Critique de film

pub

Le Sous-sol de la peur

"The People Under the Stairs"
affiche du film

Fool vit dans le ghetto de Los Angeles. Lorsque sa famille est à bout de misère, il se laisse convaincre par deux de ses amis de cambrioler une maison où nul n'ose plus s'aventurer depuis des années. La nuit, des soupirs et des gémissements s'en échappent, et un couple démoniaque en garde l'entrée. Fool parvient à s'introduire dans la maison, où il va vivre la plus terrifiante des expériences.

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le sous-sol de la peur - Il était une fois le Bronx
Par : Damien Taymans

Fool vit dans les ghettos de Los Angeles. Alors que sa famille est sur le point de se faire expulser par des proprios un poil inhumains et que sa mère se meurt d’un cancer avancé, le petit mioche de 14 ans est embarqué dans une affaire de cambriolage risquée. Il accompagne deux cambrioleurs hors pair pour mettre la main sur la fortune des propriétaires de la baraque (qui possèdent pas moins de la majorité du quartier). A l’intérieur de la maison, Fool doit combattre le couple dérangé et leurs fils cannibales planqués dans le sous-sol…

Hormis le passionnant retour aux origines haïtiennes de son zombiesque Emprise des ténèbres, Wes Craven n’a pas réellement convaincu depuis la création du croque-mitaine Freddy Krueger. En guise d’excuse, avec le présent métrage, Craven revient vers ses premières amours horrifiques en réutilisant les éléments qui bâtirent sa réputation au début de sa carrière avec La colline a des yeux et La Dernière maison sur la gauche, ouvrant ainsi la voie à toute une nouvelle vague du cinéma d’horreur davantage orienté vers l’outrance sensorielle tout en restant dans le cadre de la suggestivité, à savoir la peinture d’une communauté de chtarbés qui se déchaîne sur de pauvres innocents. Empruntant quelques éléments au cultissime Massacre à la tronçonneuse hooperien, Craven reste dans ce concept en misant plus sur le hors-champ que sur la monstration. Préfigurant les films d’horreur ghettoïsés comme Candyman ou Bones, Le sous-sol de la peur trace la route d’un genre nouveau qui se pose comme porte-parole des populations méprisées au sein desquelles véhiculent toute une série de contes préfabriqués destinés autant à effrayer qu’à porter vers l’évasion de l’indigence quotidienne.

A travers cette faune hétéroclite des plus étranges (le père sadomaso, la mère hystérique et leurs rejetons zombiesques), Craven flingue à tout-va à l’encontre de la ségrégation raciale et sociale, du système capitaliste version Monopoly et même de la pédophilie (le père envers sa fille attachée) et du pouvoir d’hypnotisation de la télévision (les enfants affamés se sentent apaisés grâce à la télé). Puisant son imagerie morbide dans les fleurons du genre et dans les contes de fées (également destinés à effrayer, on l’oublie souvent), le réal livre une œuvre novatrice volontairement décalée. Ainsi, Craven emmagasine des séquences hors du commun, frôle le burlesque, taquine l’absurde, sans jamais sombrer dans la farce pitoyable. Se centrant sur son couple central (prestations énormes du tandem Everet McGill et Wendy Robie de Twin peaks), le métrage se confine dans une version second degré à mille lieues de l’embourbement réaliste des Invitation en enfer et autres L’amie mortelle qui plongeaient directement dans la faute de goût en exhibant une mise en scène radicalement opposée aux ambitions affichées. Car, si Craven opte pour une trame simpliste et une légèreté de ton, c’est pour mieux fustiger les anormalités sociales et leurs conséquences volontaires ou non (ce qu’est indéniablement le couple des parents). Distillée par le truchement d’un second degré ostentatoire, la critique n’en est que plus radicale et efficace.

Subversif à souhait, déplacé à outrance, le métrage de Wes Craven ne se limite pas à la catégorie rigolarde dans laquelle on l’a honteusement confiné. Posant les balises d’un nouveau genre, Le sous-sol de la peur est un essai réussi pour un réalisateur qui prouve une nouvelle fois qu’il mérite sa place au panthéon des masters of horror.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
Superlópez
2018
affiche du film
Quiet Comes the Dawn
2019
affiche du film
Brothers' Nest
2018
affiche du film
The Room
2019
affiche du film
Pokémon: Détective Pikachu
2019
affiche du film
Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile
2019
affiche du film
La Malédiction de la Dame blanche
2019
affiche du film
Avengers: Endgame
2019
affiche du film
Dragged Across Concrete
2018
affiche du film
Little Monsters
2019

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage