Critique de film

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Pleasantville

"Pleasantville"
affiche du film
  • Année de production : 1998
  • Réalisateurs : Gary Ross
  • Scénaristes : Gary Ross
  • Acteurs : Jeff Daniels, Joan Allen, William H. Macy, Reese Witherspoon, Tobey Maguire, Natalie Ramsey
  • Musique : Randy Newman
  • Genre : Comédie, Fantastique
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h04
  • Budget : 40 millions de dollars
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Nominé aux Oscars des Meilleurs costumes, Meilleure musique et Meilleure direction artistique en 1999 Saturn Awards de la Meilleure performance jeune (Tobey Maguire) et de al Meilleure actrice de second rôle (Joan Allen) en 1999 Critics Choice Award de la Meilleure actrice de second rôle (Joan Allen) en 1999 CDG Award des Meilleurs costumes en 1999

David, naïf et rêveur, s'évade au quotidien grâce à "Pleasantville", un sitcom des années 50. Là-bas tout est calme et simplicité. A l'opposé, sa soeur jumelle Jennifer, impertinente et branchée, vit à fond dans son époque. Un soir, un étrange réparateur de télévision leur donne une télécommande qui les projette dans l'écran. Les voila obligés de vivre à Pleasantville, en noir et blanc, dans un autre monde et un autre temps ! Mais Jenny n'entend pas se soumettre à cette vie bien trop tranquille. Et bientôt, c'est Pleasantville qui se détraque !

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Pleasantville - La cité de l’ombre
Par : Damien Taymans

Pour s’extraire de son quotidien difficile, David aime se replonger dans l’ambiance très fifties de la série en noir et blanc Pleasantville qui décrit la vie d’Américains dont les vies ne comportent aucune embûche, un univers baigné dans un amour incommensurable. Le soir du grand marathon Pleasantville, David se dispute avec sa sœur Jennifer devant la télé avant que les deux adolescents ne laissent tomber la télécommande qui se brise en mille morceaux. Heureusement, un réparateur arrive au bon moment et leur fournit une autre zapette censée faire des miracles. Après l’avoir utilisée, David et Jennifer se retrouvent plongés dans Pleasantville…

Au moment où Peter Weir dépeint les mésaventures vécues par Truman Burbank coincé dans une ville préfabriquée pendant que des millions de téléspectateurs se réjouissent et s’émeuvent de concert avec cet individu dont ils assistèrent à la naissance télévisuelle, Gary Ross, ancien rédacteur de discours politiques pour la Maison blanche, s’essaie dans un style plus ou moins identique avec Pleasantville. Substantiellement, s’il est un point de comparaison viable entre les deux œuvres, ce ne peut être que cet enfermement de personnages au sein d’un monde artificiel à destination de la petite lucarne domestique. Mais les rapprochements doivent déjà cesser puisque, si l’univers de Truman est fabriqué de toutes pièces et s’avère factice et peuplé de comédiens, celui présenté dans Pleasantville est son exact opposé, son pendant fictionnel. Mieux, la série devient-elle la seule alternative pour David et Jennifer d’échapper à leur quotidien morose et, du coup, de n’avoir plus à se confronter à la rupture de leurs parents, aux problèmes du SIDA, à l’appauvrissement de la population mondiale et à l’impossibilité, évoquée pendant les cours, de trouver du travail à la sortie du lycée. En lieu et place, la ville idyllique de Pleasantville propose un cadre paradisiaque où les incendies n’existent pas et où les pompiers n’interviennent que pour aider des chatons en perdition à descendre des arbres. Un monde où les étudiants sont unanimement dotés d’un langage relevé et prennent un petit déjeuner copieux avant de s’en aller dans un bahut aseptisé suivre des cours proches de la lobotomisation. Un monde où les maris travaillent pour le bien de la société tandis que leurs épouses gèrent le foyer et mitonnent, avec une coordination temporelle étonnante, de petits plats pour remercier leurs époux de s’échiner quotidiennement dans un boulot reposant. Un monde où les amoureux se baladent main dans la main au chemin des amoureux. Un monde sans sexe ni violence.

Le sexe, cette libération ultime que le personnage déluré campé par la savoureuse Reese Witherspoon va s’amuser à déverser sur la petite ville bien tranquille afin de bouleverser le quotidien des citoyens modèles. Après avoir fait goûter le fruit défendu à plusieurs garçons de son âge, Jennifer (devenue Marie Sue) s’attaque à sa maternelle, lui apprenant les vertus de l’onanisme, une découverte qui entraînera une totale inversion des valeurs au sein de la communauté déjà gangrénée par l’apparition évolutive de la couleur qui enjolive autant qu’elle ne chamboule la cité sépia. Un tableau qui évoque autant la révolution sexuelle et rock’n’roll des années 50-60 qu’elle ne se pose comme une métaphore modernisée, le cinéaste dépeignant à travers le style de vie de Pleasantville l’Amérique ultra-conformiste actuelle, pliant sous le poids des traditions et dont il est de plus en plus difficile de s’extraire. Un parallèle qui pousse l’auteur à s’exercer sur certains terrains plus glissants lorsqu’il dépeint notamment la ségrégation entre les colorés et les « noir et blanc » conduisant à des actes de sacages et à un autodafé, allégorie indélicate des nombreuses situations géopolitiques mondiales qui s’offrent ici le luxe de se poser comme une futilité rapidement résoluble. Au point que le métrage ne sombre finalement dans un message élégamment démago lors d’un procès aux verbiages pompeux réhabilitant les douces valeurs d’un Eden disparu à jamais.

Comédie légère aux fortes intrications sociopolitiques, Pleasantville s’affiche finalement beaucoup plus efficacement sur le terrain de l’humour que sur celui, plus tendancieux, de la fable politisée.

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