Critique de film

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Predestination

"Predestination"
affiche du film

Predestination retrace la vie d’un agent temporel spécialisé dans la lutte contre la criminalité, envoyé dans une série complexe d’expéditions spatiotemporelles afin d’assurer à tout jamais la continuité de sa carrière. Pour son ultime mission, l’agent doit s’attaquer au seul criminel qui lui a toujours échappé.

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Trailer - Predestination (2014)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Prédestination - Eh Manu tu descends ? Pourquoi faire ? C’est ton Destin !
Par : Seb Lecocq

Les frères Spierig font partie de ces bons petits artisans qui œuvrent à la gloire du genre. Ils livrent des films solides, sans génie, certes, mais humbles, carrés, respectueux et, ma foi, de bonne qualité. Undead, revisitait le film de zombie et comportait quelques séquences très réussies quand à Daybreakers, lui aussi, offrait un regard neuf sur le mythe maintes fois visité et revisité du vampire. Cette fois-ci, pour leur troisième film, ils s’attaquent à un autre grand thème du fantastique, ou plutôt de la science-fiction : le voyage dans le temps. Un thème qui revient en force depuis quelques années et qui nous a donné quelques très bons métrages parmi lesquels Primer et Timecrimes pour ne citer que ces deux là. Les frangins adaptent la nouvelle « All You Zombies » de Robert A. Heinlein, l’auteur du roman à la base de Starship Troopers. Un matériau de base solide, donc, pour ce Prédestination sorti directement en DVD/VOD/Blu-ray sans passer par la case cinéma.

Prédestination est de ces concepts frustrants parce que tout est là pour donner un très bon film, mais quelque chose ne fonctionne pas. Comme un puzzle dont les pièces ne s’emboîtent pas, comme une belle machinerie grippée. Ca coince aux entournures. Et ce malgré une scène d’introduction parfaitement réussie qui laisse présager une ambiance à la Dark City sombre et rétro-futuriste. Une séquence qui laisse beaucoup de zones d’ombre et annonce un petit film noir scientifique et uchronique. Mais la suite s’avère moins encourageante. On retrouve alors les deux personnages principaux, interprétés par Ethan Hawke et Sarah Snook, tous deux excellents. Le premier acte est long, très long, un flashback interminable qui occupe le premier tiers du récit. Là, on tombe sur le gros défaut du film, à savoir une approche trop littéraire et pas assez cinématographique de l’histoire. Cette longue séquence, pilier de tout le reste du film, doit être un gros morceau de littérature et doit fonctionner du tonnerre sur papier, mais sur l’écran, le résultat se montre des plus bavards et on s’ennuie en se demandant où tout cela va bien pouvoir nous mener.

Les Spierig nous entraînent dans une histoire de boucles temporelles insensées qui tiennent du jamais vu sur un écran de cinéma. Une boucle tellement multiple et complexe qu’en tant que spectateur, il ne faut pas détacher son attention de l’écran sous peine de rater un détail crucial du scénario. Cette complexité semble tellement obséder les réalisateurs qu’ils n’ont jamais pu s’en écarter pour véritablement laisser les images parler d’elles-mêmes. On les sent plus préoccupés par le fait de ne pas perdre le spectateur et de tout expliquer, qu’ils en oublient de vraiment faire du cinéma. Une grossière erreur car le spectateur est si happé par l’histoire qu’il en vient à anticiper chaque geste et à vite découvrir le pot aux roses à cause justement de cette simplicité formelle. Un décor, deux personnages et très peu d’intrigues secondaires, le souci de clarté finit par se retourner contre le récit car jamais l’image ne vient contrebalancer le côté too much du scénario. Finalement, on en vient à trouver ce film pourtant très complexe dans sa narration, idiot et stupide.

Prédestination échoue donc à convaincre par la faute de son traitement. Les frères Spierig donnent l’impression de n’avoir jamais trop su comment se dépatouiller de l’intrigue ni par quel bout prendre cette histoire invraisemblable. On ne s’embarrasse pas ici du sacrosaint continuum espace-temps et autres paradoxes temporels chers à Doc Brown. Il reste au final une petite série B sympathique et propre, mais qui ne parvient jamais à donner à cette histoire l’ampleur qu’elle mérite. Toutefois, Prédestination donne envie de découvrir le livre ce qui, en soi, est déjà une bonne chose.


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