Critique de film

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Septième sceau (Le)

"Det Sjunde Inseglet"
affiche du film

De retour des croisades, le chevalier Antonius Blok rencontre la Mort sur son chemin. Il lui demande un délai et propose une partie d'échecs. Dans le même temps, il rencontre le bateleur Jof et sa famille. Jof a vu la vierge Marie. Un des films qui fit découvrir le cinéma suédois et qui contribua à la grande notoriété de Bergman.

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Les critiques à propos de ce film

Le Septième Sceau - Dieu serait-il une couille molle ?
Par : Wizzdumb

Avant de rentrer dans le vif du sujet, coupons court à toute apologie purement complaisante : Bergman est un has been, peu importe ce qu’en disent les défenseurs du temple cinéphilique qui ont dressé un autel en l’honneur du cinéaste suédois. À force d’oublier de faire les poussières de temps en temps, nos chers critiques dithyrambiques ne chérissent plus que le vague souvenir qu’ils ont de l’œuvre et non celle-ci en tant que telle, réduisant leur objectivité à une lubie de païen devant un Veau d’Or peu crédible.

Prix du Jury à Cannes en 1957, Le Septième Sceau est l’exemple d’un film qui n’a pas su vieillir convenablement, engoncé dans son emphase théâtrale, pris au piège d’une désuétude criante. Inspiré des films de Kurosawa et d’une peinture d’Albertus Pictor (La mort jouant aux échecs, titre de la toile en question), Bergman y pose de nouveau les jalons de son obsession récurrente : Dieu, la vie, la mort,… bref la sacro-sainte trinité de tout bon existentialiste de comptoir. Non pas que la démarche soit ridicule, loin de là, mais en abordant cette métaphysique ampoulée de front, Bergman se perd dans une candeur qui – plus de cinquante ans plus tard – confine à la niaiserie.
Ainsi donc, le chevalier Antonius Block (un jeune Max Von Sydow qui fait méchamment penser à l’ancêtre du Replicant de Blade Runner) revient des Croisades avec son écuyer (Gunnar Björnstrand, fidèle de Bergman), rencontre la Mort (Bengt Ekerot) et lui propose une partie d’échecs avant l’aller simple vers l’au-delà car notre vaillant guerrier à un tas de questions qui restent sans réponse. Et l’interrogation qui tutoie son Top of the Charts perso depuis belle lurette reste la sempiternelle existence (ou non) du barbu céleste. Les diverses options sont personnifiées par son entourage : Jöns, son écuyer, ne jure que par le néant absolu (serait-ce une mise en abyme, Ingmar ?). Mia et Jof (devenus Mary et Joseph dans la version anglo-saxonne. Attention, un indice subtil vient d’être glissé), ménestrels bienheureux, symbolisent l’espoir en se contentant de l’humilité de l’Homme face à l’Infini.

En gros, cessons de nous torturer l’esprit avec des questions qui ne trouveront jamais de réponse et vivons heureux en débitant des âneries du genre : « Je préfère l’été à l’hiver parce qu’il fait plus chaud ». Ou encore la sorcière qui a vu le diable sans pouvoir dire où et quand (bordel, c’est simple comme question, non ?). Résultat : cette bougresse qui a le diable au corps aura le feu aux miches puisqu’elle terminera sur le bûcher…

Le fait de situer l’(in)action de son film à une période charnière de l’Eglise (fin des Croisades, début de la Peste Noire) ne fait que surligner le propos de Bergman avec la lourdeur d’un Stabilo Boss fluo enfoncé dans la rétine d’un malvoyant : démission du Tout Puissant face aux malheurs qui s’abattent sur ses fidèles, attitude coercitive et radicale d’une Eglise en chute libre dans les sondages moyenâgeux, autant d’événements qui mènent à un point d’orgue, la remise en question du mandat divin. Le message est passé ?

Il n’empêche, le symbolisme qui entoure le film comme un papier cadeau flétri a les qualités de ses défauts : quelques rares scènes (la procession sur le Dies Irae ou la Danse Macabre, pour ne citer qu’elles) s’incrustent définitivement dans la rétine du spectateur, et la partie d’échecs avec la Mort est désormais devenue culte, faisant l’objet d’un nombre incalculable de parodies (de Woody Allen à John Mc Tiernan, en passant par l’obscur mais incroyablement alléchant court-métrage de Laure K. – Le Septième Sot – qui relate l’histoire d’un soldat en train de méditer face à un ballon de foot et qui propose à la Mort une séance de tirs au but avant de mourir).

Chef d’œuvre éphémère, Le Septième Sceau a dépassé depuis longtemps sa date de péremption. Un demi-siècle plus tard, sa relecture met surtout en lumière ses scories, sa naïveté métaphysique et la posture incroyablement guindée des acteurs qui trahit chez Bergman son héritage des planches. Malgré certaines scènes qui relèvent de tableaux symboliques extrêmement puissants, le film montre vite ses limites : à savoir qu’il ne faut pas remplir le septième seau avec l’eau delà pour subir la douche froide. Les premières gouttes suffisent amplement…


Commentaires sur le film

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Pinaise Wizzdumb, une seule étoile pour ce classique parmi les classiques ?! Quelle hérésie !
Le film paraît peut être hermétique par son côté théâtral, et aussi parfois long, mais sa noirceur imparable contrebalancée par des moments qui sont juste beaux (la vie, quoi, tout simplement !) ne cessent de charmer je trouve. Et puis merde, ça reste diablement maîtrisé à la mise en scène et très bien interprété...et la tronche de Bengt Ekerot pour représenter la Mort, brrrr...
Une œuvre absolument pas périmée pour ma part ! Après je ne sais pas quelles sont les conditions de visionnement mais si ça a été visionné sur un écran d’ordi, l’effet n’est pas le même que sur un écran digne de ce nom.

24 mai 2012 à 15:05 | Par Winslow Leach
sceau

0 etoiles

bien d’accord avec votre critique qui va à contre-courant des avis institués : le septième sceau à vraiment mal vieilli , déjà dan sles années 80 quand je l’ai vu pour la première fois, je l’avais pensé...

accessoires : seau pour sauna en cuivre
11 octobre 2012 à 18:10 | Par Vita
Une oeuvre sur la vie et la mort

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Une histoire incroyable des dialogues sublimes, des décors effrayants et sombres. Une réalisation excellente une succession de plans tous plus phénoménaux les uns que les autres. Des acteurs possédés par leurs personnages, une réflexion sur le sens de la vie et la mort. Un tout grand classique.

28 décembre 2012 à 13:12 | Par AnarchYgor

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