L’IMAGE DU JOUR

RENDEZ-VOUS A PARIS d’Enki Bilal

7 février 2011 | Par : Damien Taymans

Série La tétralogie du monstre

Titre Rendez-vous à Paris

Scénario Enki Bilal

Dessin Enki Bilal

Année 2006

Editeur Casterman

Année d’édition 2006

Note 7/10

Résumé

Les dix témoins de la ’révélation’ du site de l’Aigle se sont tous mystérieusement volatilisés, non sans mentionner un étrange rendez-vous, le 32 décembre... Optus Warhole n’est plus. Dans ce contexte chamboulé, où tous les repères semblent s’estomper, Leyla Mirkovic erre au coeur de l’hiver de Belgrade, hantée par le souvenir de Nike Hatzfeld. Pendant ce temps, dans la région des Balkans, Amir et Sacha se sont mariés. Le titre ’Rendez-vous à Paris’ indiquerait donc que la quête de Nike, sa promesse de reconstituer le trio d’orphelins de Sarajevo 1993, est sur le point de se réaliser ?

Prévue pour être une trilogie, la série des monstres d’Enki Bilal se transforme pourtant en tétralogie, l’auteur d’origine yougoslave n’étant pas en mesure de boucler la saga dans ce troisième album. L’intitulé présage d’un aboutissement à la quête que s’est donné Nike Hatzfeld, à savoir retrouver ceux qui partagèrent sa couche dans un hôpital de Sarajevo alors que la ville était noyée sous les bombardements et tirs de snipers. Ses capacités mémorielles mises en sourdine, le héros, dont le nom évoque le correspondant de guerre Jean Hatzfeld qui s’est principalement distingué en couvrant les événements de Sarajevo et le génocide du Rwanda, persévère dans ses recherches en s’aidant de son flair, se transformant en truffier d’une volonté supérieure. Laquelle ? Optus Warhole (ou plutôt ses restes) a été éliminé, l’Obscurantis Order n’est plus... C’est que dans l’univers tissé par Bilal en maintenant trois albums, la complexité fait loi et que les principes physiques, spatiaux, temporels qui régissent notre monde s’avèrent caducs au sein de l’imaginaire du dessinateur. Enki Bilal profite de cette dystopie pour s’attarder avec davantage de force sur le Passé qui a laissé des traces indélébiles à sa région natale détruite par le fruit de l’homme et dont les éclats se sont répandu, de manière éparse, au gré des championnats de foot et des confessions religieuses (cf. les championnats footballistiques divisés équitablement selon les croyances qui buttent contre une équipée de laïcs).

Ce non-conformisme gangrène également les graphismes de Bilal qui adopte de nouveau ses dessins flottants aux courbes improbables, semblables aux peintures de l’Anglais Francis Bacon. En perpétuel mouvement, les dessins accentuent la dynamique d’une narration nettement ankylosée qui se complait dans son immobilisme. Plutôt en-deçà en comparaison des deux autres volumes, Rendez-vous à Paris sonne comme une sorte de transition (passionnante à certains moments, il est vrai) dont l’utilité n’apparaît pas directement. A l’image d’Holeraw, l’avatar de Warhole, Bilal crée le Beau à partir du Laid (les décors intérieurs dépouillés et les décombres des villes du futur) et dresse un constat

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