Critique de film

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Syndrome de Stendhal (Le)

"La Sindrome di Stendhal"
affiche du film

Anna Manni, flic à la brigade antiviol, se rend au musée des Offices à Florence, dans le secret espoir d'y trouver un redoutable violeur. Fascinée par les oeuvres d'art qui l'entourent, la jeune femme finit par s'évanouir. Elle apprend ainsi qu'elle souffre du syndrome de Stendhal, un mal consistant à donner l'impression que certaines oeuvres d'art sont vivantes. Profitant de la situation, le violeur agresse Anna et la viole. Traumatisée, elle suit une psychothérapie, avec la sensation d'être toujours épiée par son agresseur.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Syndrome de Stendhal - Mal de l’art
Par : Damien Taymans

Bien décidé à persévérer en terres américaines où il vient de réaliser coup sur coup deux films Deux yeux maléfiques et Trauma, Dario Argento met en chantier une nouvelle œuvre aux States avant que certains refus ne le poussent à revenir dans sa patrie d’origine pour le réaliser. Inspiré par le livre de la psychanalyste Graziella Magherini qui décrit les observations menées en regard du Syndrome de Stendhal, maladie dont l’intitulé renvoie à l’une des descriptions faites par le romancier français dans l’une de ses œuvres qui évoque le malaise ressenti face à un tableau dans lequel il s’immerge, Argento couche sur pellicules les troubles liés à cette pathologie par le truchement d’Anna, son héroïne. Les actrices américaines sollicitées ayant toutes balayé d’un revers de main la proposition du maestro, c’est de nouveau à sa fille Asia Argento, déjà touchée par l’anorexie dans son précédent métrage, que revient d’incarner ce personnage sur le fil du rasoir, tanguant entre fantasme et réalité par l’entremise de ce mal autant artistique que physiologique. Un fantasme rendu lyrique lors d’une séquence d’entrée durant laquelle Anna entre corps et âme au sein d’un tableau, se laissant littéralement immerger par le réalisme pictural de l’œuvre. Etrangement, d’autant plus intéressé par le sujet qu’il en a lui-même subi les affres durant son enfance lors d’une visite au Parthénon athénien, le cinéaste va au fil de l’œuvre reléguer le syndrome au second plan, préférant suivre en surface la descente aux enfers de son héroïne.

Le syndrome de Stendhal fonctionne en ce sens comme une mise en abyme renversante. Véritable œuvre d’art à tiroirs composée de multiples couches autant narratives que filmiques. Un triptyque pour être plus précis, le métrage étant scindé en autant de parties dépendantes l’une de l’autre s’engouffrant dans des genres bien différents. Abandonnant un temps ses amours gialliques, Argento opte pour une banale enquête policière dont le principal acteur est l’héroïne elle-même, jouant le double rôle d’autorité et de victime. L’identité du meurtrier dévoilée dès l’entrée témoigne de cette volonté pour l’auteur de se débarrasser des écailles liées au mystère de l’affaire pour se concentrer davantage sur les multiples traumatismes du personnage d’Anna, gangrénée jusque dans son prénom palindromique par l’instabilité. Rongée, meurtrie, l’inspectrice perd jusqu’à sa féminité profonde et tente de se reconstruire dans une androgynie qui en fait une incomprise. Pour se libérer de cette psychologie maladive, elle confronte une nouvelle fois son agresseur et le vainc dans la deuxième partie du tableau avant que le troisième et ultime battant ne l’entraîne dans une aventure plus ésotérique dont le dénouement renvoie inévitablement à ceux, complexes et échevelés, de son récent Trauma et de son futur Sang des innocents. Sorte de point d’orgue d’une intrigue un brin poussive qui aurait mérité d’être amputée de certaines longueurs. Un brin maladroit, Argento se plaît à fournir ponctuellement de languissantes visions qui handicapent une œuvre souvent arythmique. A l’instar des sporadiques effets numériques bâclés qui relèvent de la gratuité technique, frime éhontée d’un auteur décidé à se racheter une conduite en insérant des évocations de son âge d’or (la balle qui perfore la bouche de la victime, vision déformée du pare-brise de Quatre mouches de velours gris ?).

Intégrant en une seule et même œuvre un semblant de giallo, un rape and revenge essentiellement axé sur la victime hantée par un trauma destructeur et un dénouement oscillant entre névroses latentes et fantasmes patents, le cinéaste italien livre, avec quelques années de retard, un film-somme, sorte de transition de sa carrière cinématographique entre les seventies et les eighties. Le Syndrome de Stendhal s’inscrit parfaitement dans le parcours aussi bien thématique et filmique de l’auteur, lui fournissant l’occasion de prouver à ses détracteurs qui le discréditent à tour de bras qu’il n’est pas encore enterré. En résulte une œuvre bâtarde, gangrénée par un mépris total de l’intrigue, transformant le tout en une expérimentation pas toujours foncièrement intéressante néanmoins rehaussée par le score sublime de Morricone.


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