Critique de film

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Vierges pour le Bourreau

"Il boia scarlatto"
affiche du film

L'éditeur Daniel Parks a choisi un château en apparence abandonné pour réaliser les photos qui orneront les couvertures des livres d'horreur écrits par son ami Nick. Il ignore que les lieux furent jadis le théâtre de meurtres horribles perpétrés par un assassin sadique surnommé le bourreau sanguinaire et dont la dépouille repose dans les souterrains...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Vierges pour le bourreau - Nanar sadique de premier choix
Par : Fred Pizzoferrato

Soi-disant inspiré par les écrits du Marquis de Sade, Vierges pour le bourreau, aujourd’hui fort daté, demeure une sympathique série B d’exploitation qui s’inspire du Grand-Guignol dans sa représentation de tortures outrancières et délirantes.
L’intrigue, elle, se révèle simpliste et languissante durant sa première heure même reçoit un véritable coup de fouet durant son dernier tiers, complètement hystérique riche en scènes mémorables.

Rick, écrivain de roman photo horrifique, parcourt l’Italie avec son éditeur Max Parks, sa secrétaire Edith, le photographe Dermid et une demi-douzaine de jeunes hommes et demoiselles peu farouches prêts à poser de manière suggestive. Tout ce petit monde recherche un endroit suffisamment inquiétant pour servir de décor aux illustrations du prochain chef d’œuvre de l’écrivain, une nouvelle aventure de son super criminel « Le Squelette ». Leurs investigations les mènent vers un imposant castel médiéval qu’ils pensent inoccupé. Raul, un des mannequins masculins, leur ouvre la porte de la demeure en escaladant les murailles et tous se prépare à une séance photo. Cependant, loin d’être à l’abandon, le château est habité par un certain Travis, lequel leur demande promptement de quitter les lieux. Toutefois, reconnaissant dans une des jeunes filles un amour de jeunesse, Travis change d’avis et autorise ses invités à rester pour la nuit. Le photographe commence aussitôt à prendre divers clichés de la demeure, laquelle se révèle inquiétante à souhait. Selon la légende locale, le château fut jadis habité par un taré sadique, surnommé le Bourreau Ecarlate, exécuté au Moyen-âge et dont le corps momifié repose toujours dans la Vierge de Fer dans laquelle il périt jadis. Bien sûr, selon les rumeurs et superstitions, son esprit malfaisant hante toujours les lieux à la recherche de jeunes vierges à sacrifier.

Les invités de Travis ne prennent pas ces histoires très au sérieux mais, au cours de la soirée, un des modèles masculins, Perry, meurt accidentellement dans la chambre de tortures. En dépit du choc causé par sa mort et des protestations de l’équipe, Max souhaite continuer les séances de photographies. Criblé de dettes, l’éditeur doit, en effet, absolument terminer ce travail et, après avoir reçu une augmentation de salaire, les top modèles acceptent de reprendre le boulot. Hélas, Travis, complètement fou, a développé de fumeuses théories sur la perfection physique et la puissance avant d’embrasser totalement la personnalité du célèbre Bourreau Ecarlate. Masqué de cuir rouge et le torse huilé, le maniaque massacre chacun de ses invités en usant des instruments de sa chambre des tortures privées.

Interprété par un Mickey Hargitay cabotin et manifestement dans un état second, Vierges pour le bourreau constitue une aberration cinématographique à la fois risible et fascinante. Empruntant aux bandes dessinées italienne de type « fumetti », à l’épouvante gothique, au serial, à la littérature de gare et au giallo, le long-métrage de Massimo Pupillo possède surtout une poignée de séquences démentielles, à l’image de la mise à mort de Kinojo, interprétée par Moa Tahi. La belle demoiselle se voit, en effet, piégée dans une sorte d’immense toile confectionnée à l’aide de câbles reliés à des arcs menaçant de décocher des flèches mortelles tandis qu’une araignée mécanique aux pattes enduites de poison descend lentement vers sa proie. Un stratagème complètement fou qui anticipe sur les délires colorés de certaines productions hongkongaises des seventies comme le déjanté Web of death de Chu Yuan.

Directement héritée de l’Inquisition, les autres tortures sont moins imaginatives mais toujours originales et relativement graphiques pour un film datant du milieu des années ’60. Un chevalet étire le corps d’une jeune fille, du liquide glacé ou brulant est versé sur le dos des victimes, un supplicié est soumis au bûcher enfermé dans une cage d’acier, etc. Vierges pour le bourreau, quoique dépassé d’un point de vue graphique, reste impressionnant par son imagination morbide échevelée renvoyant directement aux couvertures tape à l’œil des pulps et autres bandes dessinées de gare.

Dans le rôle principal du « Bourreau écarlate », Mickey Hargitay (ex époux de Jayne Mansfield apparut dans quelques curiosités bis comme Black magic rites ou Au-delà du désir) livre une composition déjantée à souhait, empreinte d’un narcissisme éhonté et d’un homo érotisme évident. Le corps huilé, vêtu comme un catcheur mexicain, l’acteur se délecte, devant un miroir, de la vision de son corps « physique » et maudit la jalousie des hommes inférieurs ! Dans le dernier tiers du long-métrage, Hargitay, hystérique, se déchaîne et torture avec une délectation sadique réjouissante une demi-douzaine de nymphettes fort peu vêtues. Le reste du casting parait, fatalement, bien pâle par comparaison mais on y relève la présence des « bisseux » Femi Benussi (Une hache pour la lune de miel, Nue pour l’assassin) et Walter Brandi (SS Girls, Le massacre des vampires).

Les péripéties ont beau être prévisibles, le rythme déficient, la musique inappropriée (la soupe jazzy lounge pour ascenseur convient décidément très mal à l’horreur gothique) et la mise en scène piteuse, Vierges pour le bourreau garde, malgré tout, un fort potentiel de sympathie. Voulu sérieux et terrifiant, le long métrage ressemble surtout à un catalogue de clichés et sombre dans la parodie involontaire mais, pourtant, il est difficile de s’y ennuyer et les amateurs de curiosités kitsch passeront sans doute un bon moment devant ce spectacle joyeusement foutraque et délirant.

Aujourd’hui auréolé d’une petite réputation de « cult movie » tendance « psychotronique » cette aberration bis tranche résolument avec le bon goût et ses outrances stupides la rendent, au final, plaisante et amusante à suivre. A découvrir pour les amateurs de nanars gentiment sadiques et divertissants.


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