L’IMAGE DU JOUR

SEUL LE SILENCE de RJ Ellory

8 février 2010 | Par : Gore Sliclez

Titre Seul le Silence

Titre original A Quiet Belief in Angels

Auteur
Roger Jon Ellory

Année 2007

Genre Polar

Editeur Sonatine

Année d’édition 2007

Note 8/10

Résumé

Joseph Vaughan a douze ans quand il découvre dans son village de Géorgie le corps atrocement mutilé d’une fillette assassinée. La première victime d’une longue série de meurtres qui terrorisent la région et qui laisse la police impuissante. Les années passent, le jeune garçon tente d’en savoir toujours plus mais très vite les habitants du village ont besoin d’un coupable au risque de condamner à tort. Contraint de se réfugier à New York pour entamer une carrière littéraire, Joseph se voit cependant rattraper par la folie meurtrière d’un meurtrier qui ne l’a pas, lui, oublié.

Œuvre poignante et dense que ce roman très américain dont le style littéraire ressemble à s’y méprendre à un John Steinbeck ou un Norman Mailer et dont les images nous rappellent les instantanés de Walker Evans. Nous sommes dans cette Amérique profonde des années de guerre, celle qui survit à la misère et qui noie ses illusions perdues dans la musique et l’alcool. Joseph, le héros, connaît la tragédie dès son plus jeune âge et trouve le réconfort dans l’écriture et dans les paroles encourageantes d’une institutrice cristallisée par l’amour qu’il lui porte. Entre premières émotions amoureuses et amitiés viriles avec les gosses de son âge, le drame n’est jamais loin et semble faire partie intégrante de la destinée de l’adolescent.

Surprise, Roger Jon Ellory, l’auteur de ce roman noir, n’est pas américain mais britannique. Comme son héros, il a connu la solitude de l’orphelin et a même fait de la prison mais pour braconnage ici. Sa passion des espaces américains en a fait un auteur apprécié et reconnu outre-atlantique et le place désormais parmi les auteurs forts du polar noir contemporain. Ce rouquin au bouc soigneusement taillé possède une plume virile et poétique à la fois, un style sobre et émouvant qui se prête à merveille pour retracer et décrire une histoire très dure s’étalant sur plusieurs décennies toujours en parallèle avec l’évolution de cette société américaine aux multiples facettes. Cette enfance également, confrontée très tôt aux drames sordides et sanglants de ce petit village qui vont forger pour la vie l’identité de ces garçons terrifiés par un boogeyman, un rôdeur terrifiant qui s’en prend sans pitié et dans une sauvagerie sans nom tantôt à leur sœur, tantôt à leur jeune camarade de classe. Une période douloureuse comme un passage initiatique avant l’âge adulte un peu comme dans les romans d’un certain Stephen King.

Seul le Silence est un roman merveilleusement bien écrit qui détonne par ce classicisme littéraire apprécié chez ces grands auteurs américains du siècle dernier mais qui ne concède en rien à la facilité ou au compromis. Viril, plongeant le lecteur dans une Amérique d’après-guerre, dans la chaleur et la poussière des petits villages oubliés, l’œuvre d’Ellory confirme tout le talent de cet auteur encensé par la critique (il a reçu le prix du roman noir du Nouvel Obs 2009) et dont l’adaptation serait déjà envisagée par Olivier Dahan (La Môme).

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