Critique de film

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Voyage au centre de la Terre

"Journey to the Center of the Earth"
affiche du film

Le professeur Oliver Lindenbrook, convaincu que l'explorateur Arne Saknussem, porté disparu, est parvenu au centre de la Terre, quitte Edimbourg avec ses camarades Alec McEwen, Jenny, Carla Goetaborg et Hans Belker. Ensemble, ils entreprennent un extraordinaire périple dans les profondeurs de la Terre. Ils sont poursuivis par le Comte Saknussen, héritier de l'explorateur disparu qui souhaite bénéficier des retombées de la découverte de son ancêtre.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Voyage au centre de la terre - Tea time au coeur du monde
Par : Fred Pizzoferrato

Les romans d’aventures de Jules Verne ont de tous temps fourni une belle matière première aux cinéastes, ravis de s’emparer de ses récits pleins d’imagination et de fantaisie. Si on compte un petit paquet de films estampillés Jules Verne dès les début du Septième Art, il faut toutefois attendre le milieu des années 50 pour connaître une véritable multiplication des adaptations, conséquence du succès de l’excellente version de 20 000 lieues sous les mers produite par Walt Disney. De la fin des années 50 au début des sixties, nous eûmes ainsi droit à Michel Strogoff, Cinq semaines en ballon, Le tour du monde en 80 jours, Le maître du monde, De la Terre à la Lune, L’île mystérieuse,…

Réalisé en 1959, Voyage au centre de la Terre appartient à ces productions prestigieuses dotées d’un casting solide, de metteurs en scènes chevronnés et de moyens suffisamment importants pour concrétiser à l’écran les idées les plus farfelues du romancier français.
Si l’idée de base, totalement fantaisiste, peut faire sourire, surtout à notre époque, le film d’Henri Levin choisit de l’adapter au premier degré, faisant fi des invraisemblances en ponctuant cette aventure extraordinaire d’un humour plus ou moins efficace. L’intrigue débute à Edimbourg, à la fin du XIXème siècle. Le professeur de géologie Oliver Lindenbrook reçoit les honneurs de la chevalerie et l’un de ses étudiants, Alexander McKuen, lui offre une roche de lave. Trouvant le minerai bien trop lourd et étrange, le professeur finit par l’ouvrir et y découvre un message laissé des années plus tôt par le grand explorateur Arne Saknussemn. Ce dernier, à présent disparu, affirme avoir découvert un chemin menant au centre de la Terre. Emballé, Lindenbrook monte une expédition, accompagné de McKuen (à présent fiancé à Jenny, la fille du savant) et se rend en Islande pour découvrir le passage conduisant au cœur du monde. Malheureusement, le professeur Goteborg de Stockholm lui a volé sa découverte avant d’être assassiné par le dernier descendant vivant des Saknussemn, lequel désire réclamer ses « droits » sur le monde souterrain. Accompagnés de la veuve de Goteborg, Carla, et du musclé Hans, Lindenbrook et McKuen s’enfoncent bravement vers le centre de la Terre…

Destiné à un public familial avide de fantaisie, Voyage au centre de la Terre s’éloigne radicalement de l’œuvre littéraire de Verne, publiée en 1864, beaucoup plus sombre et angoissante, pour proposer un spectacle extrêmement coloré mais versant, parfois, dans le ridicule plus ou moins assumé. La présence d’un canard nommé Gertrude permettra ainsi quelques séquences humoristiques, la plus inventive (bien que trop longue) dépeignant les tentatives de nos héros de communiquer par Morse avec une personne cachée derrière une cloison et qui n’est autre, en fait, que notre canard picorant des graines. Le reste du métrage distille ce même genre d’humour bon enfant et semble ne jamais se prendre véritablement au sérieux, évacuant tout sentiment de danger alors que nos héros se dirigent au tréfonds du monde souterrain. Difficile d’admettre les risques encourus par les membres de l’expédition lorsqu’on les voit danser la gigue autour de champignons géants ou descendre des puits sans fond en chantant, accompagné par l’accordéon du jeune premier Pat Boone. Celui-ci aime d’ailleurs tomber la chemise à intervalles réguliers pour exhiber son torse musclé, sans doute afin de contenter ses admiratrices féminines. Arlene Dahl, pour sa part, offre une composition assez conventionnelle mais néanmoins pleine de charmes et d’entrain, très pétillante et agréable. Arlene Dahl n’eut malheureusement pas la carrière qu’elle méritait et se retira des grands écrans dès 1959, alors qu’elle venait de franchir le cap de la trentaine, ne revenant au cinéma que de manière très épisodique. Notons d’ailleurs, pour l’anecdote, qu’Arlene Dahl est la maman de la « star » des films d’action de série B (et de la télévision) Lorenzo Lamas. James Mason (déjà le capitaine Némo de 20 000 lieues sous les mers) se montre de son côté excellent en gentilhomme anglais célibataire et misogyne flirtant avec le savant un peu fou-fou. Cette belle composition confère à Voyage au centre de la Terre une grande partie de son intérêt, tant Mason parvient à rendre intéressant ce personnage sinon assez classique.

Autre réussite : les décors tout à fait fantaisistes mais agréables à l’œil, composés de grottes phosphorescentes, de « marécages » de sel, de cavernes aux dimensions impossibles, de champignons géants, de pierres précieuses énormes, de fontaines souterraines et même d’un océan niché au cœur de la planète. Un véritable univers dont la découverte provoquera l’enchantement des spectateurs ayant su garder leur âme d’enfant. La crédibilité de Voyage au centre de la Terre n’est, par contre, surement pas sa qualité première et il parait difficile de croire, pour prendre un simple exemple, que cette expédition puisse s’enfoncer au cœur de la Terre sans tomber à cours de vivres, le voyage durant quand même près d’une année !
Pour augmenter la portée fantaisiste du métrage, nos héros rencontrent les ruines de l’Atlantide et, surtout, une horde de reptiles géants agressifs et carnivores. Ceux-ci sont de simples lézards rendus gigantesques par d’ingénieux trucages optiques, un procédé généralement assez disgracieux mais ici, pour une fois, plutôt convaincant. La scène finale, moins réussie techniquement, repousse encore un peu plus les limites de la crédibilité et doit s’apprécier avec une bonne dose de « suspension d’incrédulité » mais, une fois admise son impossibilité, elle reste très divertissante et spectaculaire.

Voyage au centre de la Terre n’est pas exempt de défauts (la première partie, multipliant les coups fourrés et autres rivalités scientifiques, semble ainsi bien longuette et manque cruellement d’action) mais, une fois l’expédition engagée vers le cœur de notre planète, le métrage se révèle divertissant et amusant à suivre. A condition d’accepter le point de départ abracadabrant et certaines péripéties fort peu crédible, le film d’Henry Levin reste un spectacle distrayant et sans prétention tout à fait acceptable un demi-siècle après sa réalisation.

Commentaires sur le film

5 etoiles

24 avril 2010 à 19:04

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