AVANT-PREMIERE

AVANT-PREMIERE - Pacific Rim

Le choc des titans

Cinq ans que l’on attendait le retour à la réalisation du dodu mexicain depuis son enthousiasmant Hellboy 2. Cinq ans durant lesquels le bonhomme a produit un peu de tout (de Kung Fu Panda 2 à Mama en passant par Les cinq légendes), nous a fait trépigner sur des projets qu’il a abandonné ou tout simplement reportés (Le Hobbit bien sûr, mais aussi Les Montagnes hallucinées ou Frankenstein) pour finalement se concentrer sur ce Pacific Rim, rêve d’enfance réunissant Mecha et Kaiju eiga (on vous conseille au passage de jeter un œil sur notre cycle estival dédié aux kaijus qui ont, de près ou de loin, inspiré del Toro). Simple blockbuster rivalisant de technologie avec les Transformers pour certains, gros divertissement capable de faire retomber en enfance les plus endurcis pour d’autres, Pacific Rim assume parfaitement son statut de grosse production estivale en nous en donnant pour notre argent. What else ?

Ne perdant pas une seconde, Pacific Rim nous a déjà immergé dans son univers littéralement monstrueux au bout de dix minutes : le monde a été et continue d’être dévasté par des Kaijus, des créatures surgissant à intervalles réguliers des flots qui ont fait des millions de victimes et épuisés nos ressources naturelles. Pour combattre ces créatures évolutives, les humains ont créé des Jaegers, robots géants contrôlés simultanément par deux pilotes qui y sont à la fois reliés physiquement et psychiquement. Dix minutes, pas plus, et nous voilà déjà au cœur de l’action dans cette guerre « contre l’apocalypse ». On y fera alors plus ample connaissance avec des personnages incarnant la bravoure à l’état pur (Raleigh Becket, héros du film joué par Charlie « Sons of Anarchy » Hunnam), de véritables leaders (Stacker Pentecost, tenu par Idris « je n’ai jamais été autant charismatique » Elba), des êtres fragiles (Mako Mori, interprétée par Rinko Kikuchi), des déjantés (l’irrésistible binôme scientifique composé par Charlie Day et Burn Gorman) ou des individus hauts en couleurs (Ron Perlman est de nouveau de la partie). Des personnages principaux et secondaires qui vivent, impressionnent, nous amusent, et souffrent parfois d’un passé forcément destructeur. Des hommes (et une femme) charismatiques, « badass » et parfois limite too much, mais qui ne s’avèrent jamais ridicules et qui véhiculent en eux de simples et sincères sentiments humains. Pour ceux qui en doutaient encore, rien à voir avec Transformers, donc. Mais il ne faut pas non plus se leurrer : Pacific Rim est de la veine de Blade 2 et non de celle de L’Echine du Diable. Autrement dit, on est là pour s’en prendre plein les mirettes et les esgourdes ! Ca tombe bien, car le film est à ce titre impressionnant.

A moins de s’être gavé à l’excès de bandes annonces et autres vidéos promotionnelles (oui je sais l’attente était longue, mais il faut savoir se contenir les amis !), impossible de ne pas être enthousiaste devant le gargantuesque spectacle proposé par le réalisateur de Hellboy. Superbement éclairé malgré une majorité de scènes nocturnes et (sous)marines (le talentueux DOP Guillermo Navarro rempile), l’action et les SFX sont bien évidemment à l’honneur avec des séquences dantesques mettant parfaitement en scène les affrontements entre kaijus et Jaegers. On ressent ainsi parfaitement le chaos que peuvent provoquer pareils combats sans toutefois trop se sentir lésé par le manque de lisibilité habituel des grosses productions à effets spéciaux coûteux (pléonasme). Les effets sonores diffusent également avec brio les incroyables collisions entre les titans de chair et de métal, les déflagrations ou autres sonorités propres à l’univers prenant ici vie, le tout étant surélevé (parfois à l’excès) par la partition très héroïque de Ramin Djawadi (Iron Man, Game of Thrones). Côté « super gros monstres », le film propose différentes catégories de créatures évoluant au fil de leurs apparitions : d’abord proche des crustacés, celles-ci arborent par la suite des allures de cétacés ou autres squales pour finir dans des formes plus proches des mammifères terrestres, voire du primate. Très réussis, elles sont la somme de diverses influences : dinosaures (les protagonistes les compareront d’ailleurs à plusieurs reprises avec les bêtes du jurassique), kaiju japonais (Godzilla, Rodan et compagnie) et créatures harryhauseniennes, sans en être de simple copies. Une minutie qui participe à l’immersion du spectateur dans cet univers fantasque, celui-ci retombant en enfance et s’émerveillant comme s’il s’agissait de sa toute première sortie au cinéma. Mais, car il y a un mais, éternel(s) insatisfait(s) que nous (je) sommes (suis), on reste un peu sur notre faim dès l’entame du générique final. On aurait bien évidemment voulu en voir encore plus et, plus grave, force est de constater que Pacific Rim manque d’enjeu et de véritable tension. Car si les personnages existent bel et bien et s’avèrent attachants, l’ensemble souffre d’une déficience de scènes touchantes et réellement menaçantes comme l’esquisse pourtant une superbe séquence où Mako, dans ses sombres souvenirs d’enfance, fuit un kaiju dans les rues dévastées de Tokyo. Le genre de scène angoissante et prenante que l’on aurait aimé voir se reproduire, celle-ci étant quasiment la seule de sa catégorie. Cela n’entache heureusement pas trop le plaisir ressenti devant le spectacle proposé par le néanmoins généreux mexicain qui compense le tout par un rythme effréné parvenant à déconnecter complètement le spectateur de la réalité durant un instant ressenti comme étant trop court, malgré les tonifiantes 2h10 ici présentées.

Pacific Rim déverse ainsi son flot d’affrontements dantesques sans fléchir, tout en s’appuyant sur des personnages relativement solides et charismatiques. Pas de grande tension ni de gros enjeux ressentis, mais juste de l’action incroyablement fun et jouissive qui en remontre à beaucoup d’autres. Il n’y a pas photo, le film de del Toro fait donc bien la nique (et de quelle manière !) à Michael Bay sur son propre terrain. Souhaitons-lui juste d’être plus performant au box-office afin d’engendrer une éventuelle suite, plus impressionnante encore et surtout plus empoignante.


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