Critiques/Analyses

The Last Man on Earth - Saison 1

19 mai 2015 | Par : Damien Taymans

Seul au monde ?

De : Will Forte

Avec : Will Forte, Kristen Schaal, January Jones, Mel Rodriguez, Cleopatra Coleman, ...

Série-concept par excellence, The Last Man on Earth entraîne d’entrée la fascination du fait même de sa contextualisation. La planète terre, dévastée par un virus, ne possède plus en 2020 qu’un seul habitant. Le dernier bastion d’une humanité qui s’est éteinte avec une étonnante soudaineté. Et quel représentant : Phil Miller est un glandu, un parasite, la lie même de cette société disparue qui jouit paradoxalement du droit d’échapper à la pandémie. Et cet incroyable veinard reçoit en cadeau la planète ou du moins les Etats-Unis qu’il sillonne d’est en ouest et du nord au sud à la recherche d’une autre âme pour partager ce présent encombrant.

Résigné, il retourne finalement dans sa ville natale, à Tucson en Arizona et y mène une existence paisible. Il peut s’amuser et détruire à loisir sans crainte d’être réprimandé, se compose une piscine-toilette dans la plus grande villa de la bourgade et décore son chez-lui avec des toiles de maîtres empruntées çà et là. Mais, au fil des mois, le terrain de jeu devient de moins en moins excitant, les folies perdent de leur saveur et les boules se mettent à enfler. Alors qu’il est à deux doigts d’en finir, Phil aperçoit de la fumée et tombe nez à nez avec la dernière femelle de la planète. Manque de bol : il s’agit d’une créature moyenne, de gabarit moyen, ultra-bavarde et remplie de principes (il faut respecter les panneaux Stop et se marier avant de consommer la chair). Et si le calvaire ne faisait que débuter ?

Initiée par Will Forte qui s’offre le rôle-titre en prime, The Last Man on Earth malgré des ambitions comiques indubitables renvoie à des fleurons du genre post-apo comme The Omega Man ou Je suis une Légende mais également à des créations dramatiques abordant cette solitude comme Seul au monde via un détournement hilarant. La série, résolument drôle et inventive, capitalise énormément sur son personnage principal présenté comme un nigaud accro au sexe et qui ne recule devant aucune manipulation pour parvenir à ses fins. En cela, les scénaristes Phil Lord et Christopher Miller, auteurs de la première saison de How I met your Mother mais surtout de Tempête de boulettes géantes et La Grande Aventure Lego, visent juste en optant pour un miroir déformant de nos propres vices. Placé malgré lui dans un contexte pour le moins singulier, l’anti-héros se montre plus égoïste qu’altruiste, plus apte à la roublardise qu’à la compassion pour satisfaire ses plus bas instincts.

Hélas, si cette déformation fonctionne plutôt bien au point que Will Forte n’entraîne plus que de l’antipathie de la part de ses coreligionnaires et des spectateurs, la dynamique même de la série (celle du premier épisode reproduite à l’envi) finit par lasser et par attester que cette première livraison révèle déjà certaines limites narratives. Pourtant, la fin ouverte laisse présager une seconde saison qui, à moins d’un volte-face, devrait encore accentuer cet enlisement scénaristique. A suivre...

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