Critique de film

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Toxic avenger (The)

"The Toxic avenger"
affiche du film

Un technicien de surface travaille dans le club de musculation de Tromaville. Victime d'une mauvaise plaisanterie, le malheureux Melvin est aspergé de déchets toxiques et se transforme en un monstre à la force surhumaine nommé le Toxic Avenger. Il va désormais faire la justice à Tromaville en massacrant les malfaiteurs à mains nues à grands renforts d'effets gore.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Toxic avenger - Le concombre masqué
Par : Damien Taymans

Icône de la truculente firme Troma, fondée peu de temps avant sa naissance par Lloyd Kaufman et Michael Herz, Toxie constitue une bien étrange vedette. Super-héros à l’hébétement congénital, au corps tuméfié et boursouflé depuis un séjour involontaire dans un baril de produits toxiques qui l’ont rendu totalement radioactif, ce citoyen dévoué se balade dans Tromaville, serpillère à la main, pour purifier sa cité de la pègre qui la gangrène en balayant littéralement le crime de ses rues. Du même coup, le « vengeur toxique » assouvit sa soif de vengeance à l’encontre de ceux qui ont transformé ce nerd imbécile en bête de foire, alors qu’il menait une existence paisible et inutile de balayeur dans la salle de sport de Tromaville.

Tout aussi fauchées que les précédentes productions de la compagnie, les mésaventures du pauvre Melvyn conquièrent les spectateurs grâce au décalage volontaire que les scénaristes impriment à cette histoire filiforme et aux outrances gore qui inondent la pellicule. Aux antipodes des super-héros enrubannés dans leurs collants moulants, tout droits sortis des comic books, The Toxic Avenger, hideux guerrier « vert », semble animé par ses seules pulsions animales, qui l’amènent à commettre l’irréparable en tuant la vieille cliente d’une blanchisserie. Des actes justifiés par un scénar’ d’une improbable naïveté qui attribue finalement à la pauvre victime octogénaire la paternité de quelques malversations au sien de la cité, dominée de la tête, des épaules et du bedon par un maire omnipotent et ventripotent qui a fait de la criminalité son fond de commerce et maintient son hégémonie sur la cité corrompue.

Premier succès réel de sa catégorie, The Toxic avenger dicte le ton des futures productions Troma, qui ne comptait jusqu’alors que des comédies vaguement érotiques et quelques péloches horrifiques de peu d’envergure comme Mother’s day (de Charles Kaufman, le frère de Lloyd) ou encore Honey Britches. Baignés dans l’humour grossier, dans les tripes et dans les boyaux, les films de l’écurie Troma se distinguent de leurs homologues hollywoodiens par un humour incisif et décapant, un rejet permanent des conventions et un culte de l’exagération, quitte à compiler naïvement des séquences ignobles et loufoques, servant de contraste au « politiquement correct », fer de lance d’une production cinématographique plus mainstream. Sorte de Tex Avery du mauvais goût, la firme Troma se spécialise dans cette profusion de viande, de vomi et de fesses, et se construit une réputation de cinéma « autre », souvent qualifié de « dégénérescent » par les élites détentrices du bon goût artistique. A la base de ce prodigieux étalage de détails macabres, une des rares représentantes féminines de la corporation des effets spéciaux, Jennifer Aspinall, qui travaillera ensuite sur les liquéfactions du jubilatoirement vomitif Street Trash, se charge pour l’heure de maquiller des heures durant l’acteur Mitch Cohen et de peaufiner chacune des morbides exécutions.

Véritable délire noyé dans l’outrance, qu’elle soit horrifique (corps écrasés, têtes arrachées, mains brûlées dans la graisse) ou burlesque (chaque personnage réduit à une simple caricature rivalise de niaiserie avec ses concurrents dans des joutes verbales d’une rare intensité), The Toxic avenger est une œuvre pachydermique, amputée de la moindre nuance, qui se montre excessive en tout. Souvent au mépris des règles élémentaires du cinéma puisque la mise en scène et le script ne bénéficient d’aucun traitement de faveur et stagnent à l’état larvaire tandis que le José Bové de Troma, sous couvert d’un écologisme putride, continue à sacrifier sur l’autel de son amusement propre pollueurs et criminels. Avant de réengager Toxie pour de nouvelles aventures (trois autres films suivront ainsi qu’un comic book et des dessins animés), Kaufman et Herz persévèrent dans le domaine du toxique et du nucléaire avec Atomic college.

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