Critiques/Analyses

Santa Clarita Diet - Saison 2 (2018)

1er mai 2018 | Par : Jonathan Chevrier

Comme à une époque pas si lointaine (et finalement loin d’être révolue), où les vampires faisaient leur loi autant sur le petit que sur le grand écran, les zombies sont désormais devenus phénomène de mode (un peu déclinant, il est vrai) à décliner à toutes les sauces possibles, même les plus indigestes (Z Nation).
Pas avare en propositions aussi singulières qu’alléchantes sur le papier, la vénérée plateforme Netflix se devait elle aussi de se lancer dans l’arène avec son propre show zombiesque franchement barré : Santa Clarita Diet, dominé par le mésestimé Timothy Olyphant et la craquante Drew Barrymore. Mélange savoureusement hybride entre la sitcom volontairement loufoque et le soap romantico-gore singeant jouissivement Desperate Housewives (jusque dans la présence au casting, de Ricardo " Carlos Solis " Chavira), le show se posait comme une jolie comédie burlesque aussi surprenante que sensiblement prenante, qui vise d’autant plus juste quand celle-ci assume pleinement sa singularité - notamment dans ses " quêtes de chair fraîches " (les voisins loufoques en gros) façon Dexter, en mille fois plus absurde.

Attachante satire de l’American Way of Life qui en garde encore un chouïa trop sous le pied pour incarner une référence du genre - contrairement à Weeds -, plus Death Valley et Fido que The Walking Dead, joliment fun mais pas dénuée de quelques défauts assez dommageables sur la durée (le ton et le rythme irrégulier en tête, la maladie des shows Netflix au nombre d’épisodes beaucoup trop conséquents), la première saison arrivait in fine à trouver son rythme de croisière, suffisant pour nous faire attendre avec une impatience non feinte cette seconde salve d’épisodes (et encore plus vu le méchant cliffhanger qui laissait clairement sur notre faim).

Bonne nouvelle, gommant toutes - ou presque - ses lacunes passées, cette seconde saison, bien plus féroce et corrosive, catapulte la pauvre famille Hammond (aux liens encore plus solides et touchants) au rang de famille Adams 2.0, perdue au beau milieu d’un océan de défis à la fois sanglants et hilarants. Vraie série comico-horrifique comme on n’en voit que trop rarement, Santa Clarita Diet cultive le malaise dans nombre de ses situations rocambolesques tout en élargissant le champ de vision de ces dix nouveaux épisodes autant scénaristiquement parlant (de nouveaux personnages, quelques révélations sur l’infection qui a frappé Sheila, et qui pourrait bien menacer le monde,...) que d’un point de vue thématique, les showrunners usant habilement de l’horreur et du surnaturel pour traiter de problèmes de la vie réelle.

Encore plus à l’aise ensemble que lors de la première saison, le couple Barrymore/Olyphant, mis à l’épreuve comme jamais (l’amour est donc plus fort que le cannibalisme, et le personnage de Joel est admirable dans sa manière de vouloir garder sa famille entière coûte que coûte malgré son immense dilemme moral), est toujours autant l’atout phare du show, le couple sublimant le spectacle humoristique de cette seconde saison, assumant pleinement autant son penchant pour le mauvais goût que le gore extrême.

Plus légère, au coeur gros comme ça et définitivement plus addictive, la saison deux de Santa Clarita Diet est un pur délice, un sommet de séance de binge watching burlesque qui se consomme sans accroc. Vivement la troisième saison, mais vivement...

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