Critique de film

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Sharknado 2: The Second One

"Sharknado 2: The Second One"
affiche du film

L'invasion des requins continue et frappe New York après un dérèglement climatique.

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Trailer - Sharknado 2 : The Second One (2014)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Sharknado 2 - Shark Attack
Par : Seb Lecocq

Soyons sérieux deux minutes. Sharknado II a été, le jour de sa diffusion sur SyFy, le sujet vedette du site spécialisé en gazouillis de 140 caractères en étant à la base de plus d’un demi-million de messages, souvent ironiquement tendance ou carrément moqueurs.. Toutes ces personnes qui commentent ou se moquent de Sharknado 2 sur ces satanés réseaux sociaux n’ont rien compris au cinéma. Mais ce n’est pas grave, puisque tout le monde en parle, il faut en parler. Absolument. Tous ces gens prêts à commenter tout et n’importe quoi ont oublié, ou plus probablement n’ont-ils jamais su, que le cinéma est, depuis ses origines, un art forain. Une attraction de foire au même titre que les montreurs d’ours, la femme à barbe ou le chamboule-tout. Les premières séances de cinéma, les premiers films étaient montrés dans des fêtes foraines itinérantes dans le but de divertir les curieux.

Bien entendu, depuis le cinéma a évolué et a été érigé au rang d’art à part entière, certains films sont devenus, dans le panthéon artistique mondial, l’égal des plus grandes œuvres picturales ou littéraires de l’histoire mais à l’origine, tout ce tintouin n’est que pur divertissement. Donner au public ce qu’il veut voir. Lui en donner pour son argent mais avec toujours ce petit côté bonimenteur. C’est ce qu’ont parfaitement compris les personnes derrières Asylum Films qui renoue avec cette dimension populaire et foraine du cinéma. D’ailleurs, bien souvent, leurs films possèdent un fort goût d’arnaque. Mais ce n’est pas le cas ici car, cette fois et contrairement au premier Sharknado, ce « Second One » tient toutes ses promesses et gave le spectateur de n’importe quoi, d’invraisemblances scénaristiques, de comédiens has been, de violence cartoonesque, d’effets spéciaux répugnants et évidemment, de requins, de requins et encore de requins.

Fini le sérieux, place aux requins maintenant. Dans cette suite, ils sont en nombre et ne perdent pas de temps en atermoiements inutiles. L’avantage d’une suite directe est qu’on ne se sent pas obligé de se perdre dans une longue exposition. Les protagonistes sont connus des spectateurs, on peut donc les jeter dans le grand bain dès les premières minutes. A bord d’un avion reliant Los Angeles à New-York, April Wexler et Fin Shepard se retrouvent de nouveau aux prises avec des requins pris dans une tornade qui, bien évidemment, vont venir attaquer l’avion et dévorer le pilote. Mais quand on est un héros comme Fin, poser un Boeing sans aucune formation de pilote n’est pas un problème. Anthony C. Ferrante et son scénariste (un bien grand mot) Thunder Levin ont fait leur la formule du « plus c’est con, plus c’est bon ». En effet, Sharknado 2 n’est qu’une succession pratiquement ininterrompue de scènes plus improbables les unes que les autres ponctuées d’hommages plus qu’appuyés à certains grands classiques du cinéma de genre tels que le premier Indiana Jones, Evil Dead III, figure référente de l’ensemble du métrage ou le Frankenstein de James Whale. Oui, il faut voir ces New-yorkais braillards armés de fourches, d’épées ou de tronçonneuses marcher en rangs serrés en direction des vilains requins qui tombent du ciel, pour le croire.

Bien évidemment la réussite de Sharknado 2 : The Second One ne tient pas dans son scénario. Ni dans sa mise en scène inexistante. Ni dans ses immondes effets spéciaux à peine digne d’un étudiant en première année d’infographie. Ni dans ses comédiens, encore que ceux-ci apportent un vrai plus au bazar. Ian Ziering ne se départit jamais de son premier degré et de son sérieux, Tara Reid se demande bien ce qu’elle est venue faire dans cette galère et Vivica A. Fox semble chercher son semblant de carrière. Et je ne parle pas de la pléthore de guests qui pullulent tout au long de l’heure et demie que dure Sharknado 2. Les énumérer tous serait fastidieux mais citons tout de même Kurt Angle, Andy Dick ou Kelly Osborne. Mais alors qu’est-ce qui fait la gloire de cette œuvre que j’aurais la décence de ne pas appeler « film » ? Son jusqu’au-boutisme, son envie de donner aux spectateurs ce qu’ils sont venus chercher et son esprit no limit qui en font un incroyable ride, une attraction visuelle qui regorge de moments tellement fous qu’on peine à croire ce qu’on voit sur l’écran. Les attaques sont nombreuses, les scènes d’action aussi et les meurtres de squales se comptent par dizaines. L’ensemble emballé avec un manque d’ambitions artistiques qui touche au génie et fait de cette étrangeté visuelle une œuvre d’avant-garde, abstraite presque post-moderne par moment. Vous savez comme cette étrange sensation qui nous assaille lorsqu’on tombe sur une exposition d’artistes contemporains ou une représentation de théâtre d’avant-garde. Et bien ici c’est la même chose. On ne comprend pas tout ce qui se passe mais on se laisse bercer par ce flot d’images dont la folie n’a d’égale que la laideur.

Ian Ziering qui transperce un requin à l’aide d’une tronçonneuse. Cette ancienne gloire du base-ball qui réussit le Home Run de sa vie sur un requin. La tête de la statue de la Liberté qui dévale les rues de New-York comme un vulgaire fétu de paille. Ou encore ces commentaires de journaliste qui, le plus sérieusement du monde, analysent et étudient le phénomène des Sharknado. Il y a tellement de passages épiques dans le whatzefuck qu’on en frôle l’indigestion. On pense avoir tout vu mais la séquence suivante parvient à nous surprendre.

En fin de compte, Sharknado 2 est trop fou que pour être appréhendé par la lecture de n’importe quelle critique. Il faut simplement s’asseoir avec une bande d’amis cinéphiles de l’extrême, le regarder et savourer. Sharknado 2 s’impose comme l’une des toutes meilleures, si pas la meilleure des productions The Asylum. Un ride fabriqué, imaginé et mis en chantier par des personnes manifestement sous l’influence de substances interdites par la loi. Un vrai plaisir de cinéphile déviant, de bisseux, de zedard. Un phénomène de foire dont la seule ambition est de divertir et de rapporter de l’argent en profitant de la crédulité du chaland. Mais ça fonctionne, on prend un vrai plaisir devant ce spectacle décérébré et décérébrant. Et comme on en redemande, la production vient d’annoncer la sortie du troisième volet pour l‘année prochaine. On a hâte. Oh oui ! on a hâte.


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