Critique de film

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Romina

"Romina"
affiche du film

L'escapade camping en pleine nature d'une bande d'adolescents se transforme en terrible cauchemar lors de la rencontre fortuite avec une de leurs camarades de lycée.

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Trailer - Romina (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Romina - Savez-vous cultiver des navets ?
Par : Damien Taymans

Ah là là, le camping entre djeuns qui tourne au carnage, cette image a fait florès dans le cinéma horrifique. D’ailleurs, le Mexicain Diego Cohen n’entend pas oublier cet héritage touffu puisqu’il cite par l’entremise de la bouche de ses personnages des références comme Evil Dead ou Le projet Blair witch sans omettre de souligner l’apport de la franchise Vendredi 13 en adoptant la même toponymie que dans le film de Cunningham (le fameux Crystal Lake). Sans faire dans la dentelle, le réalisateur-scénariste-producteur-monteur-chef-op’ formule une série de promesses lors de l’introduction du récit : au détour d’un interrogatoire sont révélées quelques images des cadavres qui jonchent ce spectacle lacustre avec force détails (une émasculation, rien que ça !).

L’eau est à la bouche... avant d’inonder l’entièreté de l’œuvre. Car cette entrée en matière est un magnifique arbre qui cache une forêt des plus clairsemées. Il faudra patienter une cinquantaine de minutes avant que le rythme ne se mette à accélérer (sur une durée d’une heure quart !). D’ici à là, le réalisateur, beaucoup moins inspiré que dans son recommandable Honeymoon, aligne tous les poncifs sans tenter de se les approprier ou de les réinventer : se contentant d’évoquer l’une ou l’autre référence, il enfile chacune de ces perles (un gardien de camping aux dents pourries, un feu de camp avec son lot d’histoires grivoises, une pépée dénudée au bord du lac) et nous entraîne sur la piste d’I spit on your grave tout en nous infligeant tous les ingrédients du slasher lambda.

Le principal hic de cette embarcation, c’est qu’elle n’évolue jamais dans les eaux du Crystal Lake, délaissant en sus sur le rivage ce qui fait le sel de ce genre de jeu de massacre. Inouï, tous les meurtres sont relégués hors champ et le réal laisse le soin à ses personnages de découvrir un à un les cadavres. Cerise sur le gâteau, Romina en plus d’être prodigieusement laid et creux, comme ses acteurs jonglant entre jeu approximatif et crise d’hystérie, révèle toutes ses limites au détour de dialogues sexistes à outrance dans lesquels on apprend que la plupart des viols incombent aux nanas trop sexys.

Rétrograde et poussif, Romina est une production dénuée d’âme et d’intelligence mais surtout, amputé de ses tripes. Un comble pour un slasher !

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