Critique de film

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Perfect sense

"Perfect sense"
affiche du film

Alors que le monde est en train de s'effondrer et que les gens perdent leurs perceptions sensorielles, deux personnes tombent amoureuses l'une de l'autre.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Perfect sense - Contagion
Par : Damien Taymans

A l’aube du chaos mondial promis par les Mayas, le septième Art se garnit de quelques nouvelles visions apocalyptiques : Emmerich a livré sa propre vision de 2012 avec force symboles (une Arche pour sauver l’élite et de la flotte partout, pour résumer), Soderbergh a rejoué l’antienne de la pandémie avec une variation "Madeleines de Proust" comme mode d’exposition tandis que, avec davantage de sobriété et d’efficacité, Tim Fehlbaum érigeait Hélios en Hadès dans son Enfer (Hell), pour une version fiction de la Vérité qui dérange d’Al Gore. A l’inverse de la Contagion de Soderbergh bondissant narrativement d’être en être, le script de Kim Fupz Aakeson se concentre sur une vision microcosmique du désordre, gangrène agissant à l’échelle planétaire. Le récit, s’il s’autorise quelques intermèdes très synthétiques sur l’évolution du chaos mondial, privilégie la focalisation sur les éléments d’un couple en apparence incompatible. Un couple d’ordures comme ils se définissent. Deux êtres à la fois singuliers et banals. Car, et c’est bien là le prodige de Perfect sense, en revenant aux fondamentaux de l’écriture scénaristique, l’œuvre emprunte l’universalisme propre aux classiques quand nombre de visions apocalyptiques trop embrassent pour mal étreindre.

Avant cette étreinte, dernier tableau baigné de poésie d’une romance qui ne cherche jamais ses maux, les protagonistes auront survécu et se seront adaptés à la perte de tous leurs sens (hormis le toucher). A l’instar du Blindness de Fernando Meirelles, le film deDavid MacKenzie épargne les traditionnelles angoisses virales et envisage la fin du monde sous un angle plus symbolique, propice aux expérimentations visuelles et sonores. Et même si le mécanisme finit par exposer un peu trop ses rouages, la contamination subie par la pellicule est orchestrée à la perfection : bientôt, les bruits et dialogues se métamorphosent en un faux silence pour coller à la surdité des personnages avant que la cécité ait comme référent un écran totalement noir.

Pour singulier que soit ce formalisme, il montre finalement ses limites en reproduisant un schéma attendu. Et il aura fallu d’ici à là composer avec quelques séquences poussives (le gavage frénétique pré-agueusique ou les émulsions gustatives à coups de savons). Néanmoins, Perfect sense reste une solide expérience sensorielle et une leçon de maîtrise en terme de scénario, mal servi par le jeu trop insistant de McGregor et Green en pleine parade amoureuse.


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