Critique de film

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Thirst, ceci est mon sang

"Bakjwi"
affiche du film

Sang-hyun est un jeune prêtre, aimé et admiré par ses paroissiens. Il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin destiné à combattre une maladie infectieuse mortelle. Au cours de l'expérimentation, il est contaminé, mais une transfusion sanguine le ramène à la vie. La nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pèlerins, qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance et son épouse. Il est irrémédiablement attiré par la jeune femmeâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Thirst, ceci est mon sang - « Ni la chair ni le sang n’hériteront du royaume de Dieu »
Par : Romain Mollet
Tags : Vampires

Acclamé des cinéphiles et des critiques depuis sa géniale "trilogie de la vengeance", Park Chan-Wook souhaitait depuis longtemps réaliser un film de vampires et adapter Thérèse Raquin d’Emile Zola sur grand écran. Au final, les deux projets se concilient à merveille dans Thirst, "Soif", conte moderne et dérangeant sur les plaisirs de la chair et du sang.

En pleine remise en question sur la foi, le jeune prêtre Sang-Hyeon se rend en Afrique du Sud et se porte volontaire en tant que cobaye pour trouver un remède à un virus infectieux incurable. Il y succombe, mais sous les regards étonnés des médecins, revient à la vie en quelques secondes, entièrement guéri. Devenu un miraculé adulé des foules de fanatiques religieux infirmes, qui le voient comme un nouveau saint, il rencontre par hasard la famille d’un ami d’enfance. C’est là-bas qu’il tombera amoureux de Tae-Ju, sa femme, et fille adoptive et maltraitée qui n’a qu’une envie : se libérer de l’emprise de sa famille. Il découvrira également sa tragique malédiction, qui le force à se repaître de sang afin d’assurer sa survie.

Etonnante relecture du mythe du
vampire. Park rend dans un premier temps son personnage attendrissant, faisant de lui un martyr maitrisant difficilement ses pulsions, interdites par la religion. Sang Kong-Ho prouve à nouveau son incroyable talent d’acteur, bien loin de son dernier rôle dans Le Bon, La Brute et Le Cinglé, retrouvant pour le coup la même intensité dramatique que dans Sympathy for Mister Vengeance. Ce n’est qu’en rencontrant la jeune femme que l’être désormais surhumain va succomber au plaisir de la chair, dans des scènes d’amour crues et brutales, intelligente continuité avec celles de vampirisme. Après tout, pourquoi ne pas profiter de ce nouveau don, qui est tout ce que Dieu n’a jamais voulu partager avec l’Homme ? Le vampire torturé devient peu à peu un être égoïste et vaniteux, et finit par tomber dans la folie à cause de la force de l’Amour et du Pouvoir qu’il acquiert. Ainsi, il se permet même de se nourrir au nom de la notion de partage si chère au Christianisme, auprès de malades volontaires et suicidaires. L’homme n’est plus, la bête assoiffée est lâchée.

C’est à partir de là que Thirst change, de façon inattendue, d’univers. Revisitant clairement le roman de Zola, le réalisateur sud-coréen provoque le spectateur et le plonge dans une ambiance sanglante d’une incroyable folie déviante, plus cinglante que jouissive. Il lui offre un voyage rempli d’émotions fortes et variées, allant du voyeurisme au suspens (la scène des échanges de regards, qui laisse bouche bée), en passant par la beauté. Des idées que l’on retrouve dans sa mise en scène, à la fois barbare et poétique, les deux étant par ailleurs parfaitement combinés dans une scène où les deux amants s’amusent, à grand renfort d’effets spéciaux intelligemment utilisés. Kim Ok-Vin porte sur ses épaules cette deuxième partie, révélant un jeu d’actrice troublant. Devenu un film d’horreur dramatique, Park Chan-Wook se fait plaisir, non seulement en glissant des références (le sublime Nosferatu de Murnau principalement) et en proposant des scènes d’une inventivité visuelle réjouissante, où l’hémoglobine coule souvent à flot. Au delà de la violence, il s’amuse aussi à malmener le spectateur jusqu’à la conclusion, terriblement touchante et teintée d’un humour noir savoureux.

Brutal et lyrique, Bakjwi est sans aucun doute le meilleur film du metteur en scène depuis Old Boy, une histoire d’amour pas comme les autres à laquelle le spectateur ne peut pas sortir indemne. Autant dire que le Prix du Jury de Cannes est amplement mérité, et que nous sommes ravis de voir que le cinéma sud-coréen continue à nous livrer de sacrés chefs-d’œuvre.


Critique de Thirst, Ceci est mon sang - Canines en dents de scie
Par : Damien Taymans

Présenté en sélection officielle au défunt festival de Cannes (d’où il repartit avec le Prix du jury ex-aequo avec Fish Tank), Thirst de Park Chan-Wook décrit la lutte d’un homme d’église en proie à une malédiction sanguine. Parti en Afrique servir de cobaye pour les tests d’un nouveau virus mortel, Sang-hyun, jeune prêtre respecté et aimé, succombe à la maladie. Mais une transfusion sanguine d’origine inconnue le ramène in extremis à la vie. De retour en Corée, le prêtre subit d’importantes mutations physiques et psychologiques : il est devenu un vampire.

Centré sur son personnage principal placé devant un dilemme irrésoluble (rester fidèle à sa foi ou tuer des humains pour survivre), Thirst dépeint autant la lente dégression de son héros qu’il ne déstructure le mythe du vampire, pour le coup défiguré par rapport aux archétypes du modèle occidental (le suceur de sang est ici façonné à l’image de l’être qu’il était, faible, sentimental et innocent, contrairement aux habituels prédateurs hématophages made in US). Changement de registre pour le réalisateur coréen qui persévère, après sa trilogie de la vengeance (Old boy, Sympathy for Mr Vengeance et Lady Vengeance) et sa comédie sentimentale Je suis un cyborg, dans le développement de personnages torturés, confrontés à des problèmes d’ordre éthique : Sang-hyun, prêtre qui se voit transformé en vampire suite à une transfusion, est obligé de se nourrir de sang humain pour survivre mais, être humaniste par excellence, il se refuse à ôter la vie de ses contemporains. Pour survivre, il se voit contraint de sucer les pochettes de perfusion des patients sur lesquels il est censé veiller et tempérer ses pulsions sitôt qu’une goutte de sang apparaît. Alors qu’il vient de perdre l’amour de Dieu, le prêtre doit faire face à un nouveau dilemme, en acceptant l’amour d’une femme, en l’occurrence Tae-Ju, une femme enterrée dans sa condition de servante au sein de sa famille adoptive.

C’est peu dire que Thirst se démarque des amourailles cuculs de la saga Twilight. La passion que nourrissent les deux amants leur permet d’assouvir leurs besoins charnels et de se libérer du joug qui les écrase : le prêtre annihile toute possibilité de retour à la foi en consommant la chair de Tae-Ju qui s’affranchit de sa condition de femme mariée en commettant l’adultère avec un homme d’église (la boucle est bouclée). Leur idylle devient davantage captivante sitôt qu’ils accèdent tous deux au statut de créature des ténèbres : cruelle et immorale, la chasseresse préfère la traque aux festins à même le baxter que préconise le vertueux défroqué. C’est durant cette partie que se dévoilent les plus belles séquences (la traque de l’appart’) mais également les passages les plus ratés du métrage (la course sur les toits).

Car Thirst, à l’instar de I’m a cyborg, tombe parfois dans l’effet de style rébarbatif au détriment du développement des personnages et de l’intrigue. Le triangle amoureux, très largement inspiré du Thérèse Raquin de Zola, révèle rapidement ses limites et on sent l’essoufflement poindre chez le cinéaste coréen qui compile les situations absurdes qui bénéficient d’une mise en scène chiadée avant de tomber dans le pathos larmoyant. En découle un décalage déstabilisant qui rend difficile toute empathie, le final résume à lui seul ce déséquilibre. Thirst reste bloqué, le cul entre deux chaises, entre film d’auteur et création de genre ; peinant à relancer la sauce, Chan-wook offre un flux et reflux qui décontenance, bouleverse et irrite.


Critique de Thirst - Mon curé chez les vampires
Par : Fred Pizzoferrato

Park Chan-wook est probablement le cinéaste coréen le plus « hype » du moment, sa notoriété dépassant largement le cadre des films de genre pour recueillir l’approbation d’une large part de la critique, fut elle non spécialisée. Il se signala pour la première fois aux cinéphiles via l’excellent thriller politique Joint security area avant d’atteindre la consécration par l’entremise de sa « trilogie de la vengeance », trois films thématiquement proches traitant de la justice personnelle (Sympathy for mr Vengeance, Old boy et Lady vengeance). Park Chan-wook participa ensuite à l’anthologie horrifique Three...extreme et signa en 2006 le controversé I’m a cyborg but that’s OK.

Avec Thirst, le cinéaste revisite un des mythes les plus populaires du fantastique, celui du vampire, de manière à la fois respectueuse et novatrice, accouchant d’un compromis entre le cinéma horrifique et le film d’auteur. Le film récolta un vif succès tant auprès des geeks que des cinéphiles « distingués », comme en témoigne son prix du jury au Festival de Cannes, mais s’attira aussi son lot de chroniques négatives.

L’intrigue concerne le prêtre Sang-hyeon, un homme de paix et de bien se portant volontaire pour tester un nouveau médicament capable de guérir une redoutable maladie. Le prêtre meurt au cours du traitement mais revient ensuite à la vie, une transfusion sanguine contaminée ayant fait de lui un vampire. Décidé à ne pas prendre de vies innocentes, Sang-hyeon se nourrit dans un hôpital auprès de patients inconscients qu’il ponctionne d’une petite quantité de sang. Cependant, la transformation du prêtre a également éveillé son côté plus bestial et l’appel de la chair le pousse dans les bras de Tae-ju, la jolie épouse d’un de ses amis d’enfance ; Kang-woo. La jeune femme, maltraitée par sa belle-mère et délaissée par son mari qui la frappe violemment, attire de plus en plus Sang-hyeon, lequel finit par céder à la tentation. Il décide également de supprimer Kang-woo et de transformer sa compagne en vampire…mais cette dernière, une fois devenue une créature de la nuit, n’a pas les mêmes scrupules que lui et n’hésite pas à tuer ses proies humaines sans la moindre pitié.

Précédé d’une excellente réputation, Thirst reçut ensuite une volée de bois verts : aux premiers commentaires, criant carrément au chef d’œuvre, répondirent des critiques assassines qui descendirent en flèche le film de Park Chan-wook. Rien d’étonnant d’ailleurs puisque les précédentes œuvres du cinéaste avait généré le même phénomène d’attraction ou de répulsion.

Entre ses deux extrêmes, Thirst s’avère, en définitive, plutôt agréable même si on ne peut s’empêcher de le trouver également bancal et, surtout, trop long d’une bonne demi-heure. Le scénario s’inspire directement du « Thérèse Raquin » de Zola en reprenant les événements du roman transposés dans un contexte différent et en faisant du personnage principal un prêtre devenu vampire. Voici pour la source d’une intrigue qui permet surtout à Park Chan-wook de discourir sur divers concepts philosophiques et théologiques en prenant pour prétexte le cinéma d’horreur et la romance impossible des protagonistes. Tous les doutes du prêtre devenu vampire concernant sa foi et sa conception de l’existence sont bien traduit par Thirst mais, hélas, l’entreprise finit par tourner un peu à vide. Si la première heure s’avère de grande qualité et le final fort réussi, la partie centrale du métrage ressemble surtout à un ventre mou n’apportant pas grand-chose. Désireux de concilier un large public, Park Chan-wook va également s’égarer entre scènes d’horreur voulues hargneuses, érotisme trouble, drame et humour, ce dernier élément, assez mal maîtrisé, s’intégrant avec difficulté au sein d’un métrage versant parfois dangereusement vers la parodie plus ou moins volontaire. Les sauts spectaculaires et les combats entre les deux vampires, quoique divertissants, paraissent eux-aussi quelque peu outrés et tranchent résolument avec le climat plus réaliste et sobre du reste de l’oeuvre, tout comme les apparitions d’un spectre aussi incongrues que grotesques. Entre effets de style et cassures brutales, Thirst, dans sa deuxième moitié, se révèle bien moins passionnant que précédemment et finit par se traîner douloureusement, conséquence d’une durée excessive ne se justifiant pas vraiment. En élaguant son œuvre d’une bonne demi-heure pour revenir à une plus adéquate centaine de minutes, Park Chan-wook aurait probablement gagné en efficacité mais Thirst se développe, assez lentement, sur plus de 2 heures 15, au risque de provoquer une certaine lassitude, voire un certain ennui.

Généreux, souvent intéressant, globalement satisfaisant, Thirst n’en reste pas moins une relative déception même si la tentative de réconcilier grand public et fans d’épouvante, tout comme de marier le cinéma d’auteur et le pur divertissement demeure louable et sincère. Entre semi-réussite et demi-échec, Thirst demeure donc recommandable et plutôt agréable à suivre.


Critique de Thirst, ceci est mon sang - Auto-hommage bancal
Par : Quentin Meignant

Fort du succès de sa trilogie de la Vengeance, dont le point d’orgue fut sans aucun doute l’exceptionnel et déjà légendaire Old Boy, ainsi que de la surprise Je suis un cyborg, bande décriée et pourtant foutrement fun, Park Chan-Wook est sans aucun doute l’un des cinéastes du moment, l’un des seuls qui offre toujours un effet de surprise démesuré à chacune de ses nouvelles réalisation. A ce titre, son Thirst, ceci est mon sang, sorti en salles en France en septembre 2009 mais tout de même projeté dans la compétition internationale lors du 28ème BIFFF, était porteur d’énormes espoirs, le coréen s’attaquant à l’un des plus grands mythes du cinéma horrifique. Thirst, ceci est mon sang suit Sang-hyun, un jeune prêtre, aimé et admiré par ses paroissiens. Il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin destiné à combattre une maladie infectieuse mortelle. Au cours de l’expérimentation, il est contaminé, mais une transfusion sanguine le ramène à la vie. La nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pèlerins, qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d’enfance et son épouse. Il est irrémédiablement attiré par la jeune femme...

Décrivant lui-même son film comme une espèce de mélange dramaturgique érotico-gore, Park Chan-Wook offre dès les premiers instants un visage assez novateur à la mythologie vampirique tout en se montrant extrêmement respectueux des codes du genre. Avec bonheur, le cinéaste procède à la mise en place d’une intrigue lorgnant vers ses anciennes œuvres, le personnage principal, Sang-hyun semblant tout droit sorti d’Old Boy. Cet auto-hommage, aussi troublant soit-il, porte indéniablement ses fruits dans la première partie de l’œuvre, savoureuse et décapante à souhait.

Savamment tordue, l’intrigue donne aussi lieu à un traitement tout particulier du romantisme, rarement vu jusque là dans des bandes de genre. Malgré ces excellents points de repère, Chan-Wook semble ensuite se perdre dans les méandres de son histoire, visiblement satisfait de son entame et ayant décidé de se regarder filmer. Si les mouvements de caméra demeurent d’une exceptionnelle qualité et que le cinéaste abonde en références exquises, Thirst se tire en longueur dans sa seconde partie, le récit partant dans tous les sens au grand dam d’une thématique de moins en moins respectée.

Trop long d’au moins 45 minutes, Thirst, ceci est mon sang s’avère être une œuvre assez folle que pour faire partie de la filmographie de Chan-Wook, qui signe néanmoins là sa plus piteuse contribution au cinéma de genre. Trop sûr de son fait, le cinéaste donne dans un déjà-vu qui, jusque là, ne faisait pas partie de ses principes.


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