Critique de film

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Tucker & Dale fightent le mal

"Tucker & Dale vs evil"
affiche du film

Tucker et Dale, deux péquenauds rafistolant leur cabane dans les bois, sont accusés par un groupe de jeunes campeurs d'être des serial killers...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Tucker and Dale fightent le mal - Survivallumé
Par : Damien Taymans

Héritiers malgré eux d’Abbott et Costello, Simon Pegg et Nick Frost ont contribué, avec l’hilarant Shaun of the dead, à ressusciter un genre tombé en désuétude, la comédie horrifique. Dans l’oeuvre d’Edgar Wright, deux nigauds étaient confrontés à des morts-vivants et échafaudaient des plans acadabrantesques pour se sortir du pétrin : lancer de disques, imitation des mimiques et démarches zombiesques, autant de stratégies promptes à provoquer l’euphorie dans le camp des amateurs de zombiards. Tandis que le tandem rejoue une mélodie similaire - mais avec beaucoup moins de tonus - avec un extraterrestre cool dans le mi-figue mi-raisin Paul, d’autres s’emparent de la formule outre-Atlantique.

Avec Tucker & Dale vs. Evil, Eli Craig met le grappin sur un autre sous-genre, indissociable de l’épouvante actuelle, le survival. Localisé dans le Sud profond de préférence avec son lot de rednecks locaux. Ce stéréotype s’est progressivement ancré dans la psyché des films d’horreur par l’intermédiaire de Délivrance ou de Massacre à la tronçonneuse, ou plus récemment Détour mortel ou Cabin fever. Ce sous-genre, baptisé Hellbilly sur le nouveau continent, devenu désormais assez mûr pour se voir décortiqué et parodié (à l’instar du slasher via Scream ou de la parodie de deuxième degré avec Scary movie) se plie au jeu de l’analyse et au décodage stricto sensu.

Tucker et Dale (campés par les incroyables Tyler Labine et Alan Tudyk, deux comédiens célèbres de la TV), ce sont deux autochtones un brin bourrin qui louent une cabane dans les bois pour le Spring break. Sur leur route, ils croisent de jeunes collégiens qui, rassasiés par les méfaits de l’effrayante équipée de cannibales de La colline a des yeux, prennent les zigotos pour des rednecks dégénérés et consanguins, aux tendances alimentaires cannibales et sexuellement branchés par la nécrophilie. Difficile de leur donner tort, surtout que le compteur des disparitions mystérieuses s’est enclenché et que les deux nigauds se trouvent souvent au mauvais endroit au mauvais moment. Pourtant, la réalité est toute autre puisque les djeunz en question décèdent les uns après les autres à cause d’accidents improbables...

Tucker et Dale fightent le mal (merci pour ce retitrage ignoble) abandonne rapidement la trame du survival basique de l’entame pour virer à la parodie maligne et désopilante. Craig désosse mais ne raille jamais le genre et parvient même à grossir volontairement les traits de ses personnages extrêmement stéréotypés tout en les rendant sympathiques au spectateur.

Présenté à la première édition des Hallucinations collectives de Lyon, Tucker and Dale vs evil est une comédie loufoque, généreuse, machiavélique et incontestablement efficace. Les super-héros bénéficiaient déjà de leur propre miroir déformant (les définitifs Kick-Ass et Super), le survival possède désormais le sien. Et quel reflet !


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