Critique de film

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Tueur aveugle (Le)

"The Dark Eyes of London "
affiche du film

L’inspecteur Holt de Scotland Yard enquête sur une série de noyades suspectes. Cinq corps ont été repêchés dans la Tamise, et Holt découvre que chacune des victimes a souscrit une assurance-vie au bénéfice du docteur Orloff, l’énigmatique directeur d’un institut pour aveugles. De surcroit, un message en braille a été retrouvé sur l’un des noyés. Holt est secondé dans son enquête par Diana, fille de l’une des victimes. Mais, aidé par un monstrueux aveugle totalement asservi à ses noirs desseins, l’assassin va encore frapper.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le tueur aveugle - L’horrible dr Orloff
Par : Fred Pizzoferrato

A Londres, le détective Larry Holt se voit assigné par Scotland Yard une enquête concernant une série de récents accidents que la police soupçonne d’être des assassinats maquillés. Les investigations du détective le conduisent à un agent d’assurance nommé Orloff, toutes les victimes ayant souscrit, peu avant leur décès, une assurance dont le bénéficiaire est un certain professeur John Dearborn. Ce-dernier dirige un refuge destiné aux aveugles nécessiteux et parait au-dessus de tous soupçons mais Larry Holt mène cependant l’enquête, recevant le soutien de la jeune Diana Stuart dont le père vient de se noyer dans la Tamise.

Le tueur aveugle est une des nombreuses adaptations cinématographique de l’œuvre d’Edgar Wallace, un des écrivains anglais les plus populaires du XXème siècle. Décédé en 1932 alors qu’il travaillait sur un projet qui deviendra King Kong, Edgar Wallace connut les honneurs de plus de 200 adaptations de ses romans et nouvelles, tant pour le cinéma que la télévision. Il dirige également deux long-métrages, Red aces et The squekaer, respectivement en 1929 et 1930. Du début des années ’20 à la Seconde Guerre Mondiale, on compte plus de soixante versions de ses pièces et romans réalisées pour le cinéma. Le filon semble ensuite se tarir et il faut attendre le début des années 60 pour voir la télévision et le septième Art s’emparer, à nouveau, des œuvres de Wallace. Ce fut alors une véritable frénésie, donnant les fameux « krimis », thrillers allemands teintés de mystère et d’épouvante ensuite copiés par les anglais et les Italiens, lesquels recyclèrent plusieurs idées de Wallace(ou de son fils) pour des gialli comme Liz et Helen et Mais qu’avez-vous fait à Solange. Cet engouement dura une bonne décennie, durant laquelle près de 100 (!) adaptations de Wallacesortirent sur les grands écrans. Aujourd’hui un peu passé de mode et oublié, Wallacen’en reste pas moins une figure légendaire de la littérature policière. Les « krimis » étant difficile à voir dans nos contrées, l’arrivée de ce Tueur aveugle chez les défricheurs fous d’Artus demeure une belle façon de se frotter à l’univers du romancier, mélange de policier, d’aventures et d’horreur. De plus, Alain Petit, dans les bonus (comme toujours passionnants avec Artus), retrace la carrière de Wallacedurant trois quart d’heure très instructifs.

Réalisé par Walter Summers, prolifique metteur en scène de l’entre deux Guerres, Le tueur aveugle est un amusant thriller policier teinté d’épouvante (classé X à sa sortie et PG cinquante ans plus tard) mettant en vedette le grand Bela Lugosi. Celui-ci incarne un méchant sans pitié organisant un véritable réseau criminel avec l’aide d’aveugles utilisés comme assassins. Lugosin’hésite pas, non plus, à torturer les non-voyants, rendant par exemple l’un d’eux sourd via des chocs électriques afin de l’empêcher de renseigner les autorités. Son assistant, lui aussi aveugle et physiquement monstrueux, exécute les basses besognes du médecin fou et noie ses victimes dans les caves avant de les abandonner sur les bords de la Tamise. Cruel et machiavélique, Lugosiest impeccable dans son (double) rôle, son cabotinage coutumier étant pour une fois bien adapté à l’intrigue. En tout cas, l’acteur donne le tonus nécessaire à une intrigue sinon prévisible jusque dans ses rebondissements, voulus surprenants mais en réalité très attendus. Le twist final ne surprendra en effet personne mais quelques passages témoignent d’un joli sens du suspense, entre autre lorsque Lugosise trahit concernant sa prétendue cécité. Comme dans les « buddy movie » des années ’80, le policier anglais aux bonnes manières se voit contraint de faire équipe avec un collègue américain bavard, dragueur et pas vraiment distingué. Amusant mais pas vraiment original non plus.

Dommage que le scénario manque un peu de folie et reste coincé dans un réalisme ennuyeux en dépit de prémices prometteuses. Une arnaque à l’assurance reste forcément moins divertissante que des plans de conquête planétaire ou des armes de destructions massives si prisées par les médecins déments d’avant-guerre. Néanmoins, les péripéties saugrenues de ce Tueur aveugle possèdent un côté serial prononcé et restent distrayantes pour les nostalgiques. Dommage que les décors ne soient pas un peu plus originaux et délirants, le métrage étant coincé le cul entre deux chaises, hésitant entre le policier réaliste et l’horreur déjantée.

Malgré ses défauts, Le tueur aveugle reste une agréable petite production, sa durée réduite (75 minutes) et ses nombreux twists lui conférant un rythme solide et rarement ennuyeux.


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