CHRONIQUE DVD

Review Blu-ray - Maléfique

Romantisme à l’encre noir

Angelina Jolie épate dans la peau de Maléfique.

Maléfique est symptomatique de l’orientation plus adulte en matière de films live prise par le studio aux grandes oreilles, amorcée - entre autres - par l’écœurante bouillie colorée d’Alice au pays des merveilles (2010), ainsi que par l’inégal Le monde fantastique d’Oz (2013) et l’injustement boudé Lone Ranger - Naissance d’un héros (2013), qui figure parmi les blockbusters les plus réussis de ces dernières années.

Maléfique narre les origines de la célèbre méchante de La belle au bois dormant : une fée chargée de la protection d’un éden lointain, dont le cœur pur s’est transformé en pierre par la faute de l’avidité des hommes et d’un amour bafoué. Son histoire intime nous donne à admirer de superbes paysages féeriques, à travers lesquels la caméra virevolte, au son de la brillante BO aux accents poétiques et épiques composée par James Newton Howard. L’enthousiasme éprouvé face à ces visions héritées des contes n’est que légèrement tempéré par l’abus de CGI - au demeurant fort bien exécutés -, imputable au background du réalisateur Robert Stromberg (cf. autres critiques du film).

Une méchante charismatique en diable !

Mais pas de quoi nous détacher de l’œuvre, d’autant plus que l’interprétation d’une Angelina Jolie à la maigreur maladive (elle était tellement mieux plus en chair !) finit de nous convaincre : son physique anguleux est troublant, plutôt raccord avec le personnage, et elle se délecte visiblement d’incarner avec démesure son tout premier rôle de bad girl.

Sombre est le destin

Dans ces conditions, il est dommage que l’univers de dark fantasy dépeint dans Maleficent (titre original) ne soit pas totalement assumé, accouchant d’une œuvre un peu timorée, cédant à quelques excès de mièvrerie et rechignant à pleinement épouser la noirceur de son héroïne. Disney devait veiller au grain pour ne pas trop choquer les têtes blondes, réduisant un tantinet le potentiel et l’impact du film. En dépit de cela, il reste d’un excellent niveau et est un divertissement des plus appréciables, à conseiller à ceux dont le dessin animé marqua les jeunes années. Même si, au vu de l’iconisme du personnage, on aurait désiré un peu plus ! Il nous faut raison garder, car les impératifs financiers d’une telle production sont ce qu’ils sont…

Angelina Jolie et sa gamine, Vivienne Jolie-Pitt

Review Blu-ray

Maléfique est disponible en Blu-ray 3D et 2D, ainsi qu’en DVD.

En bonus du Blu-ray, quelques featurettes assez intéressantes :

. « Du conte de fées au film » revient non seulement sur les caractéristiques qu’ont en commun le film de Stromberg et le classique animé de Clyde Geronimi, mais surtout sur les élements de scénario piochés à la source, dans les contes de Charles Perrault et des frères Grimm. Angelina Jolie en profite pour exprimer la fascination qu’exerce Maléfique sur elle depuis la prime enfance.

. « Les coulisses de la bataille » dévoile les dessous du tournage de la scène d’affrontement entre les humains et les créatures de la Lande, ponctuant le premier acte. Une scène de bataille réussie et parcourue d’un joli souffle épique, qui doit beaucoup (tout ?) au savoir-faire du réalisateur de seconde équipe Simon Crane et révèle à Maléfique toute la folie des hommes.

. « L’art du détail » revient brièvement sur le fabuleux couvre-chef ornant le crâne de Maléfique, issu du travail remarquable de Justin Smith et de son équipe, à qui incombait en partie l’aura du personnage. NB : Rappelons que l’allure générale du make up de Maléfique avait été pensée par Rick Baker.

. « Les secrets de Maléfique » expose une partie de l’élaboration des effets spéciaux numériques (très nombreux dans le film, ils auraient mérité de plus amples explications).

. « Devenir la Belle » est un portrait de la diaphane Elle Fanning, incarnant la princesse Aurore (la Belle du dessin animé de notre enfance).

Le tout est complété de 5 scènes coupées… qui ne l’ont pas été pour rien ! Signalons néanmoins une séquence où le trio de fées demande asile auprès du roi Stefan ; la conserver aurait certainement permis d’humaniser le souverain caricatural campé par Sharlto Copley.

Une femme qui vous met les cornes à tous les coups !

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