Critique de film

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Phone game

"Phone booth"
affiche du film

Que fait-on lorsqu'un téléphone public sonne dans le vide ? On sait qu'il s'agit d'un faux numéro, mais notre instinct nous pousse à répondre. Lorsque Stu décroche, un jeu machiavélique commence. "Raccroche, dit la voix au bout du fil, et tu es un homme mort." Un accident ayant éclaté à quelques mètres de la cabine, la police pense que Stu en est l'auteur. A leur insu, les policiers, les journalistes et les passants - dont Kelly, la femme, et Pamela, la maîtresse potentielle de Stu - se retrouvent en ligne de mire de l'homme au bout du fil, armé jusqu'aux dents.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Phone game - Maudite cabine !
Par : Damien Taymans

Stu Shepard, attaché de presse incompétent qui ne mise que sur le paraître pour culbuter sans vergogne des actrices débutantes, se rend comme chaque jour dans une cabine téléphonique au coin de la 8ème avenue. Répondant au rituel habituel, Stu ôte son alliance et compose le numéro de Pam, la jeune promise qu’il courtise dans le dos de son épouse. Au moment de quitter la cabine, le téléphone sonne. Au bout du fil, un sniper un poil psychopathe menace Stu de lui faire sauter la cervelle s’il ne suit pas ses ordres. Quand on vous disait que l’abus de téléphone tue…

Avec son pitch de base aussi alléchant que casse-gueule, Phone game prend de nombreux risques. Celui, notamment, d’ennuyer le spectateur peu enclin à se poster devant un film d’action à l’inertie comparable à celle habituellement adoptée sur une scène de théâtre. Celui également de lasser par le truchement de remplissages éhontés d’une intrigue qui seule ne peut remplir la totalité du métrage qui ne se répand pourtant que sur une pauvre heure vingt. C’est que l’idée a beau avoir fait son chemin dans le cerveau du scénariste Larry Cohen, géniteur de très belles masterpieces comme Le Monstre est vivant et de L’ambulance, depuis qu’il l’avait évoquée à un certain Alfred Hitchcock qui refusa tout bonnement le projet, arguant l’impossibilité de légitimer une prise d’otage dans une cabine téléphonique durant un métrage entier. En guise de légitimation, Cohen recourt à un argument peu convaincant (celui des mensonges proférés à longueur de journée par Stu) qui est décrédibilisé par l’histoire elle-même puisque le sniper se sent bien incapable de répondre aux interrogations de sa victime. Ce minable attaché de presse ne fait pas le poids face au requin de la finance et au pédophile précédemment abattus par ce même assassin qui, tel Robin des Bois, se pose comme un redresseur des torts à la morale à peine écornée par les pertes civiles qu’il cause lui-même.

Moralement peu profond (la litanie du personnage central à l’égard de ceux qu’il a trompés ne serait rien sans la mise en scène de Schumacher), scénaristiquement peu crédible, doté d’un verbiage pompeux omniprésent, Phone game ne doit sa réussite relative qu’au savoir-faire de deux hommes que la précédente aventure Tigerland a réunis. D’un côté, Joel Schumacher, réal enlisé dans son image qui compte à son palmarès autant de fiascos (Batman et Robin, Flatliners) que de réussites (Chute libre) qui signe avec ce Phone game une mise en scène claudiquante, contrebalançant ses fautes de goût (les effets clippesques indigestes aux multi screen splits non maîtrisés, la caractérisation grossière de l’entame) à l’aide de travellings vertigineux qui tentent tant bien que mal d’éloigner l’action de son épicentre en phagocytant un ensemble urbain plus vaste. De l’autre, Colin Farrell, étoile montante d’Hollywood, qui éblouit l’écran de sa prestation dramatique qui le cantonne au devant de la scène durant toute la durée de l’œuvre, à peine soutenu par des seconds rôles aussi convaincants qu’absents (Katie Holmes et Forest Whitaker).

Au final, un bilan mitigé pour une entreprise aussi dangereuse qu’attrayante. Porté à bout de bras par un cast irréprochable jouissant de personnages relativement lisses (Whitaker en flic bancal, Holmes en ombre adultère), Phone game n’est ni le phénomène souligné par nombre d’aficionados ni la gageure étripée par une certaine presse. Juste un film d’action qui se contente de faire du sur-place sans pour autant énerver outre-mesure.

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