Critique de film

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Tygra, la glace et le feu

"Fire and Ice"
affiche du film

Deux royaumes ennemis s'affrontent : le royaume du feu gouverné par le roi Jarol, et celui de la glace, sous la coupe du puissant et cruel Nekron et de sa mère Juliana. Afin d'étendre encore plus leur territoire, cette dernière fait kidnapper par une armée de sbires préhistoriques la fille de Jarol, la belle princesse Tygra, dans le but de la marier à son fils. Mais au cours de l'enlèvement, Tygra parvient à s'extirper des mains de ces hommes-singes. Durant sa fuite, son chemin croise celui du guerrier Larn, dont elle s'éprend. Ensemble, accompagnés du mystérieux homme masqué Darkwolf, ils mettront tout en œuvre afin que le bien triomphe des forces du mal.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Tygra, la glace et le feu - Gare au chaud et froid
Par : Fred Bau

Juliana, reine des glaces, fait enlever par ses "hommes-singes" Tygra, la fille du pacifique roi du feu Jarol. Elle projette de marier son fils Nekron à la captive, afin de régner sans partage sur toute la planète, qu’elle veut recouvrir de glace. Mais Tygra s’enfuit et rencontre le villageois Larn, dont elle tombe amoureuse. Dans sa lutte contre le mal, le couple est aidé par un mystérieux guerrier masqué, Darkwolf.

En 1983, soit cinq ans après l’échec relatif de son adaptation partielle du Seigneur des anneaux, Ralph Bakshi revient à l’heroic fantasy pour nous livrer un petit baroud d’honneur manichéen. Deux royaumes, celui de la Glace et celui du Feu, représentatifs du Mal et du Bien, s’affrontent dans un monde qui est un mélange de Préhistoire, de Moyen Age et de magie. Le réal libertaire s’est cette fois-ci entouré de pointures du genre, dont Roy Thomas au scénario, véritable loup blanc des comics américains, qui a collaboré avec Stan Lee en personne, et à qui l’on doit les premières adaptations en bande dessinée de Conan le Barbare. Mais la guest star est sans conteste le peintre, dessinateur et illustrateur de génie, Frank Frazetta, devenu célèbre en partie grâce à ses représentations du même Conan. Bakshi lui ayant présenté le projet comme un hommage à l’écran de son propre univers pictural, le dessinateur s’engagera jusque dans la production. Frazetta rencontrera fatalement les mêmes déboires que Richard Corben lors de l’adaptation de sa série culte Den pour Métal Hurlant (1981) : le film, limité par les techniques de l’animation de l’époque (celles de la colorisation en particulier), échoue à restituer la force et l’impact de son iconographie originale. Sa contribution apportera cependant une cohésion visuelle qui manquait cruellement au Seigneur des anneaux-première partie.

Ralph Bakshi semble quant à lui avoir su tirer quelques leçons de ses expériences passées. Exit donc la disparité psychédélique débridée et la solarisation. S’il continue à avoir recours à la rotoscopie, il renonce aux velléités épiques de l’usage extensif de cette technique. On appréciera ici, dans une moindre mesure, l’ingénieux tour de passe-passe des deux plus grosses scènes d’affrontements : celle qui ouvre le film, à grands coups de glaciers manipulés par le sorcier Nekron. Et celle qui le clôt, à grands coups de déversement de lave. Ou en somme : comment éluder le problème des combats épiques quand on s’est ratatiné la couenne auparavant avec une chétive bataille du Gouffre de Helm. Pour le reste, le film se réduit aux enchaînements des péripéties de personnages à la psychologie vacante, en proie à une nature hostile, aux cruels seigneurs des glaces et à leur armée "d’hommes-singes", jusqu’à un duel final prévisible et conventionnel. Péripéties chargées de connotations sexuelles, dont l’action, à la violence plutôt modérée, se déroule à tambours battants, et se suit sans déplaisir, tout en lorgnant au passage la lascivité aguichante et fort généreuse de l’héroïne.

On l’aura compris, Tygra, la glace et le feu pèche par un scénario de l’épaisseur d’un string. Les adeptes de comics et d’heroic fantasy pourront néanmoins apprécier l’apparition de quelques grandes figures du genre. Tygra est représentative de la guerrière plantureuse, sexy et fatale, récurrente dans l’iconographie de Frazetta. Proche cousin de son Death Dealer, Darkwolf présente les aspects d’un Conan monolithique ayant troqué le casque à cornes du Death Dealer, pour un masque en peau de loup tout droit repiqué de celui de chauve-souris de Batman. Nekron arbore plusieurs attributs d’un certain Elric de Melniboné. La sorcière Roliel et son fils, que Tygra rencontre dans les bois, évoquent le Grendel et sa Mère, du poème Beowulf si cher à Tolkien. Accessoirement, l’ambiance préhistorique, le personnage blond de Larn et ceux bruns des "hommes-singes" rappellent sensiblement l’univers de Rahan.

Tygra, la glace et le feu s’adresse principalement aux amateurs d’animation rétro, nostalgiques d’une époque où un vent libertaire soufflait sur l’Heroic Fantasy, et où Ralph Bakshi s’évertuait obstinément (suicidairement ?) à sortir l’animation adulte du diktat conservateur de Disney.

Commentaires sur le film

Les Rétro-Galeries de Mr Gutsy _ Frazetta

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http://lesretrogaleriesdemistergutsy.blogspot.fr/2012/05/frank-frazetta-peintures.html

23 octobre 2013 à 08:10 | Par Fred Bau

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