Critique de film

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Super 8

"Super 8"
affiche du film

Un groupe d’enfants des années 1970 ou 1980 est en train de tourner un film amateur à l’aide d’une caméra Super 8. Mais lorsqu’ils développent leur film, ils remarquent qu’une créature alien se trouve dans l’un des plans...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Super 8 - Amblin revival
Par : Gilles Penso

Dès son titre, Super 8 annonce la couleur : nous allons voyager dans le temps. Effectivement, lorsque le logo d’Amblin emplit l’écran Cinémascope, soutenu par une partition emphatique et aérienne, nous voilà revenus au début des années 80, à l’époque où Steven Spielberg réalisait et produisait des contes pour adolescents emplis de monstres et de merveilles. La référence à l’époque glorieuse de Gremlins, Retour vers le Futur ou Le Secret de la Pyramide est pleinement assumée par J.J. Abrams, qui a grandi devant ces films bien avant de devenir l’instigateur des séries Alias et Lost, puis d’offrir un nouveau souffle aux sagas Mission Impossible et Star Trek.

Officiellement parrainé par le réalisateur d’E.T., il lui déclare ici son amour cinéphilique sans jamais tomber dans le travers de l’imitation servile ou du clin d’œil appuyé. Car Super 8 possède sa propre personnalité et puise de toute évidence une grande partie de son inspiration dans les souvenirs d’enfance du cinéaste. Nous sommes en 1979, à la fin de l’année scolaire, dans une bourgade tranquille de l’Ohio. Un petit groupe de teenagers, qui tourne un film d’horreur en super 8 sous l’influence du Zombie de George Romero, est témoin d’une catastrophe ferroviaire extrêmement spectaculaire. Suite à cet accident, les gens de la ville commencent à disparaître et les phénomènes étranges se multiplient. Tandis que l’armée commence à investir les lieux et que la police semble impuissante, nos jeunes héros semblent les seuls à pouvoir découvrir la vérité…

Si la plupart des figures imposées du genre semblent au rendez-vous, J.J. Abrams slalome habilement entre tous les clichés semés sur sa route, refusant l’archétype et la caricature (chers au très surestimé Les Goonies) au profit d’une construction dramatique solide et de protagonistes extrêmement touchants. Les séquences d’action ébouriffantes (le crash du train est un morceau d’anthologie qui fera probablement date) ne prennent donc jamais le pas sur les personnages, véhicules d’humour, de tendresse et d’émotion. Super 8 s’affirme du coup comme un véritable exercice d’équilibrisme, à mi-chemin entre la nostalgie sincère (ceux qui ont connu les joies et les frustrations des courts-métrages en 8 mm verront leurs souvenirs ravivés), la quête permanente d’originalité (le scénario ne cesse de nous mener par le bout du nez jusqu’à un climax de toute beauté) et l’hommage assumé au cinéma de Steven Spielberg, dont l’ombre omniprésente semble planer sur l’ensemble du métrage.

Tour à tour, Rencontres du Troisième Type, E.T., Les Dents de la Mer , Jurassic Park et même La Guerre des Mondes y trouvent des correspondances visuelles et thématiques, tandis que la somptueuse bande originale écrite par Michael Giacchino paie son tribut aux symphonies de John Williams. Pour autant, Abrams conserve le style qui lui est propre, tant dans l’écriture de ses dialogues que dans ses partis pris visuels (les fameux « lens flare » de Star Trek sont toujours de la partie). Voilà donc une œuvre en état de grâce, dont l’alchimie presque miraculeuse tient autant à ses auteurs qu’à sa magnifique brochette de jeunes comédiens rivalisant de justesse et de spontanéité.

Pour découvrir les critiques de Gilles Penso, cliquez ici


Critique de Super 8 - La nuit des enfants rois
Par : Seb Lecocq

Si J.J Abrams est bien maître d’une chose, c’est dans l’art de créer des concepts extrêmement porteurs et fédérateurs. Que ce soit pour la télévision avec les séries Lost et Alias ou au cinéma avec Cloverfield dont il est le producteur et avec ce Super 8. Mais il y a un deuxième domaine dans lequel J.J excelle. L’art de faire partir en eau de boudin ces concepts et de les exploiter de façon totalement superficielle. Super 8 nous en offre une nouvelle fois la preuve. J.J Abrams aurait dû faire de la publicité, pas du cinéma. Super 8, c’est quoi au final ? Ni plus ni moins qu’une production Amblin comme la boîte de tonton Spielby sait le faire. Sauf que… celle-ci est ratée sur bien des aspects.

Commençons par le positif, techniquement Super 8 tient la route, est correctement mis en scène et monté. Les quelques scènes d’action, dont le fameux accident de train, sont très convaincantes même si pas assez immersives. On notera néanmoins un emploi abusif des lens flares et du changement de point tout au long du film, histoire de faire plus cinégénique. Un détail en comparaison d’une technique irréprochable, comme la bande originale, très John Wlllismasienne. Côté traitement, en revanche, le film part en cacahuètes. Souvent présenté comme un « Goonies Vs E.T 2.0 », Super 8 échoue et ne tient pas la comparaison deux secondes face à ces deux œuvres majeures du cinéma adulte pour enfants. La grosse différence vient du fait que, contrairement aux mètres-étalons précités, Super 8 raconte une histoire d’enfants mais d’un point de vue d’adulte, là où Les Goonies par exemple était entièrement filmé à hauteur d’enfant en adoptant le point de vue d’enfants.

J.J. Abrams échoue à faire intervenir le merveilleux dans son film. Et quand il s’y adonne, c’est de manière trop mécanique. Par exemple, le film des enfants, est censé être le moteur de l’œuvre alors qu’il n’est dévoilé qu’à la moitié du métrage. Constats similaire pour le cube complètement sous-exploité. Il y avait d’énormes possibilités narratives à traiter avec ces deux objets mais Abrams n’en fait rien et se contente de raconter mollement la quête d’on ne sait pas trop quoi des enfants. Les enfants n’ont pas vraiment de moteur non plus. Pourquoi font-ils tout ça ? Pourquoi risquer sa vie ? Pour découvrir le secret caché par le professeur ? Une fois de plus, les enfants raisonnent comme des adultes. D’ailleurs, les scènes les plus réussies sont celles mettant en scène la relation entre Joe et Alice, car durant ces séquences de séduction, ces derniers se conduisent en enfants. La scène de maquillage en zombie est vraiment très jolie, on y voit poindre le potentiel de ce qu’aurait pu être le film.

Super 8, de par son absence de merveilleux et son traitement très aléatoire, voire la façon dont interagissent les enfants avec leurs parents ou les enfants entre eux, échoue à attirer le spectateur et on finit par suivre tout cela poliment mais sans s’impliquer dans cette histoire. Le monstre est lui aussi raté. Esthétiquement déjà. Et son rôle est totalement aléatoire et son incidence sur l’histoire réduite à peau de chagrin. On peut le remplacer par n’importe quoi, ce sera du pareil au même, il n’est pour rien dans l’implication des enfants dans l’histoire. Seulement voila, J.J. Abrams tente de nous le rendre sympathique et de susciter l’empathie à son encontre alors qu’il n’est jamais développé et qu’on ne nous le montre pas une fois de plein pied. Pour s’attacher à un alien, il faut le montrer dès le début et lui attribuer une part importante de l’histoire, comme dans E.T ou The Host. Abrams, pour sa part, tente désespérément de susciter l’empathie du spectateur en le montrant trois minutes pendant une pauvre scène dialoguée entre Joe et lui. Finalement, tout le final tombe à l’eau et sonne affreusement creux en tentant de singer le départ d’E.T. de l’oncle Spielby. Sauf qu’ici le réalisateur s’est tellement fourvoyé dés le début de son film que, pour masquer ses lacunes, il emploie d’énormes ficelles (les yeux de l’alien...), de la symbolique de supermarché et de la musique pompière.

Super 8 c’est du cinéma Canada Dry ? Ca ressemble à du Amblin, ça possède l’aspect du Amblin mais ce n’est pas du Amblin. La cause à un traitement raté, de fausses émotions et une grosse erreur d’appréhension de la part du réalisateur qui n’a pas compris les tenants et aboutissants du projet. Maintenant le casting d’enfants et la technique impeccable du film le sauvent d’un naufrage mais quand, dans un film, le meilleur passage est le générique de fin c’est qu’il y a un problème quelque part.


Commentaires sur le film

3 etoiles

Une bonne production Amblin style pas exempte de défauts pour autant.

13 août 2011 à 15:08 | Par Damien Taymans
Super 8 ; méga bof

1 etoiles

précédé de louanges qui vantaient le côté vintage du film (à savoir les références aux oeuvres du réal/producteur Spielberg quand il faisait son oedipe à travers le cinoche), Super 8 a beaucoup de qualités (dont le travail des personnages), mais se voit écrasé par le poids de ses prédécesseurs et une linéarité ronflante.
Alors, oui, le côté "vive le revival des années 80’ façon Goonies", où l’on privilégie un montage plus calme et une photo moins "pub H&M", mais - bordel - oubliez pas le scénario quand même ! : le final est juste écœurant de bonnes intentions et complètement incohérent. Au dessus de 14 ans, abstenez-vous !!!

2 juin 2012 à 23:06 | Par Bûcheron finlandais
Eighties Spielberg

4 etoiles

Dès les premières minutes c’est évident que Abrams fait référence aux films de Spielberg. Pas mal de scènes spectaculaires qui alterne avec d’autres qui sont tire émotion (mais cela reste sobre). La réalisation n’est pas toujours inspirée (surtout dans les séquences d’actions) mais ce film n’en reste pas moins un bon divertissement.

5 janvier 2013 à 18:01 | Par AnarchYgor
Bof.

2 etoiles

Plutôt de l’avis du second chroniqueur. Un film qui ne décolle jamais, entre réalisme naturaliste (le club des cinéastes, pas mal) et boursouflure spectaculaire (l’accident de train invraisemblable, anti-réaliste et presque comique tant il est "énaurme").
L’argument est rabâché et traité sans idées, la bande de copains n’est pas très bien en place non plus et on finit par se dire qu’en fait, ils sont trop nombreux, qu’ hormis le gros metteur en scène et le sensible héros, les autres ne servent à rien.
L’humour tombe aussi systématiquement à plat... Bref, bof.
ps : l’histoire se passe en 1979. Un détail dans le film le dit clairement.

20 octobre 2013 à 16:10 | Par Aguirre

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