Critique de film

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The Beauty Inside

"Byuti insaideu"
affiche du film

Woo-jin, créateur de meubles, est frappé par une malédiction qui lui fait changer d'apparence à chaque fois qu'il dort.

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Trailer - The Beauty Inside (2015)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Beauty inside - La vengeance aux mille visages
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2016

Woo-jin est un créateur de meubles qui possède incontestablement de l’or dans les doigts et parvient à instiller à ses créations une véritable empreinte. L’homme possède incontestablement une patte, une griffe, une signature largement plus identifiable que sa fiole. Car, inexplicablement, depuis que son compteur affiche dix-huit piges, Woo-jin se réveille chaque matin avec une nouvelle trombine. Le beau gosse du lundi cède la place à la petite vieille le mardi, avant qu’un jeune gamin ne le remplace le mercredi, ... Socialement, c’est plutôt encombrant : le changement quotidien de photo de profil sur Facebook s’avère fastidieux et, de toute façon, le pauvre hère ne compte qu’un seul ami avec lequel il bosse quotidiennement, dans son atelier. Dès lors, lorsque, affublé d’une tête plus ou moins potable, il tombe éperdument amoureux d’E-soo, il n’a plus d’autre choix que de ne plus s’endormir pour garder sa conquête un maximum auprès de lui...

The Beauty Inside, grâce à son concept emprunté à l’œuvre originale dont il s’inspire (une fois n’est pas coutume, les Coréens adaptent ici une mini-série US), détrône dans le Guinness Book des Records la série Dr Who au nombre d’acteurs différents ayant incarné le même personnage : pas moins de 123 comédiens et comédiennes se succèdent en effet pour interpréter les multiples apparences du personnage principal. Un véritable rôle de décomposition sur lequel s’appuie l’essentiel du script car, passé la mise en images de cet argument à connotation fantastique, le film de Baek Jong-yeol se débarrasse de ses oripeaux pour dévoiler une comédie romantique plutôt bon enfant voire neuneu. Pas question pour le héros de manipuler ou de tirer profit de la situation : il subit son corps protéiforme et maudit de bout en bout cette enveloppe charnelle versatile. Le scénario se maintient dans ce traitement visuel : nulle introspection et aucune description psychologique n’est abordée dans le scénario réécrit par Ganggeul K et Park Jung-ye. L’œuvre a beau capitaliser sur sa mise en boîte qui s’appuie sur une photographie élégante et quelques mouvements de caméras lancinants, elle n’est rien d’autre qu’un bel écrin contenant du vide, à l’instar de Woo-jin.

The Beauty Inside n’est rien d’autre qu’une immense gerbe composée de fleurs bleues, un bouquet de roses amputées de leurs épines. Une romance totalement inoffensive qui pousse le vice jusqu’à frôler quelque questionnements métaphysiques sans jamais oser s’aventurer un tant soit peu dans le domaine. La concernant, on est en droit de se demander si la beauté est vraiment intérieure...


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