Critique de film

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Tumbbad

"Tumbbad"
affiche du film

Une femme et ses deux enfants gardent une sorcière enfermée dans leur cave et doivent la nourrir chaque jour, si possible sans la réveiller. Celle-ci semble connaître l'emplacement d'un trésor qui fascine l'aîné...

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Trailer - Tumbbad (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Tumbbad - Dans le ventre de la bête
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2019

Qui donc aurait pu imaginer que l’une des pépites de cette édition du BIFFF émargerait de l’Inde ? Nation des éléphants, de Gandhi et du poulet Tandoori, le Sous-Continent montre, depuis quelques années, toute sa verve en matière de cinéma de genre comme l’illustrent Eega, Baahubali ou encore Ra.One. Or son dernier attentat en date relève du cinéma horrifique et porte le nom de Tumbbad. Ce village du Maharashtra devient le terreau pour un conte des plus effrayants : dans ce hameau rural sur lequel les dieux déversent leur colère sous forme d’incessantes trombes d’eau se trouve un lieu dans lequel peu osent s’aventurer. C’est que l’endroit est tenu par l’épouse du zamindar local maudite par une divinité nommée Hastar. Ce dernier, affreux rejeton divin, est un monstre d’égoïsme avide de nourriture et de pognon. Une sorte de démon insatiable qui se tapit dans l’ombre attendant qu’un audacieux pénètre dans le ventre de la déesse pour lui dérober son or, ce que rêve de faire le jeune Vinayak qui a grandi dans cette demeure maudite...

Dès les premières minutes, Tummbad se révèle comme une oeuvre morbide, saisissante, effrayante. En un tournemain, l’atmosphère délétère et pesante est installée : deux marmots se trouvent contraints d’aller nourrir une vieille carne décharnée et déformée tandis que leur mère offre quelques délices sensuels à un pépé pour lui soutirer de précieuses informations à propos de l’or d’Hastar supposé se trouver dans les lieux. Si l’entrée de l’œuvre offre déjà un morceau de flippe absolument délicieux, il est loin d’avoir livré tout son potentiel tant le métrage, à mesure que le héros s’engouffre de plus en plus profondément dans les entrailles de la créature, nous plonge, nous noie dans une horreur aussi pittoresque qu’étourdissante, à la manière de ce que proposent des péloches de Del Toro ou l’un des ses rejetons bâtards, Errementari.

Malgré l’une ou l’autre petite fausse note (les CGI sont parfois d’une qualité douteuse), Tumbbad se pose comme la pellicule horrifique indienne la plus aboutie depuis une bonne dizaine d’années. Rahi Anil Barve y injecte un bon baquet de folie arrosé d’un baril de foutraquerie, à l’image de son personnage principal halluciné et hallucinant qui porte l’essentiel du récit sur sa charismatique stature.

Mais la palme de l’oeuvre revient incontestablement au chef-op’ qui compose une photographie aussi inouïe dans les prises de vue extérieures de ces territoires indiens désolés et désolants que dans le ventre carmin de la bête. Des décors qui illustrent cette volonté de jouer sur les effets d’ombre et de lumière pour lutter contre le manichéisme primaire qui semble habiter ce conte visant justement à brouiller adroitement les pistes. Au jeu de la cupidité, les monstres ne sont pas forcément ceux que l’on croit.


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