Critique de film

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The Werewolf Next Door

"Never Cry Werewolf"
affiche du film

Loren, seize ans, flashe sur son nouveau voisin. Bien que troublée par ce dernier, elle le trouve étrange et malsain. Une impression qui ne fait que sâ

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The werewolf next door - Loup-garou ? vous avez dit loup-garou ?
Par : Fred Pizzoferrato

Petite production téléfilmée d’une honnête moyenne The werewolf next door apparaît surtout comme un plagiat éhonté du très réussi Vampire, vous avez dit vampire ? signé par Tom Holland en 1985. Brenton Spencer, réalisateur de The werewolf next door a probablement pensé que les adolescents d’aujourd’hui n’ont jamais vu le métrage de Tom Holland et qu’il pouvait par conséquent en proposer un décalque tenant quasiment du remake officieux. La plupart des scènes clés et des personnages sont donc repompés directement du « classique » de Tom Holland, cette version actualisée se contentant de remplacer les vampires par des lycanthropes.

L’intrigue débute dans une petite ville américaine où vit Loren, une jeune fille de 16 ans en pleine crise hormonale, et son jeune frère. L’arrivée d’un séduisant étranger, Jared, va bouleverser son existence bien rangée. Loren, d’abord attirée par Jared, soupçonne en effet ce dernier de dissimuler un lourd secret lié à une vague de crimes mystérieux survenus dans la région. Après que la télévision ait relaté la disparition d’une prostituée, Loren espionne Jared et perce finalement le mystère : c’est un loup-garou. Avec l’aide d’un de ses camarades, fou amoureux d’elle, Loren décide de supprimer le monstre. Les deux jeunes gens partent recruter Redd Tucker, un animateur d’émission de télévision se prétendant le plus grand chasseur du monde…La traque du lycanthrope peut commencer et Tucker, en réalité un acteur minable, devra se surpasser pour se montrer à la hauteur de sa légende usurpée.

Sans prétention, The werewolf next door parait malheureusement très inégal et peine à s’éloigner de ses pesantes références. L’interprétation, tout d’abord, oscille entre le correct et le désastreux. Kevin Sorbo (la série « Hercule ») compose un personnage truculent d’acteur de télévision trouillard jouant un chasseur intrépide revenu de tout. Quoique complètement décalquée de la prestation similaire de Roddy McDowall dans Vampire, vous avez dit vampire ?, Sorbo s’en sort honnêtement même si on devine rapidement que le couard deviendra au final un héros. Peter Stebbings, pour sa part, incarne le loup-garou et en rajoute pas mal dans le registre du « beau ténébreux » rendant toutes les demoiselles folles de désir. N’empêche qu’il parvient lui aussi à donner le change, ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut, des jeunes interprètes, généralement médiocres et à côté de la plaque, à commencer par le prétendant de l’héroïne, souvent calamiteux. Bien évidemment, le réalisateur ne se prive pas de plaquer sur l’intrigue le cliché de la réincarnation d’une ancienne maitresse décédée, Loren étant le portrait craché de Melissa, le grand amour de notre loup-garou. Production télévisuelle oblige The werewolf next door n’insistera de toutes façons pas beaucoup sur cet aspect, le frileux cinéaste se refusant au moindre érotisme. Frustrant.

Pour les effets spéciaux, même constat, le métrage alternant les maquillages pas trop mal et confectionnés à l’ancienne (le lycanthrope possède un minimum d’allure à condition de ne pas se montrer allergique à un figurant engoncé dans un costume de nounours en peluche) et le complètement raté. Le grimage honteux du petit ami à moitié loup-garou évoque par exemple un déguisement acheté pas cher dans une superette un soir d’Halloween. Les images de synthèse, elles, sont plutôt foireuses mais heureusement utilisées avec parcimonie, le réalisateur privilégiant (par goût ou pour raisons économiques) les trucages old school. Le gore, comme souvent dans les téléfilms, reste timoré et sans imagination, The werewolf next door se contentant le plus souvent de plans très brefs et d’éclaboussures écarlates pour suggérer la brutalité des attaques. A ce sujet, l’assaut du monstre dans une armurerie se révèle simplement pathétique tant Brenton Spencer échouer à générer la moindre tension et ne parvient à proposer qu’une action poussive et léthargique. Les suites données à cet événement sont, en outre, aberrants : alors qu’une dizaine de témoins ont observé l’attaque du magasin par un chien démon les autorités affirment qu’il s’agissait d’un simple couguar et l’affaire en reste là. Loren, pour sa part, semble complètement inaffectée par la mort de sa meilleure amie et, sur base d’indices bien minces, conclut que le coupable est un lycanthrope. Le scénariste biaise d’ailleurs (comme une bête !) avec la mythologie communément admise et y ajoute un folklore de pacotille justifiant les nouveaux pouvoirs du monstre. Comme par hasard ceux-ci sont fort proches de ceux d’un vampire, y compris les sens surdéveloppés, l’hypnose et la création de « disciples » par simple morsure. Le loup-garou possède également la possibilité de se transformer à volonté sans recourir à la pleine lune ce qui s’avère bien pratique. Pour rester dans les clichés attendus, la fragile adolescente se mue, dans la dernière demi-heure, en un ersatz de Buffy et part à la chasse aux suppôts de Satan armée d’une arbalète et de carreaux en argent.

Bref, rien de nouveau sous le soleil (ou la lune !) et la mise en scène sans inspiration, voire défaillante, n’arrange pas les choses même si le cinéaste tente maladroitement de créer une atmosphère en noyant chaque séquence de brume artificielle. Un effet éculé et facile dans l’esprit des productions Corman d’antan, le talent en moins.
En dépit de tous ces défauts, The werewolf next door se laisse cependant regarder d’un œil distrait, le film distillant un parfum eighties prononcé (et pour cause !) capable de rappeler certains souvenirs émus aux cinéphiles trentenaires. L’humour, pour sa part, se montre bien présent mais pas toujours volontaire, ce qui n’empêchera pas les nostalgiques d’apprécier ce divertissement hâtivement emballé mais acceptable à condition de se montrer indulgent.

Bref, dans la masse des séries B et Z mi humoristiques mi horrifiques destinées au marché des vidéoclubs et des télévisons câblées, The werewolf next door n’apporte rien de plus qu’une petite heure et demi de distraction sitôt vue et sitôt oubliée mais, dans le genre, on a vu bien pire !


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