Critique de film

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Thirteen Assassins

"Jûsan-nin no shikaku"
affiche du film

Thirteen assassins, comme son nom l’indique, suit un groupe de 13 samouraïs qui organisent un guet-apens contre le puissant et protégé seigneur Naritsugu lors de son voyage annuel à la maison d’Edo.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de 13 assassins - Come on, bastards !
Par : Alan Deprez

13 Assassins (Jûsan-nin no shikaku, 2010) est un remake du classique éponyme d’Eiichi Kudo (The Great Killing, Eleven Samurais), grand maître du wu xia pian et considéré comme l’égal de Misumi, Fukasaku ou Gosha. Ces dernières années ont vu apparaître une reconnaissance critique autour de ces réalisateurs « classiques », enfin considérés comme les grands auteurs qu’ils sont. Identiquement, on pressent un changement de perception de l’œuvre du trublion Takashi Miike, qui semble avoir acquis une certaine légitimité « institutionnelle » (13 Assassins était en compétition à la dernière Mostra de Venise). Miike se retrouve d’ailleurs pour la première fois en sélection officielle (compétition) au Festival de Cannes cette année, avec Hara-kiri : Death of a Samurai, remake en 3D du chef-d’œuvre de Masaki Kobayashi (Izumi, Kwaidan). Il est symptomatique de remarquer que ce consensus critique intervient à un moment où Miike livre des œuvres apaisées, beaucoup plus « académiques » d’un point de vue formel. Qui plus est, des remakes… 13 Assassins s’inscrit parfaitement dans cette mouvance. Et cela ne veut pas dire qu’on y perd au change…

Le film nous relate la quête vengeresse de Shinzaemon (incarné par le grand Kôji Yakusho :Cure et Séance de Kiyoshi Kurosawa), samuraï engagé pour assassiner le sadique Seigneur de guerre Naritsugu (Gorô Inagaki : Private Lessons II de Seiji Izumi, Saimin), qui sème meurtres, viols et désolation sur son chemin. Pour ce faire, Shinzaemon recrute 13 tueurs (les 13 Assassins du titre), dont son neveu Shinrouko (Takayuki Yamada : la comédie romantique Train Man, Crows Zero de Miike, Ikigami), en vue d’un affrontement dantesque avec les sbires de Naritsugu. Vers le siège d’un village, véritable guet-apens, où les deux parties s’affrontent avec fureur…

13 Assassins, excessivement bavard dans sa première moitié (l’exposition semble durer des heures), prend le temps d’établir les différents enjeux de façon claire et s’attache à une caractérisation fouillée de chaque personnage. Le rythme intrinsèque se revèle plutôt lent, mais permet un développement « à l’ancienne », posé, qui prépare le spectateur pour les moments de bravoure à venir. On ne connaissait pas Miike, l’homme qui tourne plus vite que son ombre (la trilogie Dead or Alive, Audition, le cultissime Ichi The Killer), si raisonnable et on ne l’attendait sûrement pas sur pareil terrain… Frôlant l’académisme, Miike-san démontre une maîtrise technique sidérante, bien éloignée de la furie incontrôlée, baroque et foutraque qu’on lui accorde habituellement. Une façon de calmer le jeu, pour laisser respirer l’intrigue et ses personnages ; les explosions graphiques caractéristiques de son style n’en sont que décuplées. D’affrontements brutaux, aux chorégraphies inventives, laissant émerger quelques pointes d’humour, à cette charge de bœufs en feu, défonçant tout sur leur passage (idée folle s’il en est), en passant par cette femme-tronc bafouée, amputée de la langue (elle sera à la source de l’épopée vengeresse) et un survivant, qui s’exclame lors du final qu’il veut partir aux Etats-Unis pour « baiser des nanas », l’amateur décèlera çà et là quelques traits « Miikiens en diable ».

Miike prouve avec brio qu’il peut poser sa mise en scène et se révéler d’une sobre efficacité, tandis qu’il met la pédale douce (une fois n’est pas coutume) sur les exubérances punk et le trop plein d’énergie (ce pour quoi on l’adore d’habitude). Il démontre de ce pas qu’il peut décidément se frotter à tous les genres, s’adaptant à la tonalité de chaque projet. L’étoffe des grands. Il nous réserve sans nul doute beaucoup de surprises à l’avenir… Pas forcément où on l’attend !


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