Critique de film

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Revenge

"Revenge"
affiche du film

Trois riches chefs d’entreprise quarantenaires, mariés et bons pères de famille se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle dans une zone désertique de canyons. Un moyen pour eux d’évacuer leur stress et d’affirmer leur virilité armes à la main. Mais cette fois, l’un d’eux est venu avec sa jeune maîtresse, une lolita ultra sexy qui attise rapidement la convoitise des deux autres... Les choses dérapent... Dans l'enfer du désert, la jeune femme laissée pour morte reprend vie... Et la partie de chasse se transforme en une impitoyable chasse à l'homme...

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Trailer - Revenge (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Revenge - Pop Up Store
Par : Seb Lecocq

Un adage bien connu des cinéphiles veut que les meilleures intentions du monde ne font pas les meilleurs films, Revenge en est un nouvel et clinquant exemple. Sa réalisatrice, Coralie Fargeat, lors du dernier Pifff, a pris le temps de venir détailler au public ses envies, ses influences et ses intentons. Plein de bonnes choses (sauf l’influence prégnante de Tarantino) sur papier qui, hélas, trois fois hélas, ne se concrétisent pas sur le grand écran qui semble, justement bien trop grand pour ce (rape and) revenge movie.

Concrètement, le premier nom qui vient à l’esprit quand on évoque Revenge, c’est le définitif et fondateur I Spit on your Grave de Meir Zarchi (ndlr : dont on ne saurait trop vous conseiller d’écouter le commentaire audio du réalisateur qui raconte l’incroyable histoire derrière la genèse du film). En version pop, sucrée, flashy. Si la trame narrative est globalement la même (on est dans un genre hyper codifié dont il est très compliqué de sortir), esthétiquement les deux œuvres sont aux antipodes. A la dureté, à la sécheresse, à l’âpreté du modèle, la réalisatrice privilégie une forme léchée, pétillante, douce qui contraste volontairement avec la violence des actes dépeints dans son scénario. Le décalage est fort, trop fort car il annihile la violence du film, ce qui est probablement voulu et apporte de la lourdeur à la symbolique d’un film déjà pas très fine sur le papier.

Même si on pense à l’œuvre de Meir Zarchi pour le fond, dans la forme on est beaucoup plus proche d’un Tarantino période Kill Bill voire d’un Naked Weapon le fun en moins et avec des personnages sortis d’une quelconque émission de télé réalité à base de Princes Charmants, de Marseillais et autres Millionnaires. Des persos vides et inexistants donc qui ne provoquent pas grand chose si ce n’est l’agacement chez le spectateur. Un écueil très compliqué à surmonter dans ce genre de film où certes les personnages doivent être clairement définis mais aussi capables de susciter l’empathie ou la haine. Ici, entre le grand méchant, le benêt pleutre et celui qui ne sert pas à grand chose, il est difficile de vraiment entrer dans le récit et de vivre pleinement le calvaire, la résurrection et la vengeance de l’héroïne même si la comédienne principale paie de sa personne, investit au mieux un personnage totalement vide et s’impose comme la vraie satisfaction du film. On n’en dira pas autant du casting masculin...

Le cheminement est connu, et archi-connu : la jeune femme abusée qui se prend en main, se révèle à elle-même pour botter le cul à une bande de vilains mâles dégoûtants. Le tout enrobé dans une esthétique pop sucrée aux couleurs pétaradantes, chaudes comme le désert où se déroule l’histoire et roses comme la boucle d’oreille de la jeune femme qui deviendra la symbole de sa résurrection, on passera sur la figure du phénix archi-convenue et vraiment lourdingue, surtout vu les condition dans lesquelles il apparaît. La vengeance, si elle est graphique (l’hémoglobine coule à flots dans un final rouge sang), n’est fondée sur rien de concret. Revenge pèche à tous les niveaux, à commencer par l’écriture, les choix de mise en scène discutables et une longueur abusive. Une heure cinquante pour raconter cette histoire alors qu’une heure quinze aurait largement suffi, c’est beaucoup trop long, plus que pour les personnages, le calvaire est pour le spectateur.

Comme chez Tarantino, figure tutélaire assumée et revendiquée par Fargeat, le sang est déversé par barils entiers dans un très long final qui se veut gore mais dont la violence est totalement aseptisée car dénuée de fond et montrée comme une chose résolument fun. Le sang gicle mais sans aucune violence, faute à une écriture sensée et réfléchie de celle-ci qui simplement un élément esthétique parmi d’autres. Les personnages sont couverts de sang mais ne semblent absolument pas en souffrir. Une violence popcorn finalement, pour un film qui l’est tout autant. Revenge est proche du comic book et de la bande dessinée tant il prend la pose et joue la carte du bigger than life. L’évolution de l’héroïne n’est absolument pas crédible, le désert semble aussi grand qu’un bac à sable tant les personnages s’y trouvent et retrouvent sans cesse, un tir de shotgun en pleine poitrine semble causer autant de dégâts qu’un coup de poing d’enfant. En soi, tout cela n’est pas rédhibitoire dans le cadre du cinéma d’exploitation qui se joue de la réalité pour créer des situations totalement irréalistes tournées vers le plaisir et la satisfaction ds bas instincts du spectateurs. Ici on est dans une espèce de film d’exploitation poli, propre sur lui, malgré, je le répète, les litres de sang versé et qui manque singulièrement de cette volonté de transgression et de choquer.

Tout cela fait de Revenge une proposition de cinéma intéressante sur papier, beaucoup moins dans les faits, mais minées par de constant mauvais choix, des facilités narratives, une volonté de s’inscrire dans l’air du temps (la musique de Rob par exemple) et absence de réflexion sur la violence qui le rend au mieux anecdotique, au pire vraiment agaçante. Ce qui devait être une odyssée vengeresse et féministe explose comme la petite bulle de chewing-gum trop sucré qu’est réellement Revenge.


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