Critique de film

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Spectre du professeur Hichcock (Le)

"Lo Spettro"
affiche du film

Le professeur Hichcock, passionné de sciences occultes, vit dans une vieille maison isolée, en compagnie de sa jeune épouse, Margaret, et de sa gouvernante Catherine. Gravement malade et paralysé, il nécessite les soins constants de son confrère, le docteur Charles Livingstone, qui expérimente sur lui une nouvelle thérapie. Margaret est la maîtresse de Charles, et les deux amants n'attendent qu'une chose : la mort d'Hichcock...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le spectre du professeur Hichcock - Le bon travail du professeur Freda
Par : Fred Pizzoferrato

Grand cinéaste né en 1909 (et décédé en 1999), Riccardo Freda a tâté de nombreux genres du cinéma populaire au cours de sa riche carrière débutée au début des années ’40 et terminée près de cinquante plus tard par son éviction des plateaux de La fille de d’Artagnan. Freda se fait d’abord connaître dans le « cape et épée » (Le fils de D’Artagnan) ou le péplum (Spartacus, Theodora) avant de signer sa première œuvre fantastique en 1957 avec Les vampires, terminé par Mario Bava, puis Caltiki, le monstre immortel. Le cinéaste va par la suite enchaîner les divertissements populaires de qualité comme Le géant de Thessalie (une agréable adaptation de la légende de Jason et ses Argonautes), Sept épées pour un roi, Le géant à la cour de Kublai Khan ou Maciste en enfer. En 1962, il revient au fantastique via son chef d’œuvre, L’effroyable secret du docteur Hichcock, réalisé avec un budget minimal et tourné en une douzaine de jours dans un décor unique. La réussite artistique et commercial du métrage amène naturellement Freda à en proposer une fausse séquelle, ce Spectre du professeur Hichcock n’ayant en commun avec le premier film qu’un décor semblable, le patronyme référentiel du « héros » et la présence des actrices Barbara Steele et Harriet White. A noter qu’un métrage ultérieur de Fernando Di Leo, réalisé en 1971, fut artificiellement relié aux œuvres de Freda en étant rebaptisé, en France, Les insatisfaites poupées érotiques du docteur Hitchcock.

L’intrigue de ce Spectre du professeur Hitchcock se situe dans une vielle et imposante maison écossaise, propriété du professeur John Hichcock. Ce-dernier, paralysé et atteint d’une grave maladie, vit en compagnie de sa charmante épouse, Margaret et reçoit les soins nécessaire à sa survie par le brave docteur Charles Livingstone. Oui mais voilà, Margaret et Charles sont amants et attendent patiemment le trépas du professeur, lequel ne semble nullement décidé à mourir. Au contraire, son état s’améliore sensiblement, à la satisfaction de son ami le curé et de sa dévouée femme de chambre Catherine. Ne pouvant se résoudre à patienter davantage, Margaret oblige Charles à empoisonner son mari, ce qu’il finit par accepter. A la lecture du testament, par contre, Margaret apprend qu’une grande partie de la fortune du défunt est destinée aux bonnes œuvres du curé et la clé permettant d’ouvrir le coffre fort demeure introuvable. Catherine suggère qu’elle se trouve dans la veste mortuaire du professeur et Margaret et Charles déterrent sa dépouille, déjà horriblement décomposée par la maladie. A partir de ce moment la situation se dégrade entre les deux amants, d’autant que Margaret soupçonne Hichcock d’être revenu d’entre les morts pour se venger…

Ce second métrage de Freda consacré au docteur Hichcock s’avère une très agréable découverte dans le style gothique. Bien sûr, l’intrigue apparaît aujourd’hui relativement banale et prévisible. En effet, les multiples machinations et retournements de situations risquent de sembler à présent assez convenus, de nombreux films ayant utilisés avec plus ou moins de bonheur une formule similaire. Cependant le final, quoique fort attendu, n’en demeure pas moins efficace et bien amené, tout comme l’ultime twist macabre. Les interprètes, de leur côté, sont bien choisis et Barbara Steele illumine le métrage par sa beauté fascinante et perverse. La demoiselle manipule avec un rare machiavélisme son pauvre amant complètement dépassé par les événements et la spirale meurtrière dans laquelle il se trouve happé. Notons enfin une scène de meurtre allusive mais brutale où le sang recouvre l’écran en longues trainées écarlates.

La mise en scène de Freda utilise avec beaucoup de réussite les contraintes budgétaires pour proposer une ballade étouffante dans les intérieurs d’un lugubre château où se tisse les machinations des différents protagonistes. L’atmosphère ainsi créée, aidée par une musique adéquate, fonctionne parfaitement en dépit d’une certaine lenteur, laquelle pourra sans doute rebuter les amateurs contemporains d’une épouvante rapide et sanglante mais devrait encore charmer les nostalgiques du fantastique des sixties.

Dans l’ensemble Le spectre du professeur Hichcock constitue un agréable divertissement horrifique se suivant sans le moindre ennui et permettant aux spectateurs de passer un bon moment d’épouvante rétro.


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