Critique de film

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The Land of Hope

"Kibô no kuni"
affiche du film

Un tremblement de terre frappe le Japon, entraînant l'explosion d'une centrale nucléaire. Dans un village proche de la catastrophe, les autorités tracent un périmètre de sécurité avec une bande jaune qui coupe en deux la localité. Une sorte de ligne de démarcation absurde, entre danger bien réel et sécurité toute théorique. Au sein de la famille Ono, les parents, âgés, choisissent de rester. Leur fils et son épouse acceptent d'être évacués pour fuir la radioactivité…

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Trailer - The Land of Hope (2012)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Land of Hope - A new Hope
Par : Seb Lecocq

Il est loin le temps où Sion Sono n’intéressait que trois péquins en Occident, aujourd’hui il est l’un des fers de lance du nouveau cinéma japonais et, comme Tsukamoto, court les festivals et y glane de prestigieuses récompenses. Le parcours des deux hommes est assez similaire, tous deux, artistes protéiformes, ont beaucoup bricolé dans leur coin avant d’accéder au statut, mérité, qui est le leur. Contrairement au papa de Tetsuo, Sono ne s’est pas assagi avec le temps et continue de livrer des œuvres fortes, marquantes, exigeantes et toujours très personnelles. Toutefois, Land Of Hope est un film assez différent de ce qu’il a pu faire jusqu’ici. Pour prendre une comparaison qui vaut ce qu’elle vaut, Land Of Hope est à Sion Sono c’est que Une Histoire Vraie est à David Lynch. Un film simple, apaisé mais profondément marqué par la patte de son auteur.

Simple mais pas simpliste car Land Of Hope raconte beaucoup de choses sur le Japon, les Japonais, la société et le monde en général. Il part de l’infiniment petit pour raconter l’infiniment grand. Son récit suit le quotidien de trois familles, trois couples plus précisément, qui vont voir leur chemin se séparer après qu’un tsunami a provoqué une catastrophe nucléaire mettant leur village en péril. A partir de cet instant, leur petite vie tranquille s’en trouve chamboulée. Comme beaucoup de ses concitoyens, le réalisateur japonais a été profondément marqué par la catastrophe de Fukushima et ce n’est pas pour rien si ses deux derniers films s’y réfèrent directement. Land Of Hope est divisé en trois segments qui s’entrecroisent et chacun narre une partie de l’histoire commune. Comme c’est souvent le cas, ces trois parties sont diversement intéressantes. Le film suit un couple de retraités, un jeune couple sur le point d’avoir un enfant et un troisième, le moins intéressant. La plus émouvante de ces histoires est sans conteste celle du couple de retraités dont la dame perd la mémoire. Une façon pour Sono d’illustrer le poids de la tradition et de l’attachement ainsi que les étranges hasards de l’histoire. La seconde histoire permet au cinéaste d’aborder le thème de la paranoïa et de la psychose qu’entraînent les catastrophes nucléaires.

Land Of Hope débute comme une chronique paysanne, on y suit la vie tranquille d’un petit village campagnard du Japon où le temps semble s’être arrêter. On cultive ses légumes, on nourrit les vaches et on fait son petit commerce tranquillement, Sono filme simple mais juste, introduisant un peu d’humour absurde et une bonne dose de nostalgie. On s’attache de suite à ces personnages, ce qui est capital pour la suite de l’histoire. La première partie est certes un peu longue, on décroche parfois, l’attention s’évapore et ce qui se passe sur l’écran n’est guère passionnant mais elle est cruciale pour bien comprendre le reste du film. Lorsque la catastrophe survient, on est avec les personnages, on est attaché à eux.

On sent que Sono est touché par cette catastrophe mais on le sent aussi un peu trop écrasé par son sujet, trop déférent peut-être, il laisse de côté sa folie visuelle et le film s’avère très plat au niveau de son esthétique. La lumière est fade, la mise en scène sans idées, illustrative même si traversée par quelques idées lumineuses mais trop brèves. On ne sent pas le réalisateur à l’aise avec son histoire même s’il se permet quelques saillies contre le gouvernement et sa gestion catastrophique de la crise. Plutôt que l’attaque frontale, Sion joue la carte de l’absurdité, ce qui donne les meilleures scènes du film. Mais l’animal est talentueux et si le film possède un côté lourd et laborieux, il parvient à s’en tirer et à faire naître l’émotion grâce à la construction de son scénario qui monte en puissance pour se terminer sur un final bouleversant. Ne comptez pas sur Sono pour lancer le débat sur le nucléaire, pour lui il n’y a même pas de débat à avoir.

Land Of Hope est un drame assez classique, dans la tradition des mélos japonais des années cinquante ou soixante comme Double Suicide de Shinoda, doublé d’une chronique paysanne et d’une réflexion sur la Vie. Il profite du nucléaire et de la mort pour parler de la vie. Tout n’est pas rose dans le film, loin de là, le personnage interprété par Megumi Kagurazaka est même parfaitement tragique et le réalisateur injecte un peu de sa folie noire dans le film, en apparence plus tranquille, classique, moins expérimental formellement. Globalement trop longue, parfois ennuyeuse, l’œuvre est sauvée par quelques scènes très réussies, un humour presque belge et un final magnifique. Un film mineur, qui n’atteint pas les sommets de Love Exposure ou Guilty Of Romance, mais un film important qui en dit beaucoup sur la société et la culture japonaise...


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