Critique de film

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The Night Comes for Us

"The Night Comes for Us"
affiche du film

Après avoir épargné la vie d’une jeune femme lors d’un massacre, un assassin d’élite de la Triade se retrouve la cible de gangsters meurtriers.

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Trailer - The Night comes for us (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de The Night comes for us - Les plaisirs de la chair
Par : Seb Lecocq

La vague du cinéma d’action indonésien qui déferle sur l’Occident en ces années 2010 n’est pas sans rappeler celle venue de Thaïlande et portée par Ong Bak au débuts des années 2000 ou celle plus ancienne du polar hongkongais du début des années 80. On y retrouve la même envie de tout envoyer valdinguer, de renverser la table, de sortir les muscles, de renouveler les codes usés jusqu’à la corde du polar et de tenter des choses quitte à se casser la gueule. Ces vagues successives ont en commun un sens presque suicidaire du jusqu’au-boutisme et du sacrifice. Que ce soit les cascades automobiles complètement folles du cinéma de Hong-kong, la violence physique des affrontements martiaux thaï ou la représentation du gore dans le cinéma d’action indonésien, tous ont repoussés les limites de la performance, quitte à pervertir les règles sacrées du cinéma. The Night comes for us est la dernière étape de cette évolution. La négation de tout ce qui fait le cinéma au détriment de l’expérience pure de la brutalité. Soyons clair, on est ici beaucoup plus proche du cinéma de fête foraine d’HG Lewis que de la chorégraphie virtuose d’un King Hu.

La réputation du film de Timo Tjahjanto, voire toute la filmographie de ce dernier, s’est faite sur son extrême violence et la totale décomplexion dans laquelle elle s’illustre bien plus que sur ses pures qualités cinématographiques. Les deux heures de visionnage viennent confirmer cet état de fait. Dans The Night comes for us on s’étripe, on s’écharpe, on s’ampute, on s’égorge, on s’émascule, on se décapite, on s’explose comme on respire. Tout le temps, partout et sans cesse. Le sang gicle à gros bouillon et la caméra de ce petit sadique de Tjahjanto s’attarde plus que de raison, de façon totalement gratuite, sur cet étalage de chair fraîche. Mais ne faisons pas les mijaurées, on était venu pour ça et à ce niveau, on n’est pas déçu une seule seconde. On voulait du gore qui tâche, Timo nous en donne pour notre argent. Y en a un peu plus, j’vous le mets quand même ? Bien évidemment.

Dans un grand élan meta, volontaire ou non là n’est pas la question, Tjahjanto livre une scène de bagarre hyper gore dans une boucherie. Comme pour réduire tout le film à cette seule séquence où les cadavres d’animaux ne font plus qu’un avec ceux des humains. C’est une vraie boucherie qui se déroule dans cette... boucherie. On s’écharpe à coups d’os, de morceaux de viande et de crochets de bouchers. Un plan d’ensemble final expose la pièce qui n’est rien de plus qu’un étal de viande. On ne sait pas toujours exactement qui est gentil et qui est méchant, qui appartient à tel ou tel gang mais cela n’est, au fond, pas vraiment important du moment que tout le monde se casse les os dans la joie et la bonne humeur. Les combattants souffrent, le spectateur trépignant sur son canapé, s’amuse et se remplit la panse de cette chair sanguinolente qui lui est généreusement offerte.

Le scénario qui singe celui de The Raid II est des plus simpliste mais parvient malgré tout à être confus. Il faut simplement garder à l’esprit que Ito, le baraqué à moustache et ses deux amis qui jouent mal, sont les gentils et que tous les autres, sont les méchants, que Uko Iwais est de la partie et que tout ce petit monde va se mettre sur la gueule le plus salement possible. On se frite beaucoup dans The Night comes for us, on ne fait approximativement que ça d’ailleurs et c’est ce qui peut poser problème par moments. L’insistance avec laquelle on s’attarde sur le gore qui tâche peut devenir lassante tant il n’y a rien dans l’intrigue qui vient relancer la machine. Un gang se fait déglinguer, de nouveaux combattants arrivent, nos héros perdent dix nouveaux litres de sang et c’est reparti pour une nouvelle partie de Mortal Kombat.

La mise en scène, bien que nerveuse, ne met pas suffisamment en avant les chorégraphies martiales et mise tout sur la brutalité pure. L’impression de voir des personnages vides s’étriper dans des décors trop grands est tenace. Le film rappelle par sa folie et sa violence décérébrée l’extraordinaire Story Of Ricky sauf que ce dernier était mieux interprété. Ici, les comédiens, sortis des deux principaux protagonistes, tout en mimiques et en cris, nous rappellent aux bons souvenirs de ces bobines d’actions turques mettant en vedette l’inénarrable Cuneyt Arkin, ce qui offre une nouvelle touche bis à un film qui n’en manquait déjà pas. L’esthétique est inversement proportionnelle au degré d’agression du film. La photographie est peu soignée, le scénario inexistant et la réalisation avant tout fonctionnelle même si l’un ou l’autre plan qui sort du lot attire l’œil. Il manque une vraie ampleur et une envie de bêtement faire du cinéma pour aller au-delà du ride gorasse.

Que reste-t-il finalement de The Night comes for us après les deux heures de visionnage ? Une rétine rouge sang, le bruit des fractures qui résonne dans les tympans et l’impression d’avoir vu quelque chose d’assez unique en son genre, une version mono neuronale et ultra gore de The Raid II. Si vous cherchez du cinéma, c’est à côté. Si vous cherchez de le violence paroxystique et du gore qui éclabousse, vous avez frappé à la bonne porte.

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