie, vous prenez votre envol pour les States. Difficile de s’imposer dans cet eldorado cinématographique ?

Pas réellement difficile mais il faut être prêt à retomber à la case numéro 1. Quand j’étais en Grèce, j’avais une vie très agréable, je faisais de la couverture de magazines et, du jour au lendemain, je suis arrivé dans un monde où je n’avais aucune connexion, j’ai dont recommencé au bas de la gamme. Ca n’a pas été réellement difficile pour autant puisque j’avais un job en arrivant aux States. Le groupe d’effets spéciaux qui m’a employé m’a fait avoir ma carte verte et était prêt à m’aider. Je ne me suis donc pas réellement lancé dans l’inconnu. Aux Etats-Unis, les chances d’ascension sont incroyablement présentes mais celles de retomber sont évidemment tout aussi nombreuses, mais tant que les gens sont satisfaits de votre travail, tout fonctionne.

En même temps, les pontes américains s’intéressent aux talents européens…

Complètement. Ils sont très attentifs aux talents d’Europe, encore plus qu’on ne peut l’imaginer. Mais s’il y a beaucoup d’expériences positives, j’ai vu d’autres personnes, comme Jean-Pierre Jeunet, repartir peu satisfaits. Ils apprécient le travail des européens mais ont du mal à ne pas le contrôler. Trop souvent, ils appliquent le macro-managing et, quelque part, le talent créatif du réalisateur se perd…

Depuis quelques belles œuvres à votre palmarès, Silent Hill, Independance Day, Underworld 2. Quelle est, en tant que responsable des fx, votre plus belle créature selon vous ? Et celle que vous avez eu le plus de mal à concevoir ?

Ma créature préférée est celle de Pitch black, l’un de mes plus petits films. Elle n’a pas été difficile à construire mais j’aime son design beaucoup plus que celui d’autres créatures pour une raison très simple : bien souvent, je les dessine, je les fais moi-même, on les approuve et elles partent dans le film. Dans le cas de la créature de Pitch black, j’ai travaillé d’une manière très proche avec le réalisateur et elle ne vient pas uniquement de moi : c’est pourquoi c’est celle qui, aujourd’hui encore, me séduit le plus, c’est la plus magique, une des rares que j’ai fait avec l’ influence de quelqu’un d’autre.

Et la plus complexe, sans conteste, Godzilla. C’était énorme, on a construit des créatures de douze mètres de haut, c’était dix millions de dollars de budget, rien que pour les créatures. C’est le truc le plus énorme que j’ai jamais fait de ma vie : je travaillais avec 200 personnes au quotidien pendant plusieurs mois et la pression pour les terminer était gigantesque.

Où puisez-vous votre imagination pour la création des monstres ou des aliens ?

Comme tout un chacun, en observant les choses qui m’entourent. J’aime la zoologie, les animaux, depuis que je suis enfant, plus spécifiquement les trucs un peu bizarres. J’aime également la bande dessinée, le cinéma. Je puise un peu partout et je construis. Ce n’est pas un procédé intellectuel, c’est juste un morceau de papier blanc sur lequel je dessine une forme. Après, je travaille sur des détails plus précis. C’est une expérience sur le vif, au naturel avant que le tout soit plus intellectualisé afin que ça fonctionne pour le script.

Regrettez-vous l’époque des animatronics ou préférez-vous les CGI ?

Je ne regrette pas mais c’est vrai qu’il y a un potentiel émotionnel dans cette époque. Ce sont des éléments que vous palpez et que vous voyez réellement. Vous designez une créature et, quelques mois plus tard, elle est juste devant vous et elle bouge devant vous. Le côté fabrication réclame des fonctions plus traditionnelles comme la peinture, la sculpture. Voir tous ces artisanats se mettre ensemble pour créer un objet que vous pouvez ensuite toucher, c’est irremplaçable.

Ceci dit, elles comportent certaines limites. Je ne pense pas qu’on puisse éternellement renouveler cette technologie. Elle n’avance plus vraiment tandis que le CGI continue d’évoluer, de grandir vers la perfection. Inévitablement, un jour, le CGI deviendra de moins en moins cher en vous dléivrant des outils de travail supérieurs à la qualité des effets pratiques. C’est moins difficile pour les réalisateurs les effets en CGI. Quand vous êtes sur le set et que vous passez six heures sur un seul mouvement, ça fait beaucoup.

Maintenant que vous venez de réaliser votre premier long métrage, allez-vous délaisser des fx ? Vous avez deux projets pour 2010 je crois…

Absolument pas. Une première réalisation ne dit pas tout. Le film a marché correctement partout dans le monde et, bien entendu, il y a de nouvelles offres sur la table. Mais ce n’est que mon premier film : c’est un peu difficile d’abandonner tout ce que vous avez fait avant. C’est une période un peu délicate pour moi puisque je continue ce que je faisais avant sans perdre trop de temps sur la réalisation. Je crois que je vais toujours garder ce groupe parce que c’est un outil de travail pour moi, sur mes projets et je ne me vois pas faire des films romantiques ou des comédies demain.

Deux de vos projets (Angel Hair et Yellow Rose of Savona) traiteraient de la seconde guerre mondiale. Pourquoi cet intérêt plus particulier ?

J’ai toujours été fasciné par la guerre 40-45. C’est le monde de mes grands-parents, de mon grand-père surtout qui était un modèle et qui m’a beaucoup inspiré. Le projet m’intéresse parce qu’il y a de nombreuses ambiguïtés entre les personnages. Mais je préfère m’atteler à des projets plus sci fi même si aller dans ce style de films ne me dérangerait pas.

(Interview de Damien et Gore Sliclez)

Commentaires

J’aimerais parfaire ces connaissances, je crois que je vais continuer à naviguer sur votre site ! très sympas !

Trouver un emploi à domicile

Travailler a domicile permet d’obtenir des salaire complémentaire via un emploi dans la vente a domicile ou le vente de produits de beauté : gagner de l’argent à domicile avec aussi Travailler a domicile

8 août 2012 | Par Alison[Isa

Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Satan's Slaves
2017
affiche du film
The Thousand Faces of Dunjia
2017
affiche du film
La Femme la plus assassinée du monde
2018
affiche du film
Trench 11
2017
affiche du film
Anon
2018
affiche du film
Flashburn
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage