Critique de film

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Slice

"Cheun"
affiche du film

Un serial killer laisse derrière lui des cadavres soigneusement découpés en petits morceaux. La police nâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Slice - Killing night lights
Par : Alan Deprez

Un idéal de thriller asiatique (thaï), oppressant, crépusculaire et techniquement au top (sublime direction photo). Le métrage de Kongkiat Khomsiri se hisse sans problèmes au niveau des meilleures bandes coréennes, flirtant avec l’excellence de Bong Joon-ho (Memories of Murder) ou encore Na Hong-jin (The Chaser). Un des meilleurs films présentés au BIFFF cette année.

Réalisé par Kongkiat Khomsiri sur un scénario de Wisit Sasanatieng (réalisateur du très pop et coloré Tears of the Black Tiger), Slice déroule son intrigue tortueuse et retorse à travers les artères d’une grande ville thaï, via des prises de vue nocturnes (essentiellement), mais aussi par de récurrents flash-back en milieu rural.

C’est d’ailleurs là que réside une des qualités les plus évidentes du métrage ; ce somptueux travail sur la lumière (issu de la collaboration de Khomsiri, qui occupe aussi le poste de co-directeur photo, et du chef-opérateur Thanachart Boonla), cette façon de capter le « pouls » (la respiration) d’une grande ville la nuit, avec force lumières artificielles et néons colorés, rappelant les meilleures œuvres récentes de Michael Mann (Collateral, Miami Vice), avec une sensibilité typiquement thaï. Une direction photo qui se fait plus « naturaliste », apaisée et moins contrastée lors des séquences à la campagne relatant le passé des personnages principaux. Un travail d’orfèvre ! Les américains ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, achetant directement les droits du film pour un éventuel remake.

L’autre point fort du film est son scénario, parfaitement structuré, qui emmène le spectateur vers une conclusion inattendue qui, alors que l’on aurait pu s’attendre à un climax tendu à l’extrême, fait basculer le film vers le drame, ralentissant le rythme pour se poser lors de derniers instants « intimistes ». Slice se permet aussi un twist final étonnant, rempli d’ambiguïté et qui incite le spectateur à réévaluer la totalité du métrage à l’aune de celui-ci.

Mais Khomsiri ne serait rien sans la force d’incarnation de ses interprètes (Arak Amornsupasiri et Jessica Pasaphan en tête), au jeu brut et réaliste, qui épouse idéalement la trajectoire de Tai, prisonnier (ancien flic) remis en liberté pour traquer un serial-killer et forcé de se replonger dans les méandres de son passé…

Khomsiri nous offre donc une œuvre intense, habitée, aussi à l’aise dans le thriller tendu comme un arc que dans le drame, au montage parfait et aux mouvements de caméra opératiques du plus bel effet. Une (sur)stylisation assumée et qui ne nuit jamais à la narration ; le fond se mêlant complètement à la forme, pour une immersion intense dans les plus bas instincts de l’âme humaine, une intelligente réflexion sur les actes de chacun et leurs conséquences. Chef d’œuvre total !


Critique de Slice - Génie pur et simple
Par : Quentin Meignant

Véritable eldorado du nouveau cinéma de genre asiatique, la Thaïlande s’est distinguée ces dernières années comme étant l’une des seules contrées encore florissante et inventive au niveau filmique. Avec les deux fers de lance que sont Banjong Pisanthanakun et Parkpoom Wongpoom, le cinéma national a encore de beaux jours devant lui, d’autant qu’une foule de jeunes cinéastes se précipite dans leur sillage. Parmi ceux-ci, Kongkiat Khomsiri a déjà œuvré sur nombre de bandes fantastiques, en tant que réal et scénariste, et fait donc office de véritable révélation, notamment grâce à son petit dernier, Slice, qui fut présenté lors du BIFFF 2010. Le métrage suit un serial killer effrayant qui laisse derrière lui des cadavres soigneusement découpés en petits morceaux. La police impuissante fait appel à Tai, un ancien tueur actuellement en prison, pour les aider à débusquer le meurtrier, sans vraiment y croire. Mais l’une des victimes d’avère être le fils d’un membre du gouvernement. L’enquête prend alors le pas sur toutes les autres avec un seul mot d’ordre, arrêter le serial killer par tous les moyens. Tai a 15 jours pour y arriver, il exige sa liberté en échange mais subit la pression des autorités qui retienne sa femme en otage tant que l’affaire n’est pas bouclée…

Edité en DVD du côté de chez Wild Side et d’ores et déjà programmé pour un remake à l’américaine (les ricains se sont véritablement jetés sur les droits de l’œuvre), Slice capte l’attention du spectateur dès les premières secondes par l’entremise d’une photo particulièrement travaillée, rappelant, dans ses séquences nocturnes et urbaines, certaines séquences deVinyan se déroulant dans les mêmes conditions. Travaillant comme un véritable orfèvre, Khomsiri parvient sans souci à rendre acceptable un mélange d’action et de flash-backs entremêlés de bien curieuse manière.

La complexité du récit servant au développement de l’intrigue, Slice s’offre telle une bande retorse, bien aidée par une tension omniprésente, preuve de la qualité d’un climax d’exception. C’est d’ailleurs celui-ci qui permet à Khomsiri et à son scénariste, Wisit Sasanatieng, de se livrer à un twist final ébouriffant qui, tout en délicatesse, rend l’ensemble excessivement émouvant. D’une finesse toute thaïlandaise, le métrage bascule vers le mélodrame de manière habile et heurtante sans jamais tomber dans le piège d’une dramatisation accrue. A ce titre, le jeu d’Arak Amornsupasiri revêt une importance capitale et permet à l’œuvre d’acquérir la dimension voulue.

Véritable pépite du cinéma de genre asiatique, Slice constitue à l’heure actuelle l’œuvre la plus fine jamais livrée par la Thaïlande dans le domaine. Avec génie, Kongkiat Khomsiri parvient à allier le fond et la forme pour donner naissance à un ensemble plein et émouvant qui fera date dans l’histoire du d’habitude (trop) conventionnel twist final.


Commentaires sur le film

Vraiment étonnant...

0 etoiles

J’en sors juste, et j’en suis encore assez retourné. A la moitié du film, je ne voyais vraiment pas ce qui vous avait inspiré ces critiques plus qu’élogieuses, mais lorsqu’on s’y laisse prendre, bien aidé par ce final, il n’y a pas photo : ce film est un petit bijou, comparable dans l’effet ressenti à Deux Soeurs ou L’Orphelinat (qui sont davantage du domaine de l’horreur, d’accord), mais qui laisse également des pistes de réflexion intéressantes. Une oeuvre puissante, bien aidée par une photographie somptueuse.
Et là, je me rends compte que j’ai principalement redit tout ce que vous aviez déjà dit, ce qui mérite un autre compliment sur la qualité de vos chroniques !

21 août 2010 à 03:08 | Par Clément

4 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Tout est dit !!

1er mars 2013 à 18:03 | Par BBQ13

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