Critique de film

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Sharktopus

"Sharktopus"
affiche du film

La marine américaine, qui connaît de nombreux problèmes avec les bateaux pirates qui écument les eaux près de la Somalie, décide d'engager un groupe de scientifiques afin de réfléchir à un moyen d'endiguer cette menace. Les généticiens de Blue Water mettent au point une nouvelle espèce, un hybride mi-requin mi-pieuvre, qui combine les avantages et les forces de chacune des espèces. Mais l'expérience tourne mal...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Sharktopus - les tentacules de la mer
Par : Fred Pizzoferrato

Sharktopus apporte une nouvelle fois la preuve que les bonnes ( ?) idées ne se perdent jamais. Ainsi, Roger Corman recycle, en 2010, les bases d’une série Z italienne oubliée des années 80 (Apocalypse dans l’océan rouge) et propose son propre hybride de squale et de pieuvre géante dévoreur de baigneuses. Le résultat, filmé n’importe comment et avec un budget de misère pour la chaine télévisée SyFy, s’avère à la fois affligeant et divertissant, à l’image des nombreux titres similaires sortis ces dernières années, de Mega Piranha à Dinocroc.

Sans surprise, l’intrigue de Sharktopus ressemble à celle d’une bonne dizaine de « sharkploitation » antérieures produites suite au succès du très réussi Peur Bleue qui avait relancé le genre à la fin des années 90. L’armée américaine tente, une fois de plus, de créer une nouvelle arme parfaite, destinée, cette fois, à lutter contre les pirates qui infestent les eaux somalienes. Une poignée de scientifiques bien givrés du bocal confectionnent donc une créature composite, mi-requin, mi-pieuvre (sic !) capable d’exterminer les contrebandiers. Malheureusement, au cours d’un exercice, le monstre marin est heurté par un bateau et le collier truffé d’électronique qui permettait de le contrôler est détruit. Le « sharktopus », libéré, commence un carnage…

Dominé depuis une dizaine d’années par les productions The Asylum qui rivalisent souvent de folie furieuse (Mega Piranha ou Mega Shark vs Giant Octopus vont ainsi très loin dans l’absurde), le marché de « l’agression animale » ne pouvait échapper plus longtemps à Roger Corman qui livra jadis quelques fleurons comme Piranhas ou Les Monstres de la mer. Le vieux grippe-sou revient donc aux affaires au milieu des années 2000 par l’intermédiaire de sa nouvelle société et, généralement, en partenariat avec la chaine câblée SyFy.

En quelques années, le rusé octogénaire balance ainsi sur les petits écrans du monde entier les improbables Dinoshark, Dinocroc Vs Supergator, Camel Spiders, etc. Des séries Z aux scénarios interchangeables et aux effets spéciaux bâclés dans lesquelles viennent cachetonner quelques vieilles gloires comme David Carradine ou Kelly McGillis aux côtés de bimbos siliconées au string agressif. Un érotisme discret, du gore bon enfant et un humour plus ou moins volontaire assurent le succès auprès des adolescents de ses petites bandes fauchées échouant rapidement dans les bacs à soldes des magasins de seconde main.

Avec Sharktopus, Corman tente de battre les concurrents de The Asylum sur leur propre terrain, celui du monstre marin risible et des outrances en tous genres. Malheureusement, l’histoire, certes débile et convenue, se refuse à franchir certaines limites et garde un minium de réalisme (enfin, tout est relatif, bien sûr), ce qui empêche Sharktopus de se vautrer totalement dans la parodie. Seule la créature hybride, franchement grotesque et mal animée par des effets spéciaux médiocres, apporte une certaine originalité à un produit sinon fort routinier en dépit de son côté humoristique plus ou moins assumé.

Dans le rôle principal, Sharktopus se paye la présence de l’éternel has-been Eric Roberts, actif depuis le milieu des seventies mais réellement découvert au début des années ’90 via des classiques de vidéo club comme la saga Best of the Best. Depuis, le grand frère de Julia est devenu un véritable mercenaire de la série B et un incroyable marathonien des génériques puisqu’il est apparu, en 2012, dans plus de deux cents long-métrages dont, quand même, quelques gros succès de ces dernières années comme The Dark Knight ! Ici, Roberts court clairement le cachet et se contente du service minimum dans son rôle de méchant odieux et calculateur. Tous les personnages sont, de toutes manières, caricaturaux et largement chargés, à commencer par l’inévitable et imbuvable journaliste télé arriviste en quête d’un scoop à tout prix et qui constitue, à elle-seule, un ramassis des pires clichés vus dans la série B.

Heureusement, les attaques sont nombreuses et variées, la plus amusante étant celle d’une gonzesse, adepte du saut à l’élastique, croquée en plein « vol » par le monstre marin qui la cueille d’une seule bouchée. Hélas, téléfilm oblige, les demoiselles, pourtant mignonnes, ne tombent jamais le soutif et aucune poitrine dévoilée ne viendra enchanter l’œil humide des érotomanes. Les maniaques du gore seront, pour leur part, un poil mieux lotis avec de nombreuses effusions sanglantes même si Sharktopus reste, là-aussi, relativement timide.

En dépit d’un scénario affligeant de crétinerie, d’acteurs calamiteux, de personnages stéréotypés, d’effets spéciaux ratés et d’une réalisation purement fonctionnelle, Sharktopus demeure un petit divertissement acceptable. Les nombreuses jeunes filles en bikini dévorées par le monstre assurent l’essentiel et permettent à l’amateur de « pop-corn movies » ringards de s’amuser même si, bien sûr, le film se situe cent coudées en dessous de l’excellent Piranha 3D d’Alexandre Aja.


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