Critique de film

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Soleil vert

"Soylent Green"
affiche du film

En 2022, les hommes ont epuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l'ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l'effroyable réalité de cette société inhumaine.

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Trailer - Soleil vert (1973)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Soleil vert - Lorsque la Terre sera épuisée
Par : Chroniqueurs

Par Samuel Bouchoms

En 2022, les hommes ont épuisé les ressources naturelles. Seul le soleil vert, sorte de pastille, parvient à nourrir une population miséreuse qui ne sait pas comment créer de tels aliments. Omniprésente et terriblement répressive, la police assure l’ordre. Accompagné de son fidèle ami, un policier va découvrir, au péril de sa vie, l’effroyable réalité de cette société inhumaine.

Film d’anticipation passé au rang d’œuvre-culte, Soleil Vert (Soylent Green en VO) compte parmi ces métrages qui placent l’humanité dans des situations extrêmes afin d’amener à réfléchir sur le mode de vie contemporain. Soylent Green dépeint un monde asphyxié par le smog, la surpopulation et l’épuisement des écosystèmes. Si la forme et une partie du fond sont datées, le message est plus que jamais d’actualité, à l’heure où les émissions des gaz à effet de serre repartent à la hausse et l’impact humain sur les écosystèmes naturels continue de les affaiblir. Le titre fait directement référence à un nouveau composé alimentaire « de luxe » car réalisé à partir de plancton. Sorte de tablette sans goût, à la texture douteuse qui ne procure aucun plaisir gustatif, il reflète quelque part le progrès froid imposé par la nécessité de nourrir les masses.

Soylent Green propose une histoire plutôt classique d’un film noir, mais placé dans un contexte tout à fait original. Le scénario, au demeurant bien fait, n’a d’autre sens que celui de décrire ce New-York caniculaire, baignant dans un nuage verdâtre et de montrer à quelles extrémités la société en est arrivée pour se maintenir.
Robert Thorn, un policier modèle incarné par le charismatique Charlton Heston, doit résoudre un meurtre crapuleux d’apparence mais dont les motifs profonds chambouleront sa conception du monde. Conception assez étriquée puisqu’il n’a connu que cet environnement apocalyptique, son seul lien avec le passé étant son ami Sol, vieillard paisible et éduqué qui a grandit lorsque la Terre avait encore une apparence naturelle. Ce duo nous vaut d’ailleurs une des séquences les plus poignantes du cinéma, où Sol, ayant appris la répugnante vérité se fait euthanasier au Foyer.

Derrière la vitre, Thorn découvre ce à quoi ressemblait le monde « avant », tout en voyant son ami mourir. Au-delà du film, Charlton Heston était le seul sur le plateau à savoir que Robinson était mourant, ce qui rend la scène encore plus forte a posteriori. Le choc est d’autant plus marquant que les images, a priori banales, prennent une dimension inédite car à force de voir New-York transformé en bidonville crasseux, baigné par du smog et où les manifestations sont réprimées au bulldozer-broyeur, le spectateur, comme Robert Thorn, oublie que le monde fut autrefois coloré et vivant. Comme le crie désespérément notre policier à la fin : « L’océan agonise, le plancton a cessé d’exister ».

La symbolique de cette scène est forte, l’homme a pillé tout ce qu’il avait à disposition. Et ce monde naturel de continuer à mourir avec ses témoins, laissant place à une société à l’agonie, prêtes à pratiquer les pires actions pour se maintenir (l’euthanasie à grande échelle, les bulldozer-broyeurs et la révélation finale...). Une société qui a oublié son passé pour vivre dans un présent miséreux dont elle se « contente », un présent sans éthique ni bonheur. D’autant que, comme dans le monde réel, la majorité de la population vit dans des conditions pour le moins difficiles, alors que les nantis ont accès à ce qui reste des produits « naturels » et de peur, se barricadent dans de véritables forteresses.

Il est également intéressant de replacer Soleil Vert dans le contexte de sa sortie, où l’explosion démographique est une menace pour l’ensemble de l’humanité. Le livre, écrit dans les années 1960, où le contrôle des naissances n’est qu’un futur très controversé. Le contexte est d’autant plus pertinent que la révolution verte – l’usage de la technologie pour augmenter les rendements agricoles grâce aux engrais, pesticides et variétés résistantes – n’en est qu’à ses balbutiements. De fait, le baby boom des pays industrialisés et la natalité haute dans les pays pauvres sont transposés dans le récit sous une forme Malthusienne, c’est-à-dire où la population croît plus vite que les ressources disponibles et où cette surpopulation est entraine la pauvreté.

Lorsque le film sort, près de dix ans plus tard, la conscience écologique a commencé à s’imposer, sous l’impulsion des mouvements hippies. La pollution est devient le centre des préoccupations, alors qu’apparaissent les premières interrogations sur les conséquences et l’utilité de la croissance économique. De surcroît, le choc pétrolier a fait réaliser que les ressources naturelles sont finies. D’où les thèmes liés à l’épuisement de ces ressources et à la surpopulation, auxquels viennent se greffer des « solutions » pour remédier à cette situation. Solution radicales s’il en est : euthanasie systématique des vieillards, tablettes sans goûts, bulldozer-tueurs de manifestants mais surtout le final abject, terrifiante perspective du recyclage mené à son extrémité la plus sordide (la réutilisation des cadavres humains pour alimenter la population) et la dissimulation du processus derrière une publicité qui vend le produit comme « élitiste ».

Au rang des défauts, on regrettera que le film ait vieilli sur la forme, ne portant néanmoins pas préjudice au réalisme, ainsi qu’une fin très abrupte, qui laisse cependant la liberté au spectateur d’interpréter ce qu’il se passera (bien que le contexte ne laisse guère de choix en réalité).

Au final, Soleil Vert reste un monument du cinéma d’anticipation. Il a certes vieilli, mais grâce à un bon scénario et d’excellents acteurs, il délivre une réflexion profonde, percutante et malheureusement toujours d’actualité, sur les excès de notre société de consommation. Rien que pour cela (et la poignante scène au Foyer), ce Soylent Green est à voir !


Commentaires sur le film

Un monument visionnaire, oui.

4 etoiles

Ce film compte parmi les métrages d’anticipations les plus visionnaires avec, entre autres, Rollerball (1975) et la Planète des Singes (1968)..

Un film qui a vieilli certes, mais qui a bien vieilli, et dont la dimension visionnaire est encore très inquiétante, surtout si on fait le recoupement avec les deux autres films.

13 décembre 2011 à 12:12 | Par Fred Bau
Le Soleil vert brille ?

3 etoiles

L’idée du film est excellente, l’atmosphère est grandiose. Malheureusement, il n’a pas très bien vieilli, l’année 2022 ressemble plutôt au début des années 80 (vêtements, technologie, ...). Les interprétations des acteurs ne sont pas exceptionnelles. Par contre la dernière demi-heure est vraiment passionnante enfin je pense que si quelqu’un se lançait dans un remake le résultat pourrait être superbe.

28 décembre 2012 à 19:12 | Par AnarchYgor

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