Critique de film

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Piranha 2 - Les Tueurs volants

"Piranha Part Two: The Spawning"
affiche du film

Lors d'une plongée, un élève de la monitrice Anne Kimbrough meurt, devoré par un piranha. Quelques heures plus tard, une femme de service est tuée par un piranha volant sortant du ventre du cadavre. Anne décide alors de mener l'enquête.

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Trailer - Piranha 2 - Les Tueurs volants (1981)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Piranhas 2 - Le nanar de Cameron
Par : Gilles Penso

Le premier Piranhas imitait avec une touchante maladresse Les Dents de la Mer, échappant au ratage grâce au style et à l’ironie de Joe Dante. Rien de tel ici, et si la plupart des filmographies officielles de James Cameron oublient volontairement de mentionner Piranhas 2, c’est que cette improbable séquelle ne fait pas très bon effet sur un CV. Cela dit, avant de réaliser Terminator, Aliens, Abyss et Titanic, il fallait bien que le cinéaste fasse ses premières armes. Il trouva de quoi s’occuper dans la société New World Pictures de Roger Corman, œuvrant tour à tour comme maquettiste (Les Mercenaires de l’Espace), peintre sur verre (New York 1997), designer (La Galaxie de la Terreur, Androïd).

Le flair de Corman l’incita à pousser ce jeune homme derrière une caméra. Voici donc Cameron aux commandes de Piranhas 2 dont le scénario se contente de piocher un maximum d’idées dans les deux premiers Jaws. Lance Henriksen, en shérif, remplace ici Roy Scheider, avec qui il présente quelques similitudes physiques. Comme dans Jaws 2, il part en hélicoptère à la recherche de son fils perdu en mer. Ici encore, l’armée américaine finance des recherches pour créer des « machines à tuer » indestructibles destinées aux rivières du Vietnam. Mais il y a quelques bavures, et parmi elles la création involontaire d’une nouvelle race de piranhas munis d’ailes. S’il n’y a pas grand-chose à sauver de cette entreprise, dont l’humour gras lorgne carrément du côté de Police Academy, deux séquences surnagent un peu et valent presque le détour : l’attaque des piranhas volants sur la plage, et le regroupement des poissons voraces dans l’épave, au moment du climax.

Ces séquences doivent leur efficacité à la nervosité du montage et aux astucieux effets spéciaux de Gianetto de Rossi, maquilleur attitré des films gore de Lucio Fulci. Les analystes percevront tout de même déjà quelques composantes récurrentes de l’univers de James Cameron : les prises de vues sous-marines, bien sûr, les éclairages bleutés, également, mais aussi et surtout la mise en scène d’un protagoniste féminin volontaire, fort et héroïque, prélude aux personnages d’Helen Ripley et Sarah Connor. Pour le reste, la médiocrité semble être le maître mot de Piranhas 2, mais les conditions étranges dans lesquelles le film fut réalisé expliquent sans doute en partie cet état de fait.

Peu satisfait des images tournées par Cameron, le producteur Ovidio G. Assonitis décida de reprendre les rênes du film, d’en tourner lui-même de larges séquences et d’exclure le metteur en scène de la salle de montage. Cameron, qui n’était déjà pas du genre à se démonter, décida d’entrer par effraction dans les locaux de la production, en pleine nuit, afin de remonter le film à sa guise ! Hélas, le cinéaste rebelle fut surpris en flagrant délit et interrompu sur le champ. Le montage que nous connaissons est donc l’œuvre d’Assonitis, dont les crédits de metteur en scène comptent des œuvres aussi impérissables que Le Démon aux Tripes ou Tentacules. Des années plus tard, au faîte de sa gloire, Cameron citera avec cynisme Piranhas 2 comme « le film le plus subtil jamais réalisé sur des piranhas volants » !

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici


Critique de Piranhas 2 - Les tueurs volants - Et maintenant, ils volent...
Par : Fred Pizzoferrato

Après le succès du très efficace Piranhas de Joe Dante (considéré par Spielberg himself comme le meilleur ersatz des Dents de la mer), le producteur et réalisateur Ovidio G. Assonitis a rapidement décidé d’exploiter le filon en lançant ce Piranhas 2 - Les tueurs volants de sinistre réputation. Assonitis, véritable spécialiste du plagiat, n’en était d’ailleurs pas à son coup d’essai puisqu’il avait précédemment proposé divers décalques de métrages à succès comme Forever Emmanuelle, Le démon aux tripes ou un Tentacules décalquant déjà Les dents de la mer de manière éhontée.

Passé relativement inaperçu à l’époque de sa sortie, Piranhas 2 - Les tueurs volants a aujourd’hui gagné le statut de curiosité puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, du premier long-métrage de James Cameron, devenu par la suite un des cinéastes les plus respectés qui soit et, accessoirement, le champion incontesté du box-office via Titanic, Terminator et Avatar. Difficile pourtant de reconnaître le talent de Cameron dans le produit fini, ce qui peut s’expliquer, du moins en partie, par la mainmise du producteur Ovidio G. Assonitis, lequel, peu satisfait du métrage fourni par son poulain, en repris les rennes au bout de quelques semaines de tournage. Une dispute s’ensuivit, Cameron essayant de remonter Piranhas 2 à sa mode avant qu’Assonitis ne termine le boulot et ne livre son propre montage, celui que l’on connaît aujourd’hui.

L’intrigue débute par la découverte de deux cadavres dévorés dans les eaux des Caraïbes. Le chef de la police, Steve Kimbreaux, débute son enquête et pense que le coupable est un requin mais son ex-femme, Anne, une ichtyologiste, n’est pas de cet avis. Déterminée à découvrir la vérité, Anne finit par mettre à jour une ancienne expérience militaire américaine visant à infester les eaux du Vietnam à l’aide de piranhas mutants. Or, certains de ses poissons, à présent doté d’ailes (!) se sont retrouvés dans les eaux des Caraïbes…

Accumulant tous les clichés utilisés par les nombreux décalques des Dents de la mer lancés à la fin des années ’70, Piranhas 2 - Les tueurs volants prend très au sérieux un script pourtant inepte et souvent ridicule. Alors que le métrage de Joe Dante flirtait avec la parodie en jouant la carte de la satire inspirée par les films de monstres des années ’50, ce Piranhas 2 - Les tueurs volants s’avère seulement involontairement drôle, l’humour volontaire versant, de son côté, dans une débilité vulgaire assez fatigante à base de gags en dessous de la ceinture. Les effets spéciaux, pour leur part, ne sont guère convaincants et les poissons volants, pendus au bout de leurs fils, feront davantage sourire que frissonner. Heureusement, les effets gore signés Gianetto De Rossi (responsable de carnage bien sanglants dans moult long-métrages italiens, entre autres ceux signés Lucio Fulci comme L’au-delà) relèvent le niveau, Piranhas 2 ne lésinant pas sur les passages graphiques. Aussi idiote qu’elle puisse sembler, la scène à la Alien montrant un piranha surgir du ventre d’une victime n’en demeure pas moins, dans son genre, efficace et mémorable. L’attaque de la plage par des hordes de poissons volants meurtriers constitue également un spectacle plutôt divertissant et le climax, très correct, termine cette petite série Z sur une note sympathique. La présence de Lance Henriksen s’avère une autre curiosité du métrage, le bonhomme singeant joyeusement le Roy Scheider des Dents de la mer mais se montrant un poil plus concerné que le reste du casting. Les demoiselles, en particuliers, révèlent davantage leurs seins que leur talent d’interprétation mais dans ce genre d’entreprise personne ne s’en plaindra vraiment.

Assez raté à tous les niveaux, Piranhas 2 - Les tueurs volants se révèle plutôt divertissant pour peu qu’on le prenne au second degré, les nombreuses attaques étant réjouissantes, de même que la propension du cinéaste (ou probablement du producteur ?) à filmer des demoiselles topless. En définitive, un spectacle crétin mais qui en donne pour son argent au spectateur friand d’exploitation et de nanardise horrifique. Ca ne vole pas bien haut mais c’est toujours plus amusant que les récentes productions similaires à base de requins et autres crocodiles en images de synthèse maladroites destinées à prendre la poussière sur les étagères de vidéoclubs.

Très décrié, Piranhas 2 - Les tueurs volants ne peut bien sûr être qualifié de « bon film » mais l’ensemble reste suffisamment distrayant pour mériter une petite vision, à condition de savoir à quoi s’attendre et à ne pas lésiner sur la bière et le popcorn.


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