Les vacances d'été sont enfin arrivées et, comme chaque année, Trish et Darry, deux étudiants, frère et soeur, prennent la route pour rendre visite à leurs parents. Sur le chemin, un routier agressif emboutit l'arrière de leur voiture sans raison apparente. Quelques kilomètres plus loin, Trish et Darry revoient le même camion, à côté d'une église abandonnée. Ils aperçoivent le conducteur, entièrement vêtu de loques, qui jette un corps dans une canalisation. Malgré les protestations de Trish, Darry veut en avoir le coeur net. Dès que la voie est libre, il va voir et s'engage dans le conduit. Il va y faire une découverte terrifiante.
Victor Salva n’est pas un petit jeunot du cinéma fantastique. On lui doit notamment l’éminente réussite Powder, drame fantastique mettant en scène un jeune homme photosensible aux pouvoirs surnaturels. Tout comme pour Powder, Jeepers Creepers, le chant du diable a eu la chance de rentrer en compétition pour le prestigieux festival de Gérardmer où il n’a raflé aucun prix.
Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir des arguments convaincants. Certes, le film est doté d’un budget minime et ne devait pas remuer ciel et terre. Nous nous situons en plein dans l’ambiance des films de série B qui ne drainent pas tant les foules que d’autres super grosses machines souvent mal huilées. Mais, arrêtez-moi si je me trompe, Zombie, le célèbre film de Romero, ce n’est pas une série B aussi ? Il en est donc qui se faufilent entre les mailles du filet et parviennent à imposer leurs qualités.
Jeepers Creepers est de ceux-là. Basé d’un scénario écrit par Salva deux ans auparavant à partir de faits réels nettement remaniés, le métrage n’est pas l’un de ces cabinets putrides où l’on déverse son trop-plein d’effets spéciaux. Ici, tout est mesuré, magnifiquement échelonné pour nous mener dans une spirale de l’horreur intense. Pourtant, le pari n’était pas évident. Surtout que le réalisateur nous impose une scène extrêmement longue où il ne se passe pas grand’chose. Mais c’est aussi cela le génie du réalisateur qui ne nous plonge pas tout de suite dans un univers morbide… On apprend à comprendre les personnages, on les apprécie et on se laisse bercer dans cette atmosphère bon enfant. Et, se jouant de nous, Salva arrive à nous effrayer en mettant les jeunes héros
en confrontation avec ce monstre venu de nulle part.
Ce qui fait le charme de Jeepers Creepers c’est aussi son caractère complet. Car son énigme n’est pas possible à résumer en deux lignes. Ceci prouve la complexité toute relative du métrage et l’intelligence d’un réalisateur qui n’a pas eu besoin de broder pour arriver à nous livrer un métrage d’une heure et demi.
Content de ce premier succès, Salva s’est même offert le luxe de signer un deuxième opus. En espérant qu’il arrive à la cheville du premier…
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