Critique de film

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Balada Triste

"Balada triste de trompeta"
affiche du film

Dans l’enceinte d’un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu’à l’extérieur, les hommes s'entre-tuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Recruté de force par l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d’une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, Javier, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, Sergio. Les deux clowns vont alors s’affronter sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : Natalia.

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Trailer - Balada Triste (2010)
Par : Samuel Tubez

Les critiques à propos de ce film

Critique de Balada triste de trompeta - Triste clown tueur
Par : Samuel Tubez
Tags : BIFFF 2011

C’est en fanfare que s’est ouvert le 29ème BIFFF grâce à la présentation en avant-première du nouveau film d’Alex de la Iglesia : Balada triste de trompeta. Un retour à un cinéma plus déjanté et plus proche de ses débuts (Action mutante et Le jour de la bête en tête) mais avec néanmoins toute la maestria que le cinéaste a su acquérir au fil des années. Un petit régal.

Espagne, 1937. Pendant la guerre civile, un clown est enrôlé de force par l’armée, alors en manque de chair à canon. Emprisonné puis tué, il laisse un fils, Javier. Des années plus tard, sous le régime de Franco, Javier est embauché dans un cirque pour y jouer le rôle du clown triste. Très vite, il tombe amoureux de Natalia, trapéziste canon et compagne de Sergio, le clown joyeux du cirque, qui est en réalité une véritable raclure. L’affrontement va être dantesque ! (autrement dit : ça va chier !)

Après le très classe (mais un peu trop sage) Crimes à Oxford, Alex de la Iglesia revient en force avec ce film mêlant histoire d’amour et de vengeance, le tout sur fond de guerre civile. Dans Balada triste de trompeta, le héros se fait brutaliser et humilier pour ensuite revenir scarifié et prêt à en découdre. Mordant à pleine dents dans les travers de son pays, le réalisateur du Crime farpait a cependant l’intelligence de ne pas plomber l’ambiance avec ses considérations politiques, laissant la parabole en toile de fond, insidieusement présente comme le sont les problèmes de chaque société. Sans retenue, il nous lâche ses personnages déjantés (quelle magnifique intro mettant en scène Santiago Segura charclant à tout va), enchaîne les scènes dérangeantes (sexe sauvage, humain réduit à l’état d’animal) et assure une mise en scène stylisée (le final, riche en idées visuelles flamboyantes, en fait d’ailleurs peut être un peu trop). Vous l’aurez compris, Balada triste de trompeta est aussi généreux que déjanté, aussi violent dans ses images que virulent dans sa critique politique et aussi drôle que sexy (sûr qu’on reparlera de la belle Carolina Bang, qui figurera d’ailleurs dans le prochain film du cinéaste).

Récompensé à deux reprises au dernier Festival de Venise (prix du scénario et de la mise en scène remis par Quentin Tarantino – tout s’explique !), Balada triste de trompeta est un joli bordel parfaitement maîtrisé dont on se délecte de bout en bout. A la fois brûlot politique et comédie romantico-gore, Alex de la Iglesia nous prouve qu’il n’a rien perdu de son mordant. Mais ça, on n’en doutait pas une seconde !


Critique de A Sad Trumpet Ballad - Un clown triste mais réjouissant
Par : Quentin Meignant
Tags : BIFFF 2011

Présenté lors de la séance d’ouverture du BIFFF 2011 après un passage très remarqué à la Mostra de Venise, A sad trumpet ballad n’est autre que la dernière création de l’un des enfants chéris du public bruxellois, fidèle parmi les fidèles, Alex de la Iglesia. Après avoir évolué dans un registre très sérieux en 2008 avec son fabuleux Crimes à Oxford, le cinéaste ibère revient avec une œuvre se présentant comme plus primesautière et débridée. A sad trumpet ballad se présente comme une farce tragique où, en Espagne, pendant la guerre civile, un clown est contraint de combattre avec l’armée. Emprisonné puis tué, il laisse un fils, Javier. Celui-ci devient à son tour clown dans les années 70. Un clown triste. Il est alors embauché dans un cirque où il tombe amoureux de la compagne de son chef. Une sombre rivalité s’installe alors entre les deux hommes.

Débutant comme une fable historique, A sad trumpet ballad prend à revers le traitement habituel du clown dans les œuvres fantastiques. Certes, au bout d’un certain moment, l’amuseur public se retrouve armé d’une machette et décime les troupes franquistes à grands coups d’effets sanguinolents, mais de la Iglesia prend tout de même soin de faire conserver un aspect particulièrement humain à ses personnages. Proche du drame pur et dur dans sa première partie malgré quelques séquences plutôt amusantes, A sad trumpet ballad prend réellement son essence lorsque Javier devient adulte et trouve de l’embauche comme clown triste dans un cirque au bord de la faillite.

Procédant à la présentation de personnages hauts en couleurs, Alex de la Iglesia retrouve en quelques instants toute la verve humoristique qu’on lui connaît, enchaînant les gags de fort belle manière tout en disposant les jalons émotionnels de l’infernal trio amoureux. Car c’est bien de cela que traite avant tout A sad trumpet ballad : d’une romance tellement compliquée qu’elle s’approche de la culture sado-maso. A ce titre, de la Iglesia n’a pas son pareil pour mettre en valeur les généreuses courbes de son actrice d’épouse, Carolina Bang, qui, pour l’occasion, trouve un rôle qui lui sied fort bien. Enchaînant les péripéties à très grande vitesse, le cinéaste transforme ses personnages tant au niveau physique (ce qui donne lieu à une séquence particulièrement éprouvantes d’auto-mutilation) que psychologique de manière à ce que le bien et le mal ne fassent plus qu’un. Totalement réjouissant dans sa seconde partie, parsemé de gags réellement aboutis, A sad trumpet ballad souffre dans son final de l’application totalement inutile et moins travaillée de CGI un peu trop présents.

Hormis ce petit défaut visuel, Alex de la Iglesia prouve une nouvelle fois qu’il est au sommet, renouant de fort belle manière avec l’univers de la comédie déjantée. Aussi puissant que la plupart de ses œuvres, A sad trumpet ballad peut s’appuyer sur le génie du cinéaste ibère et sur la prestation d’une Carolina Bang plus en forme que jamais.


Commentaires sur le film

3 etoiles

Le retour d’un de la Iglesia déjanté qui s’embourbe parfois dans l’excès.

6 août 2011 à 21:08 | Par Damien Taymans

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