PREVIEWS CINE

PREVIEW CINE - L.A. Zombie

La bite ne fait pas le moine

Un étrange zombie émerge de l’océan Pacifique avant d’être recueilli par un surfeur. Tous deux sont victimes d’un grave accident qui laisse le surfeur pour mort au milieu de la route. Mais le zombie va trouver un moyen de ramener le jeune homme à la vie. La créature va dès lors se confondre avec un sans domicile fixe schizophrène et se mettre en quête de nouveaux morts à ressusciter...

La précédente bobine de Bruce LaBruce, à savoir Otto, or Up With Dead People, était un véritable ovni dans l’univers du film de zombies : il avait fait le tour des festivals, en dégoûtant certains, en fascinant d’autres. Ce qui est évident, c’est que la péloche ne laissait personne de marbre. De mon côté, après en avoir entendu parler dans la presse fantastique, j’avais eu la chance de le visionner lors de l’Etrange Festival de Strasbourg, en septembre 2009. Alors que je me délectais de l’univers onirique, mélancolique et foutrement érotique développé par Bruce LaBruce, mon voisin de droite n’arrêtait pas de s’exclamer comme quoi c’était dégueulasse. Encore un qui n’a pas lu le programme et qui a loupé le petit astérisque « film porno de zombies gays ». Mais les scènes homosexuelles ne me dérangeant pas le moins du monde, j’avais eu la chance de déceler les subtilités du personnage : un jeune homme un brin schizo, paumé dans un monde où il ne trouve plus ses racines, se rattachant désespérément aux bribes de ses souvenirs. Ce que certains percevaient comme de pures scènes de cul, et bien j’avais trouvé ça juste poétique, bien que ce ne soit pas le genre de porno que j’affectionne habituellement, sang et viande putrifiée en bonus.

Vous imaginez facilement mes attentes à l’égard de L.A Zombies. Par contre, y a pas de mots pour décrire ma déception. Si le personnage d’Otto était un zombie à peu près convaincant (démarche lente, gueule de mecs défoncés, vêtements en lambeaux), celui de L.A. Zombie est dans le genre bleuâtre, bien membré, une dentition en carton-pâte genre loup-garou : c’est un peu une version sous acide du Dr Manhattan de Watchmen, mis à part que la version de Bruce LaBruce ne brille pas dans la nuit…

La première scène montre le-dit zombie pris en stop par un jeune homme. Accident de la route, ce dernier se trouve éjecté de la voiture (sur le côté de la route, allongé sur le dos, faudra m’expliquer), et rends bien vite l’âme. Du coup la bestiole débarque, et lui fait un massage cardiaque, en pénétrant ses blessures ouvertes avec son pénis. Tout à fait normal, vous me l’accorderez ! Le défunt revient alors à la vie, et offre son corps en remerciement au mort-vivant. Puis ce dernier s’en va, sans remarquer le regard un peu triste et perdu du ressuscité. Bien que reprenant l’élément marquant de Otto, or Up With Dead People, à savoir le coït via une plaie béante, ce passage reste encore le meilleur du film, qui ne fera ensuite que multiplier les scènes de sexe gay, sans grande originalité, mis à part quelques éjacs faciales… de sang. Bruce LaBruce perds là l’essence même de son film précédent, tape dans la réédition simple sans le discours ouvertement politique de The Raspberry Reich. Les scènes se multiplient, l’intérêt est perdu, c’est bien dommage.

Film prometteur mais totalement raté, L.A. Zombies reprend les idées de son prédécesseur Otto or Up With Dead People sans jamais l’atteindre. En gros, un film de porn gay avec un schtroumpf bien membré assoiffé de sexe qui ressuscite les morts avec sa bite. On s’en passera.

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