Critique de film

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Plaisir à trois

"Plaisir à trois"
affiche du film

Sortie de clinique psychiatrique au bout d’un an d’enfermement, Martine de Bressard (Alice Arno) retrouve son manoir et son mari, Charles (Robert Wood). Le couple reprend alors ses habitudes perverses : ils font venir une jeune fille prude pour l’initier à tous les vices à travers des jeux érotiques. La jolie Cécile (Tania Busselier) va ainsi être initiée, aidée par Adèle (Lina Romay), la jeune esclave sourde. Mais, la crypte du manoir cache des secrets et quelques cadavres…

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Plaisir à 3 - Le marquis et ses amis
Par : Fred Pizzoferrato

Grand admirateur de l’œuvre de Sade, Jésus Franco s’est souvent inspiré (officiellement ou officieusement) des écrits du Marquis pour en proposer des adaptations plus ou moins fidèles et convaincantes. Justine de Sade, Eugénie de Sade et Les Inassouvies se succédèrent à la charnière des années 60 et 70 et Plaisir à 3, réalisé en 1973, s’inscrit dans cette même lignée, au point qu’il fut parfois intitulé Les Inassouvies 2.

L’intrigue, classique, transpose à l’époque moderne « La philosophie dans le boudoir » et s’intéresse à un couple de libertins aisés formé par Martine (Alice Arno) et Charles Bressac (Robert Woods). Sous leur vernis social respectable se cache cependant une réalité sordide : Martine est une dangereuse psychopathe qui aime castrer ses amants et torturer ses compagnes.

Après un séjour d’un an dans un hôpital psychiatrique, la jeune femme parait guérie et, après quelques pots de vin dispensé au personnel médical, elle regagne sa luxueuse propriété. Là, vivent un majordome zélé, Mathias, un jardinier difforme et une femme de ménage nommée Adèle, attardée mentale nymphomane prête à se plier à toutes les exigences des Bressac. Ces derniers décident, par jeu, de pervertir une jolie demoiselle de vingt ans, la virginale Cécile, qu’ils invitent dans leur vaste demeure avant de la transformer en esclave sexuelle pouvant être dominées, humiliée et torturée…


Pour cette nouvelle plongée au cœur de la perversion sadienne, Jésus Franco convie ses interprètes coutumiers, à commencer par Alice Arno et Robert Woods. Né en 1946, Alice Arno connait bien l’univers du Marquis débauché puisqu’elle tenait déjà le rôle principal du Justine de Sade de Claude Pierson en 1972. On la vit aussi dans des « perles de cinémathèque » aux titres croquignolets comme Lâchez les chiennes ou L’arrière train sifflera trois fois. Elle fréquenta souvent Jésus Franco durant sa carrière qui prend fin, dans le X, au milieu des seventies.

L’Américain Robert Woods fut, de son côté, un familier du western spaghetti de série B (pléonasme ?) que l’on vit dans des titres comme 4 dollars de vengeance ou Prie et creuse ta tombe. Suite à la mort du « spagh », il se reconverti dans l’érotisme bis pour Jésus Franco qui le dirige dans Les exploits érotiques de Maciste en Atlantide ou La comtesse perverse.

La toute jeune Lina Romay, en passe de devenir l’égérie quasi exclusive de Jésus Franco (elle figura dans une centaine de ses films), nous régale pour sa part de son anatomie, largement dévoilée par la caméra voyeuse de son mentor qui zoome agressivement sur son entre-jambe. La Française Tania Busselier, apparue dans une petite vingtaine de réalisations au cours des années ’70, nous offre, elle, son l’intimité broussailleuse (old school oblige) évidemment copieusement exhibée. Enfin, le prolifique Howard Vernon s’octroie le rôle secondaire d’un majordome peu concerné par les turpitudes sexuelles et criminelles de ses maîtres.


Plaisir à 3 bénéficie, en outre, de la présence du cinéphile Alain Petit, grand admirateur de Franco, au poste de scénariste et dialoguiste. Celui-ci, peu intéressé par l’érotisme, essaya de conduire le long-métrage via le fantastique et même de développer une ambiance horrifique, laquelle devait culminer dans un climax mystérieux voyant Alice Arno punie par les cadavres revenus à la vie de ses victimes. Toutefois, cette fin déstabilisante fut remplacée par une autre, plus conventionnelle mais néanmoins plaisante qui transforme Plaisir à 3 en un thriller érotique de manipulation, vaguement influencé par les machinations improbables du giallo.

Oeuvrette mineure qui ne marqua guère l’Histoire du cinéma (comme le reconnait d’ailleurs Alain Petit dans les bonus du dvd édité par Artus tout en pointant les méthodes de travail incroyables de Franco), Plaisir à 3 reste pourtant un Jésus Franco potable. Si la plupart des scènes sont trop longues et languissantes, y compris les passages sexy parfois interminables, le film se suit sans véritable ennui, le cinéaste ayant pris le temps de développer ses personnages et leurs motivations, servi par des interprètes parfois cabotins mais relativement adaptés au sujet traité. L’important reste néanmoins les scènes de flagellations ou de voyeurisme, les masturbations féminines, les accouplements (hétérosexuels ou lesbiens) et, plus généralement, les nombreuses foufounes dévoilées pour la plus grande joie des spectateurs.

Ce n’est surement pas du grand cinéma mais Franco nous a habitué à tellement pire que, finalement, Plaisir à 3 se regarde d’un œil distrait mais sans déplaisir pour les plus indulgents.


Commentaires sur le film

1 etoiles

daube Daube !

Si il existait des étoiles "négatives", le film en mériterait assurément ...

Il ne suffit pas de se réclamer du Marquis de Sade pour livrer œuvre intéressante : mal scénarisé, ridiculement interprété à tous les postes et affligé en plus d’une musique on ne peut plus inappropriée à ce que le film voudrait être, il n’y a strictement rien à sauver de ce naufrage total, même pas les interminables et languissantes scènes de fesse triste !!

17 janvier 2014 à 11:01 | Par Jacques
Plaisir (suite)

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Malgré des défauts récurrents au metteur en scène (scènes trop longues, gros plans quasiment flous, musique incongrue, etc...), l’histoire est pas mal ficelée, avec un coup de théâtre final plutôt bien amené, parfaitement immoral, mais tout à fait sadien dans l’esprit. Quelques scènes ressortent du lot, comme le musée de Martine, et surtout la soirée au manoir filmée avec un filtre rouge, où les protagonistes se livrent à un jeu de la soumission dans lequel les règles n’ont pas de limites.
Bref, Plaisir à Trois mérite le détour, même s’il est loin d’être parfait.

21 avril 2019 à 19:04 | Par Benoît
Plaisir

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Plaisir à Trois est une nouvelle adaptation sadienne, dans laquelle on retrouve tout l’éventail de pratiques érotiques chères à l’écrivain... et au réalisateur : libertinage, voyeurisme, exhibitionnisme, sadomasochisme, triolisme. Dans le rôle du couple pervers, on retrouve Alice Arno et Robert Woods, particulièrement bien dirigés et qui jouent un cran au-dessus par rapport à leurs prestations habituelles dans les films de Franco. Face à ce duo machiavélique, "l’innocente" Cécile est incarnée par Tania Busselier, que l’on retrouvera dans La Comtesse Perverse et quelques années plus tard dans "Ilsa Ultimes Perversions’’ Plaisir à Trois n’est pas la meilleure adaptation de Sade qu’ait réalisé Jess Franco, mais le film n’en est pas pour autant inintéressant. Malgré des défauts récurrents au metteu

21 avril 2019 à 19:04 | Par Benoît
Plaisir (suite)

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Malgré des défauts récurrents au metteur en scène (scènes trop longues, gros plans quasiment flous, musique incongrue, etc...), l’histoire est pas mal ficelée, avec un coup de théâtre final plutôt bien amené, parfaitement immoral, mais tout à fait sadien dans l’esprit. Quelques scènes ressortent du lot, comme le musée de Martine, et surtout la soirée au manoir filmée avec un filtre rouge, où les protagonistes se livrent à un jeu de la soumission dans lequel les règles n’ont pas de limites.
Bref, Plaisir à Trois mérite le détour, même s’il est loin d’être parfait.

21 avril 2019 à 19:04 | Par Benoît
Plaisir

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Plaisir à Trois est une nouvelle adaptation sadienne, dans laquelle on retrouve tout l’éventail de pratiques érotiques chères à l’écrivain... et au réalisateur : libertinage, voyeurisme, exhibitionnisme, sadomasochisme, triolisme. Dans le rôle du couple pervers, on retrouve Alice Arno et Robert Woods, particulièrement bien dirigés et qui jouent un cran au-dessus par rapport à leurs prestations habituelles dans les films de Franco. Face à ce duo machiavélique, "l’innocente" Cécile est incarnée par Tania Busselier, que l’on retrouvera dans La Comtesse Perverse et quelques années plus tard dans "Ilsa Ultimes Perversions’’ Plaisir à Trois n’est pas la meilleure adaptation de Sade qu’ait réalisé Jess Franco, mais le film n’en est pas pour autant inintéressant. Malgré des défauts récurrents au metteu

21 avril 2019 à 19:04 | Par Benoît

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