Critique de film

Hostel 2

"Hostel: Part II"
affiche du film

Alors qu'elles sont en vacances en Europe, Beth, Lorna et Whitney, trois jeunes Américaines, rencontrent une superbe femme. Celle-ci se propose de leur faire découvrir pour un week-end un établissement de cure où elles pourront se reposer et s'amuser. Attirées par cette offre, les trois jeunes femmes la suivent et tombent dans son piège. Livrées à de riches clients associant l'horreur au plaisir, les trois jeunes femmes vont vivre un cauchemar absolu...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hostel 2 - Ca va faire mal...
Par : Damien

Déjà réalisateur du premier épisode, Eli Roth est de nouveau aux commandes de ce deuxième opus, toujours produit par Quentin Tarantino. C’est un exercice périlleux auquel joue Roth puisque nombre de réalisateurs se refusent à donner des séquelles aux films qu’ils viennent de réaliser. D’autant que Roth nous a promis monts et merveilles pour ce deuxième volet...

Et des merveilles, il n’y en eut point. Essayant de légitimer sa séquelle, Roth remet maladroitement au jour le survivant du premier film. Oui mais, le problème, c’est que cette transition n’apporte rien au contenu du film et cette scène aurait pu être coupée au montage tant elle brille par son inutilité...

On aurait espéré de la part du réalisateur du génial et gore à souhait Cabin fever qu’il prenne davantage de risques. Mais fort d’une trame qui a bien fonctionné lors du premier opus, Roth reprend exactement le même fil rouge. Trois touristes américaines (oui, ici, il s’agit de femmes) se rendent en pays étranger (à l’Est comme dans la préquelle) où elles se retrouvent prises au piège par une organisation secrète qui s’amuse à kidnapper des jeunes gens et à les proposer ensuite à des milliardaires qui dépensent des fortunes pour les torturer. Comme dans Hostel, les touristes disparaissent une à une. Seule une des trois parvient à ne pas être attrapée et, témoin du rapt, va se jeter seule dans la gueule du loup. Jusque là, rien de bien nouveau...

Sauf que Roth est assez intelligent que pour nous proposer d’autres éléments à se mettre sous la dent. Au lieu de ne s’intéresser qu’au point de vue des victimes, le réalisateur se penche également du côté des bourreaux, ces richissimes adeptes de la torture. Astucieusement, Roth nous montre l’organisation de ce réseau, notamment par le biais d’une découpe de l’image lors des enchères pour acheter les filles. Mais il va plus loin que cela puisqu’il va nous dépeindre la personnalité de deux clients jusqu’à nous les rendre humains. L’un s’amuse à jouer avec une disqueuse près du visage de sa victime pour lui faire peur et est complètement affolé lorsqu’il la touche à cause d’une maladresse. L’autre, plus introverti, hésite longuement à torturer, arguant que ce n’est pas son genre.

L’auteur a aussi évité le piège énorme tendu que d’autres ne parviennent pas à déjouer. Alors que le gore était bel et bien présent dans le premier épisode, Roth n’a pas voulu en faire absolument plus. Rappelons-nous que Darren Lynn Bousman s’était fourvoyé de la sorte avec sa suite de Saw et avait répondu par facilité à l’attente des millions de jeunes que le sang fait bander. Ici, tout en restant fidèle à sa première oeuvre, Roth préfère y aller en progression. Au lieu d’étaler une horreur omniprésente, il impose une évolution qui rend l’horreur plus insupportable encore. Les scènes gores sont très peu nombreuses et il faut réellement attendre la fin du film (attention, messieurs, on souffre pendant quelques minutes) pour avoir droit à une première giclade d’hémoglobine.

On sent derrière l’oeuvre de Roth la patte de son maître. Pour preuve, certaines scènes sont emplies d’un humour "tarantinien" que les fans de Pulp Fiction apprécieront... Pensons notamment à la partie de foot très fun de la scène finale.

On peut d’ores et déjà affirmer que ce film ne passera pas à la postérité mais, pour une nouveauté, c’est plutôt sympa... Si vous avez aimé le premier film, allez voir le second. M’enfin, si vous le ratez, c’est pas trop grave non plus...


Critique d’Hostel 2 - Au tour des filles !
Par : Winslow Leach

L’histoire d’Hostel 2 enchaîne directement là où le premier nous avait laissé. Il s’agit donc d’une vraie suite où l’on retrouve Paxton, le seul survivant du précédent carnage, juste après sa sanglante vengeance. Mais ce dernier va vite dégager pour laisser place à de nouvelles victimes toutes fraîches et…féminines. Miam miam !

Durant leurs vacances, Beth, Lorna et Whitney rencontrent une ravissante jeune femme qui va leur proposer de découvrir un établissement de cures thermales en Europe de l’Est où elles pourront se détendre et batifoler gaiement. Attirées par l’offre, les jeunes femmes tombent dans le piège et se retrouvent livrées à de riches clients avides de sang et de sensations pour le moins extrêmes.

Inutile de se faire trop d’illusions, Hostel 2 fonctionne sur le même schéma que son prédécesseur. En gros, on nous sert la même histoire, avec cette fois des jeunes filles à la place des mecs en rut. Le fait que le film poursuive directement là où l’autre finissait n’est d’ailleurs qu’un prétexte à nous montrer une scène gore en début de métrage. Après cette introduction, on a droit, comme dans le premier, à une longue exposition des personnages avec leur arrivée dans l’établissement, ensuite on enchaîne avec l’enlèvement et les tortures et on finit par la délivrance ultime. Le même plat, je vous dis. Cependant, j’ai sensiblement préféré celui-ci. Pourquoi ? Parce que : 1. Eli Roth a la bonne idée de nous présenter davantage les richissimes tortionnaires de son film, nous montrant ainsi leur point de vue et le fonctionnement de leur organisation. 2. Les scènes gores ne sont pas beaucoup plus nombreuses mais s’avèrent bien plus réussies et généreuses (dont une très chouette digne de la terrible Elizabeth Bathory). 3. Edwige Fenech, célèbre actrice qui a joué dans des friponneries italiennes datant des années 70 mais aussi dans de nombreux gialli et films d’épouvante (Nue pour l’assassin, L’île de l’épouvante) tient un petit rôle. 4. Ruggero Deodato, réalisateur culte de Cannibal Holocaust, y campe un…cannibale ! 5. Mine de rien, le film est une petite critique sur le capitalisme. Et voilà, c’est tout ! Mes raisons sont peut-être maigres mais il m’en faut quelquefois peu pour être heureux, qu’est-ce que vous voulez !

Eli Roth nous sert la même panade avec un Hostel 2 tout aussi provocateur que son prédécesseur. Malgré l’une ou l’autre scène où il se prend un peu trop au sérieux (l’exécution du gosse passe très mal par rapport au ton parfois granguignolesque d’autres scènes), ça s’avère malgré tout assez drôle et plaisant. A chacun ses vices.


Oeuvres liées :

Hostel (2005)

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