Critique de film

Woods (The)

"The Woods"
affiche du film

Heather, adolescente négligée par ses parents, est inscrite dans un pensionnat prestigieux. Malgré une tendance à la pyromanie, elle se voit acceptée dans cet établissement inquiétant sis au fond des bois. Mais elle va rapidement découvrir que tout n'est pas aussi sain qu'il n'y paraît dans ce pensionnat, témoin ancien d'un véritable drame...

Les critiques à propos de ce film

The woods - Promenons-nous dans les bois...
Par : Damien
Tags : Sorcellerie

Le film a vécu quelques déboires avant de pouvoir sortir en salle : changement de propriétaire du studio de production, film amputé de certaines scènes, ... Malgré toutes ces mésaventures, McKee (réalisateur de May ou Liaison bestiale) parvient à nous offrir un film réussi sur un thème largement exploité déjà. Car, McKee ne s’en cache pas, l’emprunt aux autres films se situant en contexte boisé est omniprésent.

On ne peut pas ne pas songer à Evil Dead (qui voyait comme protagoniste Bruce Campbell qui joue ici le rôle du père d’Heather) ou au Projet Blair Witch qui avaient tous deux réussi à nous rendre les bois effrayants et incontestablement infréquentables. Plus qu’un clin d’oeil, McKee puise même son inspiration dans les films cultes existants et se sert de l’oeuvre d’Argento comme référence. On retrouve certains éléments des films Suspiria ou encore Phenomena : la jeune adolescente placée en pensionnat, les longs couloirs tapissés de fleurs, les chuchotements, ...

Bien plus qu’un hommage aux oeuvres cultes du cinéma fantastique dont l’action se situe dans des cadres champêtres maléfiques, McKee fait de son The Woods un vibrant hommage aux contes de fées qui ont baigné notre jeunesse et ont éduqué bon nombre d’enfants depuis des siècles. L’héroïne, en la personne d’Heather, est une jeune femme innocente hantée par cet établissement aux règles dictatoriales, Heather est rejetée par une mère (la marâtre des contes) qui ne veut plus d’elle et est ignorée par un père trop effacé. La méchante de l’histoire est représentée en la personne de Ms. Traverse (Patricia Clarkson), directrice sans aucune sympathie et à l’air altier dérangeant.

Comme dans May et Liaison bestiale, McKee a choisi comme personnage principal une jeune adolescente, mal dans sa peau, ne se sentant pas à l’aise dans un endroit où lui est imposée une série de règles préétablies. L’auteur affectionne particulièrement cette figure adolescente qui permet notamment un éloignement total du monde sensé : lorsque l’adolescent veut alerter les adultes des problèmes qu’il rencontre, il ne reçoit aucune aide. Profondément féminin, le film ne comporte que très peu d’éléments mâles (si ce n’est le père d’Heather malgré tout très effacé et un policier qu’on voit débarquer une fois toutes les lunes). Toutes les figures caricaturales de la femme sont dressées : la directrice à l’autoritarisme primaire, la mère rejetant son enfant, la pimbêche de service qui cherche constamment des noises à Heather, des enseignantes extrêmement étranges et, de l’autre côté, ... Heather.

Car bien plus qu’un éloignement géographique (le pensionnat est isolé de tout et séparé du monde extérieur par les dangereux bois), il y a un isolement au sein même du monde dans lequel elle évolue. Heather ne se reconnaît dans personne et veut fuir de cet endroit cauchemardesque.

La photographie adoptée par le réalisateur est splendide (on la doit à John R. Leonetti qui a déjà travaillé sur Le roi Scorpion et Chucky 3) et on ne saurait qu’admirer cette pureté totale de l’image. Jouissant de décors subliminaux, le cadre est inquiétant et tout est mis en oeuvre pour nous donner envie de se tenir à l’écart de ces lieux maudits. A force de maîtrise visuelle et sonore, le réalisateur parvient à rendre le cadre effrayant, tant par son puritanisme profond que par la véritable nature du secret qui y réside. Que dire alors sur les effets spéciaux qui viennent à eux seuls rehausser la qualité du film...

Fort de tous ces avantages, le film a de quoi séduire. On tempérera cependant notre engouement en avouant qu’à certains moments, le film cherche à faire peur mais l’effet escompté arrive assez rarement. Mis à part ce défaut qu’on pourrait imputer à bien d’autres oeuvres, le film est parfait et mérite toutes nos félicitations.

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