Critique de film

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Smash cut

"Smash cut"
affiche du film

Able Whitman est un célèbre réalisateur de "Grindhouse". Il a déjà vu des jours meilleurs et les temps sont difficiles pour ce cinéaste se débattant pour faire sa marque dans le cinéma indépendant. Le public est las, les financiers prennent de moins en moins de risques et tourner coûte plus cher que jamais, même pour les plus débrouillards. Lorsque le peu d'admirateurs qu'il lui reste critique les effets bon marché de sa dernière production, il pète un plomb. Ã

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Smash cut - La dernière séance
Par : Chroniqueurs

Par Caligari

Il y a huit ans, le tandem Lee Demarbre/Ian Driscoll livrait Jesus Christ Vampire Hunter, véritable ovni dont le titre seul sentait bon la blague de potache provocateur. Après avoir donné un troisième volet en forme de long métrage à leur série « Harry Knuckles », initiée par deux courts, les voici de retour avec Smash Cut, hommage réjouissant aux films de série Z, et en particulier ceux de Herschell Gordon Lewis (Blood Feast, 2000 Maniacs, The Wizard of Gore,…). Celui-ci apparaît d’ailleurs dans le film, qui lui est dédié.

Après une introduction en forme d’avertissement, débitée par Lewis « himself », le film s’ouvre sur une projection dans une salle obscure. Le film montré est une sorte de remake cheap de Chucky, avec un pantin en mousse dans le rôle du jouet psychopathe. Les spectateurs, atterrés, quittent la salle un à un. Une réplique cinglante résonne dans la salle presque vide - « Ce réalisateur ferait passer Ed Wood pour Orson Welles » - et les deux derniers intrépides spectateurs de l’innommable navet quittent les lieux non sans avoir croisé Abel Whitman, clown triste dépité par l’effet produit par son œuvre, qu’il a pourtant réalisée en y mettant tout son cœur. Le ton est donné.

S’ensuit l’inévitable scène de bourrage de gueule du réalisateur déchu, réalisant qu’il n’est qu’un raté. L’alcool aidant, l’artiste maudit sympathise avec une go go dancer aux formes avantageuses et lui promet de faire d’elle une star en la faisant tourner dans son prochain chef-d’œuvre. Ni une ni deux, les voici embarqués sur la route. Mais comme chacun sait, boire ou conduire…. Pauvre go go, la seule chose que Whitman aura fait d’elle, c’est de la chair à saucisse. Se retrouvant avec un joli cadavre sur les bras, Whitman a l’idée saugrenue de faire passer celui-ci pour un accessoire de cinéma. Et le voici en train de filmer la première scène de son prochain film avec la poupée dégonflée en toile de fond. Réalisant que les vrais corps, à l’écran, ça en jette plus que le ketchup et les faux yeux de la boutique de farces et attrapes du coin, voici Whitman embarqué dans une folie créatrice et destructrice à la fois. Le génie du cinoche n’a plus qu’une seule idée en tête : semer la mort autour de lui pour donner vie à une œuvre d’art.

Tout comme le personnage principal de son film, Lee Demarbre semble laisser libre cours à sa folie créatrice dans ce film atypique mais diablement sympathique. Multipliant les assauts gore plus drôles que flippants et créant des personnages hallucinants (comme le détective de pacotille Isaac Beaumonde, joué avec moult grimaces par Jesse Buck), le canadien n’oublie pas de soigner son cadre et son image cheap « seventies », dans laquelle se ressent l’influence du Death Proof de Tarantino. Outre Hershell Gordon Lewis, dont l’apparition ressemble à un passage de relais, Demarbre réunit un casting des plus hétéroclite. David Hess et Michael Berryman, ayant respectivement prêté leurs « gueules » à Wes Craven au cours des années 70, dans The Last House on the Left et The Hills Have Eyes, se livrent à un concours de cabotinage assez réjouissant. Quant à Sasha Gray, actrice de X de son état, elle se fait ici asperger… de sang.

Demarbre ne le cache pas, ses influences majeures se situent dans le cinéma d’exploitation des années 70. Si Smash Cut n’est à la base guère plus qu’un hommage appuyé à toute cette frange du cinéma, adulée par les uns et détestée par les autres, il n’en est pas moins également un véritable objet filmique, qui suscite même la réflexion sur ce qu’est un film et sur la façon d’aborder la création d’une œuvre. Demarbre ne fait pas d’Able Whitman son alter-ego mais porte au contraire sur lui un regard critique assez féroce. Tandis que ce réalisateur d’opérettes veut atteindre le sublime en approchant la réalité au plus près, Demarbre veut s’en éloigner le plus possible et montrer frontalement la facticité de ses effets.

Quand Whitman filme de vrais cadavres, du vrai sang, Demarbre, lui, filme des accessoires de cinéma qui sont montrés tels qu’ils sont, dans leur facticité la plus évidente. C’est comme si, en plein milieu d’un film hi-tech, le réalisateur faisait un arrêt sur image pour dire à son spectateur qu’il n’a pas vraiment fait exploser la maison blanche. Ici, l’aspect caricatural qu’il revêt (jusqu’au jeu grandguignolesque des acteurs) renvoie le film à ce qu’il est, selon Demarbre : un artifice.


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