Critique de film

A Louer

"Para entrar a vivir "
affiche du film

Mario et Carla, jeune couple, cherchent un appartement à louer. Mario a obtenu un rendez-vous pour la visite d'un appartement dont le loyer est extrêmement attractif. En rencontrant l'agent immobilier, le couple ne se doute pas qu'il est sur le point de vivre un cauchemar intense...

Les critiques à propos de ce film

Critique de A louer - Vous hésiterez à louer désormais...
Par : Damien
Tags : Survival

Ce mini-film (1h07) fait partie d’une série de métrages tournés pour la télévision espagnole regroupés sous le label Peliculas para no dormir (Images pour ne pas dormir). Cette mini-série s’inscrit dans la lignée de la série instaurée par Mick Garris aux USA (les fameux Masters of horror) et renoue avec l’anthologie qui fit la gloire de la péninsule ibérique dans les années 70 : Historias para no dormir. Les 6 réalisateurs qui sont au travail pour la confection de cette série sont tous réputés dans le domaine. Qu’il s’agisse d’Alex de la Iglesia (Le Jour de la bête), d’Enrique Urbizu (Box 507), de Mateo Gil (Jeux de rôles) ou encore de Jaume Balaguero pour le film qui nous intéresse ici.

Balaguero est au sommet de son art. Révélé en 1999 par son splendide Los sin nombre (La secte sans nom), il a depuis réalisé d’autres chefs-d’oeuvre comme Darkness ou encore Fragile. Si l’ouverture du film est profondément empreinte du style de l’auteur, la suite a de quoi surprendre. On est en mesure de s’attendre à un énième film fantastique de la part du maître du genre. Mais il n’en est rien. Balaguero pousse son style plus avant et nous livre un thriller horrifique dont le réalisme a de quoi nous effrayer.

Fidèle à sa tradition des ambiances froides voire morbides, il nous balance au visage tout ce que la schizophrénie a de plus rebutant. Une oeuvre grandiose, peut-être même la meilleure de l’artiste. Le summum de l’angoisse...


Critique de A louer - Jeune couple recherche appartement calme...
Par : Gore Sliclez

Clara et Mario, un jeune couple, décident d’aller visiter un appartement en banlieue qui s’avère se situer dans un quartier abandonné, obscur. Emmenés par la concierge du bâtiment, ils se retrouvent bien vite piégés par celle-ci…

Réalisé pour la série Peliculas para no dormir, sorte de Masters of Horror espagnol (dont le générique y fait allusion clairement), A louer est le quatrième film de Jaume Balaguero. Obligé de respecter un format short contraignant (68 mn), Balaguero risquait donc un pari audacieux pour un réalisateur aimant prendre le temps d’installer son histoire et ses personnages. Et pourtant, une fois encore, l’Espagnol parvient en quelques scènes et une poignée de dialogues à rendre sympathiques ces deux tourtereaux en quête d’un nid d’amour définitif. Et une fois encore on retrouve les habitudes scénaristiques du génial réalisateur…

A commencer par ce bâtiment obscur, isolé dans un quartier victime d’un exode urbain, et qui se retrouve pour le coup baigné par une pluie qui semble annonciatrice de malheur. C’est que la concierge, sous les traits inquiétants et fluets de Nuria Gonzalez impeccable dans son rôle de folle à lier, intrigue avant de glacer le sang par sa démence. Instaurant une atmosphère devenue labellisée, Balaguero, une nouvelle fois, nous entraîne dans le dédale de couloirs obscurs, interminables où déambulent des personnages étranges comme virtuels, fantasmagoriques dans une sorte de purgatoire art deco. La mise en scène terriblement efficace regorge de plans judicieusement chorégraphiés et recourt à un montage narratif étrange utilisant ellipses et flash-back.

Pour la première fois dans l’œuvre de Balaguero, ça gicle, ça mutile et le sang coule à flots, entachant ces murs et ces carrelages délavés, vestiges d’une autre époque. Les victimes naviguent en plein cauchemar, cobayes de la folie imaginative et destructrice d’une femme pourtant fluette mais effroyablement efficace soutenue par un fils plus fou encore et des chiens tueurs dévalant les escaliers à toute allure, les crocs acérés. Une œuvre à l’univers onirique, filmée caméra à l’épaule comme pour accentuer la tension mais aussi la nervosité qui s’en dégage. Le casting, une nouvelle fois, est de qualité et repose sur les épaules de deux femmes (Nuria Gonzalez et Macarena Gomez) engagées dans un duel jusqu’au-boutiste et s’affrontant ici dans un ascenseur, là dans une salle de bain ou encore dans une cuisine le tout dans une tension insoutenable.

A louer, malgré son format donc, est une des œuvres phare d’appellation contrôlée de la carrière de Balaguero et déjà annonciatrice dans sa forme du buzz tant attendu REC. Et pour ceux qui en douteraient encore, Jaume Balaguero est décidément un des maîtres du film d’épouvante des années 2000.

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