Critique de film

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Rues de feu (Les)

"Streets of Fire"
affiche du film

Ellen Aim, une chanteuse de rock est kidnappée par Raven et son gang de motards. Son ancien amant Tom Cody arrive en ville pour la libérer, ce qu'il fait rapidement. Raven et son équipe se lance alors à leur poursuite...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Les rues de feu - La belle de Cody
Par : Chroniqueurs

Par Bruno Dussart

Deux ans après son buddy movie célébré par l’impayable duo Nick Nolte / Eddie Murphy (alors qu’il s’agissait de son tout 1er rôle à l’écran !), le briscard Walter Hill réalise une série B hybride et effrénée, une sorte de mixture improbable entre le film de bandes des sixties, le western moderne et la romance classique sur fond de musique pop et de rock n’roll. Le tout enraciné dans une période historique indéfinissable, à situer à mi-chemin entre l’époque rebelle des blousons noirs des années 50 et 60 celle des néons flashys des années 80.

La chanteuse Ellen Aim est kidnappée en plein concert par l’odieux Raven devant une foule en panique. Après avoir mis à feu et à sang la ville, le gang se réfugie à proximité d’un quartier malfamé. Un barman décide d’écrire à son frère pour l’avertir que son ex-petite amie a été enlevée par la bande de motards, les "bombers". Tom Cody, homme solitaire et marginal se rend fugacement sur les lieux et décide de proposer un marché financier avec le manager d’Ellen, Billy Fish.

Mis en scène avec une frénésie qui nous entraîne au rythme de tubes pop des années 80 et du rock des années 60, Les Rues de feu débute de manière explosive, via un préambule monté de main de maître par un réalisateur qui identifie d’emblée son univers atypique dérivé de la bande dessinée et du western. En pleine retranscription d’un concert starisé par la ravissante Ellen Aim, une bande de motards habillés de cuir noir s’emparent de la belle et foutent le souk dans une petite ville, histoire de montrer aux citadins que toute tentative de rébellion est peine perdue. Action et violence échevelées sont menées sur un rythme trépidant alors qu’une musique rock vrombissante va exacerber cette estocade culminant dans sa déchéance explosive en plein centre-ville.

L’histoire est d’une simplicité infantile. Un rebelle décide de reprendre sa belle retenue captive entre les mains de bikers insolents. Après l’avoir sauvé, notre héros est confronté à la menace du leader de la bande particulièrement rancunier, qui lui propose un combat physique équitable d’homme à homme. Pour alimenter cette intrigue archi-balisée et rendre l’aventure aussi excitante qu’exaltante, Walter Hill mise sur un montage fulgurant et compte sur une galerie de personnages irrésistibles et attachants : une sœur candide et loyale convoquant notre héros renfrogné au grand cœur, une chanteuse lascive à la voix langoureuse, une baroudeuse inflexible aux allures de garçon manquée, un manager imbus et vaniteux, une fan "pot de colle" futilement hystérique de son égérie et un sympathique groupe de Blacks à la voix uniforme. Du côté adverse, la bande des "Bombers" est caractérisée par une équipée sauvage motorisée, menée par un dur à cuir impassible nommé Raven.

Durant leur trajet semé d’embûches pour s’emparer de la belle Ellen ravie par Raven, notre petite communauté doit user de subterfuges afin de déjouer les pièges des "Bombers" mais aussi des forces de l’ordre déployées en nombre dans les contrées adjacentes. Entrecoupé de morceaux musicaux interprétés par de véritables artistes comme Dave Alvin, Cy Curnin, Stevie Nicks, Jim Steinman, Tom Petty, Kennie Vance ou encore Dan Hartman, cette aventure épique, pleine de fantaisies et de réparties verbales assénées avec ironie, permet de nous impliquer émotionnellement avec les héros de l’œuvre . L’excellent Michael Pare endosse avec sa trogne de beau gosse viril le personnage d’un cow-boy solitaire, marginal et intraitable. Couronnée du Prix de la meilleure actrice en Catalogne pour son rôle de soldat de fortune, Amy Madigan crève littéralement l’écran. Le pittoresque Rick Moranis campe quant à lui un petit patron cupide à l’esprit présomptueux. Enfin, Willem Dafoe, incroyable dans son rôle de bandit ténébreux vêtu de cuir noir.

Sur fond de musique pop/rock endiablé, notre aimable équipée nous emmène au cœur de leur odyssée flirtant avec l’irrationnel.
Avec une efficacité maximale pour transcender la maigreur d’un script, exacerbée par la rythmique musicale et l’action rocambolesque, Walter Hill rend hommage au cinéma d’action moderne juxtaposé à l’univers vintage hérité d’une génération rebelle. La multitude des genres imbriqués dans un univers singulier, enjolivés par une sublime photographie aussi rubigineuse et sépia que criarde et polychrome, achèvent de nous enivrer. Ce serait presque manquer de souligner l’omniprésence d’un superbe score électrique confectionné par Ry Cooder, transcendant ainsi l’archétype du western unifié à la bande dessinée dans ces Rues de feu remplies de marginaux.


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