Critique de film

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Rome Armed to the Teeth

"Roma a mano armata"
affiche du film

Une vague de crime frappe Rome. Un inspecteur de police über-moustachu, Tanzi (Maurizio Merli), règle le compte des criminels qui ont la malchance de croiser son chemin. À côté de lui, le Dirty Harry d’Eastwood passe pour une vieille tante. Tanzi attrape les voyous par la gourmette, leur crache des insultes à travers ses dents serrées et les tabasse allègrement. Il se fout de savoir si ce sont des gosses de riches qui s’ennuient ou des gamins des rues dans le besoin, ils y passent tous !

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Rome Armed to the Teeth - L’inspecteur a ri
Par : Seb Brunclair

Par Sébastien Brunclair

Réalisateur ultra-productif et culte aux yeux des fans de cinéma de genre, Umberto Lenzi a exercé son art dans des domaines aussi variés que le film de cannibales (son Cannibal Ferox en est un des représentants les plus célèbres), de guerre, le peplum, le western spaghetti, le giallo (qu’il a aidé à populariser) et le film policier, genre qui nous intéresse aujourd’hui. Il était présent au Festival Offscreen dans le cadre de l’hommage qui lui est rendu à travers la projection de plusieurs de ses œuvres cultes. Avant le lancement de Rome Armed to the Teeth, le maître était visiblement heureux de partager des anecdotes concernant le tournage. Tellement heureux d’ailleurs que son enthousiasme débordant a un peu pris de cours le pauvre interprète, qui a été contraint de freiner ses ardeurs afin de ne pas perdre les spectateurs ne maîtrisant pas l’italien.

Après cette motivante entrée en matière, place au film, et à une première surprise : le générique annonce fièrement le titre fantaisiste Assault with a deadly weapon et ne présente aucun nom à consonance italienne, même pas celui de Lenzi. Des rires retentissent dans la salle, des murmures inquiets se font entendre : le projectionniste se serait-il mélangé les pinceaux ? Deux minutes après le lancement de la bobine, la voix furieuse du réalisateur résonne en provenance du hall du Cinéma Nova. L’explication, donnée en fin de séance, est en fait toute simple : le film projeté ce soir est la version américaine, doublée en anglais et ayant subi quelques coupes et divers changements (notamment au niveau de certains plans sur des décors trop typés, remplacés par des lieux américains). Cette version n’est apparemment pas du goût de Lenzi, ce qui explique son énervement soudain. La critique qui suit portera donc sur ce montage, et non pas sur la version originale.

Si Chuck Norris et Clint Eastwood avaient fusionné, le résultat ressemblerait certainement au commissaire Leonardo Tanzi. Flic bourru adepte des méthodes expéditives, la moustache au vent, ce flic n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds par les voyous, et encore moins par ses supérieurs hiérarchiques. Son truc à lui, c’est l’efficacité. Mais pas à coups de contraventions et de perquisitions dans les règles de l’art, non monsieur. Quand il distribue un PV, c’est un Poing Vengeur, et pas un vulgaire bout de papier. Sa technique d’interrogatoire ? Un coup de pied bien placé dans les burnes. Et, surtout, qu’on ne vienne pas lui reprocher de ne pas suivre la loi à la lettre : le règlement , c’est pour les lopettes et tout juste bon à lui mettre des bâtons dans les roues. Alors, quand un gangster bossu commence à mettre le bazar dans la ville, il peigne sa moustache, prépare son flingue et se met en quête de lui en coller une entre les deux yeux, histoire de lui montrer qui est le boss(e).

Rome Armed to the Teeth fait partie des poliziottesci, un sous-genre du film policier avec un fort penchant pour l’action, se basant généralement sur des faits divers d’actualité, et très populaire en Italie durant les années 70. Comme expliqué par le réalisateur avant la séance, certains des personnages sont inspirés de criminels de l’époque. Mais n’attendez surtout pas une enquête de police appliquée, indice après indice : à l’image de l’inspecteur Tanzi, le métrage n’est pas du genre à rester en place très longtemps. C’est ainsi que courses-poursuites (en voiture ou à pieds), bastons à mains nues et autres fusillades se succèdent à un rythme assez soutenu, ne laissant pas l’occasion au spectateur de s’ennuyer. Le tout est magnifiquement mis en scène et soutenu par une musique typiquement seventies, achevant de donner au film un cachet vieillot mais tout à fait appréciable.

Entre deux scènes d’action, les dialogues achèvent de donner un charme particulier au film : certaines répliques sont un régal de drôlerie, volontaire ou non. Entendre un personnage, dont la femme vient de se faire violer par une bande de voyous, demander nonchalamment à sa chère et tendre : « Ça va, chérie ? », ça a le don d’amuser. Les répliques de Tanzi envers sa compagne sont à ce titre particulièrement drôles, le commissaire ayant une façon très personnelle de la soutenir dans les moments difficiles : à l’hôpital, alors que celle-ci vient d’être torturée par des gangsters et après lui avoir tenu compagnie pendant 15 longues secondes, il lui lance « On se verra dans 5 ou 6 jours, quand tu seras rétablie ». La classe !
Les rôles principaux sont en partie interprétés par des habitués du cinéma d’Umberto Lenzi : Maurizio Merli, Ivan Rassimov et le très charismatique (mais trop peu présent à l’écran) Tomas Milian dans le rôle du bandit bossu.

Malgré ça, on pourra tout de même reprocher au film son scénario décousu durant sa première partie, donnant de temps en temps l’impression que l’auteur du script ne sait pas vraiment où il veut aller. On passe parfois d’un crime à un autre sans vraiment établir de fil rouge, le personnage interprété par Milian est introduit très tôt avant de disparaître durant une bonne partie du métrage et les enjeux globaux mettent un certain moment avant de réellement se préciser. Notons également la fin abrupte (peut-être due au nouveau montage évoqué plus haut), prenant totalement le spectateur au dépourvu.

Ces quelques bémols mis à part, Rome Armed to the Teeth est un moyen hautement recommandable de passer un moment très agréable en compagnie d’un flic couillu dans l’Italie des années 70. De quoi régaler les amateurs de cascades, de répliques cinglantes et de belles moustaches.


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