CHRONIQUE DVD

Review DVD - Les vierges de la pleine lune

Rosalba ! Si !

Plus qu’une ode à la beauté de la sculpturale Rosalba Neri (nous lui avions consacré un portrait avec repères filmographiques), Les vierges de la pleine lune (Il plenilunio delle vergini, 1973) - officieusement coréalisé par Joe D’Amato (chef op du film) - est une preuve du savoir-faire - parfois aléatoire - de Luigi Batzella (ici, crédité sous le pseudo de Paul Solvay), modeste artisan du Bis, gravitant avec plus ou moins de bonheur dans le western (Pour Django, les salauds ont un prix, Les âmes damnées de Rio Chico, …) ou l’horreur fortement sexuée (Les Nuits perverses de Nuda - Nuda per Satana, 1974), tout autant que dans l’exploitation la plus décomplexée (le piteux Holocauste Nazi aka SS Hell Camp, 1977) et l’érotisme flirtant avec le hard (le mondo Symphony of Love - Proibito erotico, 1978, où l’on retrouve la star transgenre Ajita Wilson, héroïne revêche du Sadomania de Jess Franco). Il est à noter que l’homme derrière Proibito erotico serait surtout Derek Ford (crédité comme coréalisateur de la chose).

Rosalba Neri au bain !

Par ailleurs, Rosalba Neri n’est pas l’unique atout des Vierges de la pleine lune, puisque l’on y croise le bellâtre ricain Mark Damon (La Chute de la Maison Usher, Les trois visages de la peur, Johnny Yuma), la sexy starlette brésilienne Esmeralda Barros (Eva, la Venere selvaggia, Les mille et une nuits érotiques) et l’impayable Xiro Papas (Le château de l’horreur, Holocauste Nazi), à la trogne reconnaissable entre mille, en dépit de son temps d’apparition famélique à l’écran.

Gotico all’italiana

Les vierges de la pleine lune s’inscrit dans un court revival de l’horreur gothique - d’où se démarquera l’excellent Lady Frankenstein -, à une époque plus propice aux exubérances du giallo. L’œuvre de Batzella repose donc sur des éléments constitutifs du genre, dérivés des grands classiques en noir et blanc : autochtones méfiants, château mystérieux, crypte poussiéreuse et jeunes filles apeurées encadrent logiquement la quête de jumeaux, les frères Karl et Franz Schiller (partageant les traits de Mark Damon), partis à la recherche de l’anneau des Nibelungen. Un artéfact légendaire et qui conférerait une puissance inouïe à son heureux possesseur. Mais pour cela, il leur faut galoper à travers la Transylvanie, jusqu’au château de Dracula, sur lequel règne la veuve du Comte et émule plus ou moins avouée de la Comtesse Bathory (la vénéneuse Rosalba Neri, dans un rôle taillé sur mesure).

La folle ambiance...

A me lire, rien que de très convenu, emballé avec professionnalisme et sans trop d’éclat par Batzella. Sauf que ce serait aller vite en besogne, car Les vierges de la pleine lune a bien plus à faire valoir que ce festival de poncifs. Les codes du genre sont en quelque sorte dynamités par une propension naturelle à l’érotisme et une sensualité omniprésente. Sombre créature soufflant le chaud et le froid, Rosalba Neri dégage une grâce infinie et un port altier, qu’elle revête les toilettes chics de la Comtesse ou se dévoile dans le plus simple appareil. Un érotisme atteignant son apogée à l’aune de cette séquence où la Comtesse Dolingen de Vries, nue et nimbée de brume, se dresse - extatique - pendant que sa domestique (Esmeralda Barros) l’asperge de sang, pour ce qui demeure une des images iconiques du film.

Alors oui, Les vierges de la pleine lune est imparfait et multiplie les choix techniques douteux (raccords hasardeux, jump cuts, …), mais ces scories sont rattrapées par la force d’images au gothisme flamboyant, admirablement composées, ainsi que par l’aura et le charisme de la star Rosalba Neri, qui imprègnent durablement la rétine. La production avait aussi eu le goût de localiser son tournage dans les Abruzzes, dont une majorité de scènes filmées au sein du château de Balsorano, endroit riche d’histoire(s) et qui accueillit de nombreux tournages, dont ceux de La crypte du vampire et de Vierges pour le bourreau.

Aaahhh, Rosalba Neri...

Au rayon éditorial, c’est un nouveau sans faute de la part d’Artus, qui nous offre Les vierges de la pleine lune dans un master très correct, avec des bonus de qualité : l’incontournable Alain Petit s’épanche sur le film durant 33 (!) minutes passionnantes (« La Comtesse Rouge »), tandis que Rosalba Neri revient sur sa carrière et sa participation au film (« La Comtesse Rosalba »). Le générique italien (proposé à part), un diaporama de photos et les traditionnelles bandes-annonces de la Collection Gothique complètent le tout.

Pour commander ce DVD, rendez-vous sur le site d’Artus Films.

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